mardi 23 septembre 2008 16:44
3G : bientôt un quatrième opérateur mobile ?
La quatrième 3G pour la téléphonie mobile sera-t-elle enfin bientôt attribuée en France ? L’autorité de régulation des télécoms, l’Arcep, a rendu hier au gouvernement les résultats d’une consultation publique sur « les conditions les plus appropriées pour l’attribution des fréquences disponibles pour la téléphonie mobile de troisième génération dans la bande des 2.100 MHz ». Autrement dit, l’attribution de la quatrième licence 3G, les trois autres étant déjà chez les trois principaux opérateurs mobiles (Orange, Bouygues et SFR). L’Arcep, qui a consulté 23 entreprises et associations (dont l’UFC-Que Choisir, Altitude Telecom, Bolloré Telecom, Bouygues, Iliad, Kertel, Numéricable, Orange, SFR, Télé2 Mobile, Nokia, Ericsson...) devait étudier deux options : l’attribution des fréquences disponibles à un nouvel entrant, ou le découpage de ces fréquences en de multiples lots qui seraient ouverts à tous les opérateurs. Selon l’analyse des résultats par l’Arcep (en PDF), il y a un « grand intérêt pour les fréquences disponibles ». L’autorité de régulation recommande par ailleurs de « stimuler la concurrence au bénéfice des consommateurs ». L’Arcep souligne surtout que la deuxième option —le découpage des fréquences disponibles— a été unanimement rejetée par les acteurs consultés. Selon l’autorité de régulation, un nouvel appel à candidature le plus tôt possible pour un quatrième opérateur mobile est donc « nécessaire ». Ces conclusions devraient ravir Iliad, la maison-mère du fournisseur d’accès à Internet Free, qui fait le forcing depuis maintenant deux ans pour obtenir la quatrième licence 3G, en promettant aux consommateurs de mirifiques baisses de factures téléphoniques. Les opérateurs déjà en place mettent cependant des bâtons dans les roues d’Iliad : dans la consultation, ils « souhaitent que les conditions financières soient similaires, sinon identiques, à celles des précédents appels à candidatures ». Ce qui ne devrait pas faire les affaires d’Iliad, qui a essayé plusieurs fois de négocier le montant de la licence 3G. Du côté du gouvernement, Christine Lagarde, Luc Chatel et Eric Besson ont émis un communiqué de presse commun qui pourrait également calmer les ardeurs d’Iliad. « L’opportunité de l’arrivée d’un éventuel nouvel entrant sur le marché de la téléphonie mobile, écrivent les ministres, doit être examinée en parallèle des gains complémentaires qui pourraient, sans attendre, résulter du renforcement des opérateurs virtuels existants car la faiblesse de ces opérateurs se fait en effet également au détriment des consommateurs et de la baisse des prix. » Autrement dit : pourquoi ajouter une nouvelle entreprise à la boucle quand d’autres ont déjà du mal à émerger ? Souhaitant « parvenir à la meilleure utilisation possible des fréquences disponibles », les ministres « soumettront leurs orientations à un débat au Parlement qui sera organisé prochainement ».
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