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mercredi 17 mars 2010 17:03

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25 ans de « point com »

par Camille Gévaudan

tags : nom de domaine , Icann

landhere

Quelques jalons symboliques marquent l’histoire d’Internet et les esprits nostalgiques. Ainsi la première communication du réseau Arpanet, le 29 octobre 1969 entre l’Université Stanford et l’Université de Californie à Los Angeles. Ou le 12 novembre 1990, jour où un certain Tim Berners-Lee propose le concept de « WorldWideWeb », « comme une toile composée de nœuds dans laquelle l’utilisateur pourrait naviguer à sa guise. » Les noms de domaine et leurs extensions existaient alors déjà depuis plusieurs années : des sites en .gov pour les gouvernements, .org pour les organisations à but non lucratif, .mil pour la défense américaine, .edu pour l’éducation, .net pour les infrastructures du réseau... et « .com », qui devint le plus répandu des six. La première adresse enregistrée sous cette extension, le 15 mars 1985, était Symbolics.com. Joyeux anniversaire !

Dans son acception générale, l’abréviation « com » proviendrait du terme anglais commercial, ce qui la destinait spécifiquement aux entreprises réalisant des profits et utilisant leur avant-gardiste site Internet à des fins promotionnelles. Mais dans l’histoire du .com retracée par le site événementiel 25yearsof.com, Verisign avance une autre hypothèse, soutenue par le « pionnier d’Internet » Jack Haverty qui travaillait au MIT en ce temps-là : « Je crois qu’à l’origine, .com venait de “company”. L’Internet n’était pas prévu pour interconnecter des commerces ; il s’agissait d’un prototype de réseau commandé et contrôlé par l’armée, et construit par des institutions éducatives, gouvernementales, et des entrepreneurs ». La contraction de corporation, « .cor », fut d’ailleurs envisagée dans un premier temps.

Aux côtés du constructeur d’ordinateurs Symbolics (plus ou moins disparu aujourd’hui), seules six sociétés ont enregistré leur adresse en .com au cours de l’année 1985. On ne peut pas dire que le succès ait été fulgurant : 1986 a connu l’arrivée de 43 nouveaux locataires de nom de domaine, dont de nombreux spécialistes informatiques (Xerox, HP, Sun, IBM, Intel, AT&T, AMD...), et une autre cinquantaine de sites a ouvert en 1987. Il a fallu attendre 1997 pour que le cap du million soit enfin franchi, avant que le succès des .com n’explose littéralement durant la bulle Internet (d’ailleurs nommée dot-com bubble en anglais) à la veille des années 2000. D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 20 millions de noms de domaine sont nés entre 1997 et 2000, puis 57 millions sur la dernière décennie, entre 2000 et 2010.

Depuis 25 ans, le paysage des domaines de premier niveau (les « extensions » de noms de domaine) s’est bien élargi. Aux six pionniers se sont ajoutées des abréviations spécifiques comme .info, .biz, .travel ou .mobi (pour un affichage sur téléphone portable), mais surtout une floppée de domaines nationaux à deux lettres dont certains ont été détournés de leur cible purement géographique : le .tv des îles Tuvalu est par exemple très prisé des webTV, tandis que le .nu de l’île de Niue joue de sa ressemblance avec l’anglais new et le mot « maintenant » dans certains pays nord-européens.

« Et le .xxx, hein dites, c’est pour quand le .xxx, hein ? » Un peu relou sur les bords, l’infatigable registrar (on dit bureau d’enregistrement, maintenant) canadien ICM Registry continue son lobbying pour l’ouverture d’une extension réservée aux sites pornographiques. En 2004 d’abord, puis en 2005 et en 2007, leur proposition a essuyé un refus de l’Icann, qui gère les noms de domaine sur Internet. ICM est revenu à la charge la semaine dernière pour demander à l’Icann un nouveau vote lors de sa réunion à Nairobi (Keyna). Celui-ci a été repoussé à la prochaine réunion, qui aura lieu fin juin à Bruxelles. L’ICM, qui se rendra en Belgique, prévoit de soigner son dossier en l’augmentant d’un guide des bonnes pratiques pour protéger les internautes mineurs. Le bureau d’enregistrement propose aussi de financer une Fondation internationale pour la responsabilité en ligne et d’obliger les futurs sites .xxx à labelliser leur contenu.

Sur le même sujet :

- .xxx : pas d’extension des domaines du porno


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