Dixit
8 février 2012
« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »
par Camille Gévaudan
« Faut-il avoir peur des Anonymous ? » se demande cette semaine Stratégies, pas anxiogène pour un sou, dans une grande enquête de deux pages sur « ces bidouilleurs-bloqueurs qui font du contre-Internet comme on faisait de la contre-culture ». Le sujet n’est manifestement pas facile à traiter. L’identité de ces anonymes est indéfinissable, leur nombre fluctuant (mais Stratégies croit savoir que le « noyau dur » français compte 30 à 40 internautes) et leurs méthodes bien difficiles à comprendre pour qui n’est pas calé en informatique.
Prenons les attaques par déni de service, par exemple. Elles consistent, comme l’explique Stratégies, à « saturer un site sous le poids des requêtes ». C’est techniquement exact, mais peut-être trop obscur pour le lectorat du magazine. Intervient alors Nicolas Diaz, chargé des nouvelles technologies à la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), qui éclaire notre lanterne avec la plus belle métaphore jamais lue dans l’histoire de l’informatique :
« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »
Ben quoi ? Serveur web, serveur de café... Il y a une logique indéniable. Par contre, quand Stratégies affirme qu’« il suffit d’un simple compte Facebook » pour contribuer à une attaque DDoS, on a quelques doutes.
Dixit
2 février 2012
« La musique, le cinéma sont aux acteurs d’Internet ce que le tabouret est au piano : ils s’assoient dessus. »
par Camille Gévaudan
Le Monde d’aujourd’hui (daté vendredi 3 février) consacre sa page Débats à la vaste question de la création à l’ère numérique. Trois intervenants pour trois points de vue : Olivier Poivre d’Arvor (directeur de France Culture) imagine un Grenelle de la création pour construire l’après-Hadopi, Philippe Aigrain (Quadrature du Net) souhaite que finisse la guerre politique contre le partage non-marchand entre internautes...
Quant à Patrick Zelnick, PDG de la maison de disques Naïve, il reste fidèle aux conclusions du rapport qui porte son nom et préconise une taxation des géants du Net, pour « organiser un transfert de richesses vers les industries de contenu et l’ensemble des ayants droit ». Car selon Zelnik, Apple, Google et ces autres « géants du Net » s’engraissent sur le dos de l’industrie culturelle. Pire, ils s’assoient dessus ! Comme un piano sur un tabouret. Si, si. Un piano qui s’assoit sur un tabouret, tout à fait :
« La musique, le cinéma, les séries télévisées sont aux acteurs d’Internet ce que le tabouret est au piano : ils s’assoient dessus. »
Pas sûr que l’argument ait convaincu beaucoup de lecteurs...
Dixit
9 décembre 2011
« J’ai toujours été familier d’Internet, depuis avant l’arrivée d’Internet »
par Camille Gévaudan
Il y a des politiques qui passent leurs journées sur Twitter pour faire jeune et branché, et d’autres qui n’ont plus rien à prouver.

C’est le cas de François Bayrou, qui a répondu à une « twitterview » dans la foulée de sa déclaration de candidature à la présidentielle. Relax, il déclare au micro de BFM TV : « C’est un exercice que j’aime, parce que je le pratique depuis longtemps ». Longtemps comment ? Depuis la création de Twitter en 2006 ? Depuis les débuts d’Internet en France ? Non, mieux encore :
« J’ai toujours été familier d’Internet... Depuis le premier jour, depuis avant l’arrivée d’Internet ! »
Il faut avouer que ça force le respect. Même nous, surconnectés que nous sommes à Ecrans.fr, on ne peut pas en dire autant.
La phrase a été relevée — et moquée, bien entendu — par le Petit Journal, à 4 minutes 30 secondes de la vidéo ci-dessous :
Dixit
2 décembre 2011
« La télé connectée peut être un accélérateur de piratage »
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
Frédéric Mitterrand a les miquettes. Une vraie trouille que les méchants pirates, oui, ceux d’Internet que combat vaillamment Hadopi, ne viennent envahir la télé. Comment ? Via la terrible télé connectée, soit Internet dans le poste !
Le ministre de la Culture et de la Communication a estimé, hier, qu’elle pouvait être « un accélérateur de piratage ». Remonté comme un coucou, Mitterrand a également dénoncé la concurrence internationale d’acteurs du Web comme Apple, Amazon, Netflix ou Google.
