mercredi 17 juin 2009 18:56
25 ans après, les amplis de Spinal Tap crachent encore
Héros d’un faux documentaire culte, les Spinal Tap font leur come-back.
tags : documentaire , musique , rock , comédie
DR
Bonne nouvelle pour les amateurs de rock fort : Spinal Tap vient de sortir un nouvel album, Back from the Dead, le premier dans sa discographie « réelle » depuis 1992. Pourquoi préciser « réelle » ? Car il y a aussi une discographie fictive, le groupe étant avant tout une formation totalement bidonnée, créée pour les besoins d’un long-métrage devenu culte. Si culte que, succès oblige, le faux groupe s’est vu contraint de sortir de vrais albums. Vous suivez ? Il y a 25 ans, sortait dans les salles un OVNI un peu fou, très chevelu et complètement rock : Spinal Tap, premier long-métrage de Rob Reiner (Princess Bride, Misery), présenté comme « un rockumentaire réalisé par Martin Di Bergi ». En réalité faux-documentaire (ou « documenteur », comme Punishment Park, Forgotten Silver), Spinal Tap suivait le groupe de rock anglais éponyme (et qu’on peut traduire par « ponction lombaire », chic) en tournée aux Etats-Unis. Tournée assez calamiteuse marquée par des épisodes honteux et parfois inspirés de faits réels plus ou moins gais —la mort par étouffement au vomi, sujet sensible pour les fans de Bon Scott (AC/DC) ou de Jimi Hendrix. Dans les rôles principaux, Michael McKean, Harry Shearer et Christopher Guest incarnent les rockeurs pas futés et machos David, Derek et Nigel. Devenu inconique, le trio fait incontestablement partie de la pop culture US (apparitions dans les Simpson, reprises de leurs « tubes » en masse, y compris par des groupes indé comme Of Montreal). Adulés en France par les Nuls, Spinal Tap reste connu pour des scènes absurdes : la chanson Stonehenge et sa scénographie ridicule, le groupe perdu dans les coulisses, et la fameuse réplique de l’ampli à 11, ici en VF pour nos lecteurs non-anglophones (la VO, par là) : Spinal Tap, le film, a engendré un tel culte que Spinal Tap, le groupe, s’est régulièrement produit en concert, notamment pour des causes humanitaires, et a engendré plusieurs albums. Leur dernier opus, le bien nommé Back from the Dead, vient de sortir pour célébrer les 25 ans du groupe (disponible en écoute gratuite sur Spotify). L’album regroupe quelques chansons cultes de la BO du film (Gimme somme money, Tonight I’m gonna rock you Tonight) réenregistrées, et quelques inédits. Invités chez Conan O’brien sur NBC cette semaine, le « groupe » a sorti le grand jeu niveau packaging pour convaincre son public : Disponible en DVD chez Studio Canal, Spinal Tap, le film, a plutôt bien vieilli, en tout cas mieux qu’un de ses modèles, The Rutles (aussi appelé All You Need is Cash), où Eric Idle des Monty Python parodiait les Beatles façon docu de la BBC, avec des guests de premier choix (Mick Jagger, George Harrison, Bill Murray). Dans l’hexagone, la dernière tentative notable (et réussie) dans le genre demeure le trippant Que reste-t-il de Chris Conty, documenteur diffusé sur Canal + en 2006. Le faux chanteur pop belge, imaginé par Jean-Jacques Nyssen continue d’apparaître dans des soirées hommages par-ci, par là, entretenant un mythe créé de toute pièce. Un peu comme la Star Ac en fait, le cynisme en moins, l’humour en plus.
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