vendredi 13 février 2009 15:42
GDC, à développer
par Olivier Séguret
tags : xbox 360 , GTA , Moi jeux
Du 23 au 27 mars se tiendra à San Francisco l’édition annuelle de la Game Developers Conference, connue sous l’acronyme GDC, et qui constitue le plus important qualitativement (sinon le plus grand quantitativement) rassemblement professionnel du monde du jeu vidéo. Pas vraiment un Festival de Cannes du jeu ni un salon commercial façon E3, la GDC est une sorte de mégaséminaire avec récompenses où toute l’industrie accepte, pour une fois, de placer le développeur au centre de ses attentions. Le développeur, c’est un peu l’équivalent de l’auteur, transposé dans la sphère du jeu. Quelle que soit l’envergure de la production, il en est l’âme et le centre ; et la « valeur » de ses idées ne varie pas en fonction de son budget. C’est justement l’un des grands mérites de la GDC lorsqu’il s’agit de remettre les lauriers : sa culture profondément démocratique qui lui fait placer sur un même plan les plus grosses machines commerciales et les minuscules productions indépendantes. Ainsi, dans la catégorie « Best Writing » on trouve face à face Braid (en téléchargement sur le Xbox Live) et GTA IV, l’un des plus gros cartons planétaires jamais enregistrés. Dans celle de l’innovation, Spore et Little Big Planet sont concurrencés par World of Goo. Un jeu est un jeu, quel que soit son format, son support ou son succès : voilà ce que signifient ces nominations, décidées par les votes, précisons-le, de la communauté des développeurs, qui en élira également les vainqueurs. Au-delà des médailles (et de la plus prestigieuse de toutes, le « Lifetime Achievement Award » qui distingue un créateur pour l’ensemble de son œuvre), la GDC représente une occasion exceptionnelle pour les développeurs d’échanger leurs idées. A cet effet, des keynotes (« allocutions ») sont dispensées par quelques invités de marque. Sont surtout pressentis cette année le patron de Nintendo, Satoru Iwata, ou le génial créateur de Metal Gear Solid, Hideo Kojima, qui s’y exprimera pour la première fois. Cette forte présence japonaise intervient dans le contexte troublé d’une industrie du jeu nippone en plein blues, n’arrivant plus à tenir la dragée haute aux créateurs occidentaux. Sur l’archipel, le jeu vidéo est à la fois un pilier de la culture populaire et un secteur stratégique d’une économie très forte en produits électroniques mais qui a du mal à basculer du côté des programmes, logiciels et services, comme le montre la crise actuelle. Nul doute que Kojima, qui a quelques vues sur la question, soit écouté en oracle.
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