Justement, un rapport sur la télé connectée, sorti mercredi, préconise de mettre à plat les règles de diffusion des films, aujourd’hui régie par la « chronologie des médias ». Les diffuseurs devraient pouvoir exploiter les œuvres sur l’ensemble des supports, y compris Internet, indique le rapport, qui prévoit aussi que les acteurs d’Internet devraient participer au financement des œuvres audiovisuelles.
Paru dans Libération du 1 décembre 2011
Dixit
29 novembre 2011
« Esthétiquement, et phonétiquement, le terme liseuse ne rend grâce à rien »
par Camille Gévaudan
« Tout le monde a bien vu, ou possédé un :
Lecteur K7
Lecteur CD
Lecteur DVD
Lecteur MP3
voire un lecteur de carte SIM, ou un lecteur de carte SD… »
Alors pourquoi dit-on « liseuse » et non « lecteur ebook » pour désigner un appareil capable de lire des livres numériques, comme le Kindle ? Bonne question. À vrai dire, on ne se l’était jamais posée avant que Nicolas Gary, fondateur du site Actualitté, jette un pavé dans la mare avec son billet intitulé « Liseuse, la catastrophe lexicale ». Sa comparaison avec les autres appareils électroniques de ce début de siècle nous laisse profondément perplexe.
Nicolas Gary note aussi qu’en Allemagne, en Italie et en Espagne, on a gardé le terme très générique de « lecteur d’ebooks » pour traduire l’anglais e-book reader. « Mais pour cet appareil, en France, il fallait un terme différent, plus poétique, comme si c’était un manque de respect pour la lecture — qui n’en sort pas vraiment ni grandie, ni plus attractive... D’ailleurs, esthétiquement, et phonétiquement, le terme liseuse ne rend grâce à rien... »
D’autant plus que la page « liseuse » du dictionnaire était déjà bien remplie avant que débarquent les Kindle et consorts :
Sur Ecrans.fr, en tout cas, l’histoire du petit châle « que les femmes portaient pour lire au lit » nous a définitivement refroidis. On dira désormais « lecteur d’ebooks ».
Dixit
18 novembre 2011
« Dailymotion arrête le streaming pour passer à l’envoi de DVD »
par Camille Gévaudan
« Le streaming c’est du vol d’un côté, et de l’argent de l’autre », a lâché Nicolas Sarkozy ce matin, à Avignon. Sans préciser qu’il parlait du streaming illégal uniquement, et que la technologie n’était pas condamnable en soi. Alors Martin Rogard, directeur France d’un des plus grands sites de streaming mondial, s’est vexé :
« Suite aux propos du PR ce matin, je confirme que Dailymotion arrête le streaming pour passer à l’envoi de DVD. »
Rha, zut ! C’est malin ! C’est fou ce que ça peut avoir comme conséquences désatreuses, une malheureuse approximation dans la bouche d’un président.
Dixit
3 novembre 2011
« Vélos, motos, cabriolets, hydravion, dirigeable, caddie, planche de surf, jet ski »
par Camille Gévaudan
Hier à 17h, des millions de gamers, branchés sur rockstargames.com, ont cliqué sur « Play » de leur petite main tremblante. Le trailer tant attendu était en ligne. Les yeux étincelants et la bave aux lèvres, ils ont pu savourer 1 minute et 25 secondes de soleil californien, de palmiers et de collines arides, de quartiers urbains et de paysages viticoles.
Les rumeurs sont donc confirmées (non, pas celles qui voyaient la Bretagne dans un bout de papier déchiré) : Grand Theft Auto V se déroulera dans l’État de San Andreas, entre la ville de Los Santos, clone virtuel de Los Angeles, et la campagne environnante.
Cliquer pour lancer la vidéo
Immédiatement, les fans de la série se sont repassé la bande-annonce au ralenti pour étudier chaque détail dans chaque plan et essayer d’en tirer des conclusions sur le scénario et le gameplay du futur jeu. Sur GTAforums.com, le « Topic officiel d’analyse du trailer » fait déjà 45 pages. On tente d’y dresser le portrait psychologique du personnage principal, on imagine la possibilité de personnaliser les armes en apercevant un silencieux vissé sur un AK47, et surtout, surtout, on liste les véhicules « confirmés » en priant pour que chaque objet roulant, glissant ou planant soit pilotable dans le jeu :
« Vélos, motos, voitures de sport, voitures de police, berlines, pickups, cabriolets, camionnettes, semi-remorques, avion de ligne, hydravion, avion pulvérisateur, avion militaire, dirigeable, hélicoptère de police, caddie, planche de surf, jet ski. »
Pas mal, le dirigeable... Quand est-ce qu’il sort, ce jeu ?
