vendredi 14 décembre 2012 10:50
A Grenoble, ça sent le sapin pour le JT
par François Carrel
« Après Clermont-Ferrand l’an dernier, c’est la deuxième édition locale du pôle Sud-Est de France 3 qui disparaît. De près, on ne se comprend plus… » La disparition du journal grenoblois quotidien de France 3 Alpes, prévue le 7 janvier, provoque la colère de la rédaction locale et de son public. Cette édition de six minutes, créée il y a treize ans, est diffusée chaque soir en Isère, Savoie et Haute-Savoie, juste après le Journal des Alpes, l’édition régionale consacrée à ces départements. Le Journal des Alpes passera de 17 à 23 minutes et l’équipe de la locale sera transférée à la rédaction régionale, elle aussi installée à Grenoble. Une décision purement éditoriale, selon le délégué régional de France 3 Alpes, André Faucon : « Nous créons un grand journal régional, 100% alpin. La troisième partie de ce JT laissera toute sa place aux reportages "images", aux directs, avec une dimension de proximité pratique », et ne s’adressera plus « seulement aux Grenoblois, comme c’est le cas aujourd’hui, sans grande logique ». Le Syndicat national des journalistes (SNJ) Sud-Est en fait une autre lecture : « Exit, à Grenoble, le journalisme de proximité de la TV publique, qui contribue au lien social dans une agglomération de 450 000 habitants. » Les quatre journalistes permanents de la locale redoutent « une diminution drastique des reportages sur l’agglomération ». Ils en appellent à leur public, 32 000 téléspectateurs quotidiens sur le grand Grenoble, et ont déjà reçu de nombreux et vigoureux messages de soutien. Leur pétition en ligne a recueilli hier plus de 1700 signatures. Sur fond de tension budgétaire nationale à France Télévision, le SNJ Sud-Est fustige une décision « purement économique : fabriquer une édition locale reviendrait trop cher ». François Ollier, journaliste de la locale grenobloise et secrétaire général national SNJ, dénonce « une économie de bout de chandelles : les intermittents et CDD qui participent à l’élaboration du journal local, cinq à six équivalents temps plein, vont être davantage précarisés ». Faux, rétorque André Faucon, qui assure « ne supprimer ni effectifs ni créneaux de diffusion » et réfute tout « abandon de proximité » : il s’agit de « redistribuer les cartes avec un projet pour l’instant en dehors des réductions budgétaires ». Il donne rendez-vous le 7 janvier aux Grenoblois, afin de juger sur pièces. Paru dans Libération du 13 décembre 2012
Il y a 1 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Tweet