Dixit
27 octobre 2011
« Je dépenserai jusqu’au dernier cent des 40 milliards de dollars d’Apple pour couler Android »
par Christophe Alix
« J’irai jusqu’à mon dernier souffle et je dépenserai jusqu’au dernier cent des 40 milliards de dollars d’Apple pour le couler. Je le détruirai, car c’est un produit qu’ils ont volé à Apple. Je suis prêt à déclencher la guerre nucléaire. »
Feu Steve Jobs à propos de l’Android de Google, dans sa seule biographie « autorisée », écrite par Walter Isaacson, sortie lundi aux États-Unis.
Dixit
7 octobre 2011
« Je ne suis pas heureux qu’il soit mort, mais je suis heureux qu’il soit parti »
par Erwan Cario
On le sait très bien, Richard Stallman, fondateur du mouvement du logiciel libre et de la licence GPL, n’est pas vraiment adepte de la langue de bois (lire l’interview). Il dit et écrit ce qu’il pense, au risque, parfois, de choquer.
Hier, sur la partie de son site consacrée à ses notes politiques où il s’adonne au micro-blogging (libre, bien entendu), il a donc réagit au décès de Steve Jobs. On se doutait bien qu’il n’avait que peu d’estime pour Apple et la vision fermée de la technologie.
« Steve Jobs, le pionnier de l’ordinateur-prison devenu cool, conçu pour priver les idiots de leur liberté, est mort.
Comme le disait le maire de Chicago Harold Washington à propos de son prédécesseur corrompu Daly, “Je ne suis pas heureux qu’il soit mort, mais je suis heureux qu’il soit parti”. Personne ne mérite de mourir — ni Jobs, ni M. Bill, ni même des personnes coupables de pires maux qu’eux. Mais nous méritons tous d’en finir avec l’influence maligne de Jobs sur l’informatique personnelle.
Malheureusement, cette influence continue malgré son absence. Nous pouvons juste espérer que ses successeurs, qui vont essayer d’honorer son héritage, soient moins efficaces. »
Dixit
4 octobre 2011
« Il faut dépénaliser le téléchargement, mais le légaliser, non ! »
par Camille Gévaudan
Photo Sébastien Calvet
François Hollande, candidat à la primaire socialiste, était hier l’invité de Libération. Il a évoqué en conférence de rédaction sa candidature, la crise, les affaires... et Hadopi.
« Pour la loi Hadopi, il faut remettre l’ouvrage sur le métier et arrêter d’opposer les utilisateurs et les créateurs. » Son discours est donc moins radical qu’en juin, quand il disait, sur son blog, vouloir « mettre un terme au plus vite au conflit entre créateurs et internautes en abrogeant le dispositif Hadopi ».
« Il faut dépénaliser le téléchargement, a-t-il continué hier, mais le légaliser, non ! On ne peut pas s’en tenir à des solutions faciles, comme le fait de payer deux euros par mois pour une licence globale. »
La solution de la licence globale est pourtant inscrite noir sur blanc dans le programme numérique du PS, chapeauté par le député Christian Paul et rendu public le 22 juin. Elle propose « l’acceptation des échanges de biens culturels hors marché, à des fins non lucratives », contre une contribution symbolique des internautes — Martine Aubry évoquait le chiffre d’un euro mensuel.
Mais François Hollande reste favorable à une taxation des abonnés français, sur le modèle de la « contribution compensatoire » revendiquée par la Sacem pour soulager la crise du disque :
« Sur le plan de la musique, les choses évoluent, parce que les techniques évoluent. On peut aujourd’hui disposer des œuvres pour un prix faible. Mais la question reste posée pour le cinéma. Il faut trouver un système pour faire payer ceux qui vivent du téléchargement. On ne va pas laisser Google nous mettre sous sa coupe et placer ses bénéfices en Irlande comme il le fait. Rien n’est jamais vraiment gratuit, il y a toujours des gens qui gagnent et ceux-là, on les connaît. »
Dixit
17 août 2011
« La vente en ligne va détourner le vrai lecteur de son libraire, et donc de la littérature »
par Geoffroy Husson
Invité mercredi matin à parler de la rentrée littéraire sur Europe 1, Jean-Marc Roberts, directeur éditorial des éditions Stock, nous a ramené aux heures les plus sombres de Pascal Nègre.
Interrogé sur l’intérêt de la rentrée littéraire par le journaliste Benjamin Petrover, alors qu’il n’existe rien de tel dans la musique, le cinéma ou l’art, Jean-Marc Roberts attaque d’entrée l’informatique : « Je crois qu’il y avait une rentrée du disque, une rentrée du cinéma, on a oublié que ça existait. Je pense que le piratage, ces petites machines que l’on voit partout maintenant, que l’on appelle ordinateurs, ont réussi à détruire ces moments très importants. J’espère que ça n’arrivera pas pour le livre ». Il remet le couvert en fin d’interview, tentant d’identifier les raisons qui font que seuls les auteurs populaires arrivent encore à vendre : « Marc Levy, 235 000 (ventes de son dernier livre), c’est deux fois ou trois fois moins que ce qu’il vendait il y a un an ou deux. Le temps de cerveau disponible est beaucoup moins important et, malheureusement, que ce soit pour les radios, pour les éditeurs, pour les libraires, je pense qu’il y a tout un temps consacré à aller sur un blog, choper une info, un scoop, une rumeur. Les gens passent deux ou trois heures de leur vie quotidienne à faire ça et pendant ce temps là, ils ne lisent pas. Par contre les acheteurs de cette grosse cavalerie populaire vont en librairie. D’habitude se vendaient ces livres là et puis les autres. Les autres se sont moins vendus ».
Enfin, au sujet de lieux de vente, directeur éditorial des éditions Stock s’en prend, encore une fois, à Internet : « Il y a 30 ans, Jérôme Lindon s’est battu pour le prix unique, aujourd’hui je pense qu’il faut se battre pour le lieu unique. le lieu unique c’est la librairie, c’est pas la vente en ligne. La vente en ligne, moi je crois que c’est ça qui, peu à peu, va détourner le vrai lecteur de son libraire et donc de la littérature. »
Conclusion cinglante de Jean Birnbaum, rédacteur en chef du Monde du livre, également invité en studio : « Je suis convaincu qu’il y a plein de gens à la tête des institutions culturelles ou des médias qui projettent sur le public, l’audience, le lectorat, les gens, leurs propres déceptions ou leur propre fatigue vis à vis de la culture ».
Dixit
« Inutile de préciser que cela a été une aussi grande réussite que le Minidisc »
par Virginie Malbos
La conférence Black Hat réunissant experts en sécurité et hackers à Las Vegas, a donné lieu la semaine dernière à la remise des « Pwnie Awards 2011 ». Ces prix aux trophées en forme de Petit Poney, pour la symbolique autant que pour la consonance, récompensent chaque année des personnes ou des entreprises qui ont été totalement « owned », menés dans les règles par le bout du nez au point de se retrouver totalement dominés.
Mais le cru 2011 a livré un enseignement inédit : dans le monde des Petits Poneys comme dans celui des Bisounours, il est possible que tout le monde gagne à la fin. C’est ce qui est arrivé cette année dans la catégorie « Most Epic Fail ». Pour ce meilleur raté lamentable, les cinq lauréats ont eu le droit à leur récompense. Mais un seul trophée a été nécessaire : Sony était l’unique concurrent. Si le gagnant ne faisait donc aucun doute, le jury n’a pas su choisir parmi ses multiples faits d’armes. Voici les cinq raisons qui justifient ce quintuple Petit Poney.
« Après la publication par Fail0verflow et GeoHot du mode d’emploi pour jailbreaker la PS3, Sony s’est senti un peu vexé. Méconnaissant visiblement la façon dont fonctionne Internet et combien il est difficile d’enlever de la pisse d’une piscine, Sony a essayé d’effacer ces informations et de poursuivre GeoHot jusqu’en enfer. Inutile de préciser que cela a été une aussi grande réussite que le Minidisc. »
« En parlant de pisse dans une piscine, c’est ainsi que Sony semble avoir bien protégé les comptes des utilisateurs de Sony Online Entertainment (SOE) et qu’environ 25 à 77.000.000 de données utilisateurs ont pu être volés par des pirates informatiques inconnus. Cette métaphore n’a a peu près aucun sens, mais vous gagnez le point : FAIL. »
« Sony est définitivement bon à une chose : conserver l’attente autour des hits à venir et divertir les fans. Oh, attendez, nous avons dit Sony ? Il s’agissait de LulzSec. Je suppose que cela compte comme un autre échec pour Sony. »
« Après avoir appris douloureusement que leurs PlayStation Network était à peu près aussi poreux que l’air, Sony a dû le fermer pendant plus de deux mois pour le reconstruire à partir de zéro. Ce faisant, ils ont appris à tout le monde, de votre cousin de huit ans à votre coiffeur, l’importance de la sécurité. Hourra pour nous, désolé actionnaires de Sony. »
« Vous remarquez une sorte de modèle type ? Mais attendez, il y a encore mieux. Sony aurait pu mieux repousser la multitude d’attaques s’ils ne s’étaient pas récemment séparé d’un nombre significatif de leur équipe de sécurité réseau. Joli timing les gars. »
Face à cette unanimité, un autre prix est à noter. Celui de la meilleure chanson, attribuée à GeoHot, qui remerciera sans doute au passage Sony pour son aide, véritable muse pour l’écriture des paroles.
Dixit
2 août 2011
« Nous ne voulons pas qu’en achetant du pain, ils tombent sur des jeux violents »
par Virginie Malbos
Dans la rubrique « il vaut mieux en rire qu’en pleurer », la dernière sortie de la principale chaîne de magasins norvègienne Coop Norge requiert toute notre attention. « Par respect » pour les proches des 77 victimes d’Anders Behring Breivik, l’auteur d’une double attaque meurtrière le 22 juillet en Norvège, l’entreprise a décidé de ne plus vendre les jeux vidéo cités dans le manifeste de ce dernier. Ainsi, dès le 24 juillet, Coop a donné pour consigne à tous ses magasins de « retirer immédiatement de la vente » une cinquantaine de produits, parmi lesquels World of Warcraft et Call of Duty. L’histoire ne dit pas si les DVD de 300, de Caprica ou les biographies de Churchill ont également été retirés des rayons.
« Il s’agit d’épargner des gens qui, d’une manière ou d’une autre, ont été touchés par les actes terroristes. Nous ne voulons pas qu’en allant acheter du pain et du lait, ils tombent nez-à-nez avec des jeux violents dans nos magasins », a précisé Geir Inge Stokke, directeur pour les produits non-alimentaires au sein de Coop Norge. Il ajoute : « Il n’est pas dans l’intention de Coop de stigmatiser qui que ce soit avec cette décision ». Pour le quoi que ce soit, en revanche, il faudra repasser.
Dixit
29 juillet 2011
« Je pense qu’il faut en finir avec l’anonymat sur Internet »
par Geoffroy Husson
Décidément, l’heure n’est plus à l’anonymat sur les réseaux sociaux. Après la polémique au sujet des pseudonymes sur Google+, c’est maintenant sur Facebook que la question est posée.
Le débat a été lancé par Randi Zuckerberg, soeur de Mark et directrice marketing de Facebook. Lors d’une conférence sur les médias organisée par l’édition américaine du magazine Marie Claire, elle s’est prononcé très clairement contre les pseudonymes sur Facebook : « Je pense qu’il faut en finir avec l’anonymat sur Internet », ajoutant « les gens se comportent bien mieux quand leur véritable nom est affiché. Je pense qu’ils se cachent derrière l’anonymat et ont l’impression de pouvoir dire ce qu’ils veulent face à une porte close ». L’argument de Randi Zuckerberg semble donc être celui des trolls, du harcèlement et autres incivilités présentes sur Facebook, là où Google+ parlait de chemises et de restaurants chics. Moins graveleux, déjà plus classe.
Dixit
27 juillet 2011
« Si la Force existe, elle est avec moi depuis 5 ans »
par Geoffroy Husson
En 1977, Andrew Ainsworth concevait le design des casques de Stormtrooper pour le premier volet de la saga Star Wars.
L’homme vend aujourd’hui des répliques de ces fameux casques sur internet. C’est pour ce motif qu’il était en procès avec Lucasfilm depuis maintenant plus de cinq ans. Les parties s’opposaient sur la nature juridique des répliques du casque de Stormtrooper. D’après la firme de George Lucas, il s’agissait de sculptures : elles étaient donc des œuvres d’art et étaient encore protégées par le droit d’auteur. Néanmoins, la Cour Suprême britannique a considéré qu’il s’agissait d’objets fonctionnels n’étant pas une œuvre d’art en eux-mêmes et qu’ils n’étaient donc soumis au droit d’auteur que pour quinze années à partir de leur date de conception : « c’est le film Star Wars qui était l’œuvre d’art que M. Lucas et ses sociétés ont créée. Le casque était utilitaire dans le sens où il était un élément dans le processus de production du film ».
Toutefois, afin de respecter le droit américain, différent du droit britannique, la Cour a tout de même interdit à Andrew Ainsworth de vendre ses répliques sur le territoire des États-Unis.
Dixit
20 juin 2011
« En France, la création n’a pas besoin de censeurs, mais de recruteurs »
Pas content, Jacques Attali, devant la douteuse campagne de pub d’Hadopi, qui n’aura décidément plu à personne si ce n’est à ces instigateurs (ah, au passage, un bout du podcast d’Ecrans.fr s’est retrouvé sur LCI, où l’on apprend de la bouche de la Présidente de la Hadopi qu’on manque d’humour...). Mais revenons à Attali, qui a publié sur son blog un démontage en règle de la Haute Autorité.
Rien de vraiment neuf dans son argumentaire, mais l’on peut effectivement noter son courroux de voir une future romancière dans les gamins-sandwich de la publicité Hadopi.
Pour lui, « il est en effet assez piquant de voir Hadopi parler de menaces qui pèseraient sur la littérature, alors que cette autorité n’a aucune compétence sur le sujet ; et il est scandaleux de la voir, par un amalgame trompeur, inventer une menace imaginaire pour faire croire que le libre accès à Internet interdira de publier des romans ». Et de poursuivre sur l’incohérence des missions de la Haute Autorité, et la nécessité de développer les infrastructures culturelles pour permettre l’apprentissage de la musique en France, avant de conclure : « en France, la création n’a pas besoin de censeurs, mais de recruteurs ».
Dixit
14 juin 2011
« Nous avons des changements à faire sur le roulement des vidéos Emma Leprince »
par Camille Gévaudan
Oups ! Il semblerait que le chaleureux (blague) accueil réservé par les internautes à la campagne Hadopi ait eu quelques conséquences inattendues. Selon de croustillantes informations de Numerama, l’agence de communication H, responsable des fameux spots « Adoptez le label pur », a pris conscience de la polémique entourant l’une de ses vidéos.
Physiquement provocante, bredouillant un tube anglophone d’une piètre qualité musicale, la chanteuse fictive Emma Leprince a effectivement beaucoup fait parler d’elle. Le Parti pirate a dénoncé « une image sexiste et superficielle des adolescents », des internautes farceurs ont créé un faux site officiel, une fausse page Facebook et un faux compte Twitter raillant le personnage, sans parler de ce détournement de pub circulant sur YouTube et intitulé « Emma_Dopi.Amateur.Hardcore.Public.LULZRIP.torrent »... Bref, tout le monde s’en est donné à coeur joie et l’image gentiment « décalée » que voulait transmettre l’agence H en a pris un sacré coup.
Machine arrière toute ! Pour éviter de jeter de l’huile sur le feu, H a donc demandé aux sites Internet qui diffusent le spot Emma Leprince de réduire la fréquence de ses apparitions. Il ne sera plus diffusé « qu’une fois sur cinq, au lieu d’une fois sur trois », explique Numerama, qui s’est procuré une copie du mail envoyé par H :
« Bonjour à tous,
Nous avons des changements à faire sur le plan de roulement des pavés vidéos.
Merci de ne plus les passer en alternance à 50/50 ces 3 pavés vidéo mais à :
40 % pour Rock Secret (Kelian Gomez),
40 % pour Tue-moi à gage (Nathan Molina)
et seulement à20 % pour Je préfère ton clone (Emma Leprince). A passer toujours en alternance.
Bien sincèrement,
H »
Avec toute la modestie qu’il convient de garder, on ne peut pas s’empêcher d’espérer de penser qu’on y est pour quelque chose (à 8 min 25) :
Dixit
9 juin 2011
« J’annulerai Hadopi et Loppsi dès la première semaine »
par Camille Gévaudan
Hors UMP, tous les candidats à la présidentielle 2012 sont à peu près d’accord sur un point : en cas d’alternance politique, il faudra faire machine arrière en matière d’Internet et trouver une meilleure idée qu’Hadopi pour traiter la question du piratage. Alors que le député PS Christian Paul a toujours défendu le projet de licence globale avec passion, François Hollande s’est un peu emmêlé les pinceaux la semaine dernière.
Aujourd’hui, c’est au tour d’Eva Joly, candidate verte, de se ranger dans le camp des abolitionnistes au cours d’un tchat vidéo organisé par Rue89. Ca manque un poil d’arguments et de propositions, mais ça a le mérite d’être clair :
— Est-ce que vous vous engagez à annuler toutes les lois liberticides prises par ce gouvernement contre les internautes, et notamment l’Hadopi et la Loppsi ?
— Oui. Ca je le promets solennellement. Je le ferais, si j’étais présidente de la République, dès la première semaine.
Et histoire de finir le tour de table, Guillaume Champeau de Numerama vient d’apostropher François Bayrou sur Twitter pour lui poser la même question : « que souhaitez-vous faire de l’Hadopi et pour la rémunération de la création en 2012 ? » Réponse de l’intéressé : « Je travaille sur une idée de licence globale. »
Dixit
17 mai 2011
« Dans son opposition de principe à Wikipédia, le professeur se couvre d’indignité pour avoir trahi sa mission. »
par Camille Gévaudan
Sans tomber dans la paranoïa de certains établissements américains qui vont jusqu’à bloquer Wikipédia sur les ordinateurs de leur bibliothèque, le corps enseignant français reste indéniablement mal à l’aise vis-à-vis de l’encyclopédie collaborative. Mais plutôt que de chercher à transmettre cette méfiance aux élèves, que personne n’arrivera à convaincre de boycotter le site, ne vaudrait-il pas mieux leur apprendre à l’utiliser de manière constructive, voire à y contribuer eux-mêmes ?
Le wikipédien Gentil Hibou a apporté hier sa pierre au débat, toujours d’actualité, sur les relations tumultueuses entre l’école et l’encyclopédie. Sur le blog Chroniques wikipédiennes (malheureusement « provisoire », car créé « à l’occasion de son dixième anniversaire »), il condamne durement l’attitude des wiki-sceptiques :
« Le professeur qui, constatant la présence d’une erreur sur un article, non seulement ne cherche pas à la corriger mais estime être conforté dans son opposition de principe à Wikipédia, y trouve une raison de plus pour la vilipender et la moquer auprès de ses élèves, alors ce professeur, loin d’avoir fait œuvre utile, se couvre d’indignité pour avoir trahi sa mission. »
Sur le même sujet :
Ceux qui disent non... à Wikipédia
Dixit
11 mai 2011
« Toutes les images uploadées sur Twitpic appartiennent à leurs propriétaires respectifs »
par Camille Gévaudan
« Toutes les images uploadées sur Twitpic appartiennent à leurs propriétaires respectifs. » Ça peut paraître idiot, mais il fallait le dire en toutes lettres une bonne fois pour toutes.
Cette clause légale a fait son apparition hier dans les conditions d’utilisation de Twitpic, service d’hébergement d’images massivement utilisé par les utilisateurs de smartphones pour faire circuler des photos sur Twitter. Lesquelles photos sont souvent réutilisées par d’autres internautes, sur des blogs ou même des articles de presse, pour illustrer des événements récents.
Mais « nous avons constaté que la republication des photos se faisait souvent sans permission et hors du cadre légal », explique Noah Everett, fondateur de Twitpic. Il prend un exemple récent : « le mois dernier encore, un utilisateur de Twitpic a mis en ligne de bonnes images d’un accident d’avion. De nombreuses sociétés à but commercial ont repris sa photo sans lui en demander l’autorisation. »
La petite phrase nouvellement arrivée dans les CGU devrait aider les photographes à faire valoir leurs droits dans des cas d’abus similaires.
Parmi les principaux concurrents de Twitpic, Yfrog a déjà inclus une telle clause dans ses CGU. Lockerz, anciennement Plixi, semble s’arroger quant à lui tous les droits d’auteur des contenus qu’il héberge.
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Q - Compressing the Heart
« Vous vous réveillez dans un monde différent, après qu’une créature étrange a volé votre cœur. »

