mercredi 9 février 2011 12:23
AOL bouge avec l’Huff Post
tags : politique , médias , États-Unis , Huffington Post
Des récents mariages célébrés dans le monde des médias américains, c’est le plus inattendu. A minuit et une minute lundi, AOL, l’un des ancêtres des portails internet, a annoncé qu’il venait d’acquérir pour 315 millions de dollars (232 millions d’euros) le Huffington Post, le site d’info peut-être le plus influent du moment aux Etats-Unis. Sur la page d’accueil du site, sa patronne emblématique, Arianna Huffington (lire l’article) se félicite de la « fusion de deux visions » et dit espérer la création d’un groupe « qui peut avoir un énorme impact ». Il y a encore quelques semaines, personne n’aurait imaginé une telle union. Mais l’affaire se serait bouclée en quelques jours. Selon les informations délivrées par les deux groupes, c’est le patron d’AOL, Tim Armstrong, qui a pris contact le mois dernier avec Arianna Huffington pour lui proposer l’opération et la nommer par la même occasion présidente et rédactrice en chef d’une nouvelle entité baptisée Huffington Post Media Group. L’annonce confirme le récent changement de stratégie opéré par AOL, qui investit de plus en plus dans le contenu éditorial. Le fournisseur d’accès espère ainsi rebondir après sa désastreuse alliance avec Time Warner, qui a pris fin en 2009 et qui l’a contraint à licencier 2 500 personnes. Depuis, AOL a acquis plusieurs sites d’infos, dont Techcrunch, le célèbre blog sur les nouvelles technologies, et compte clairement tirer profit des 25 millions de visiteurs par mois du « HuffPo ». « On peut se demander si le Huffington Post vaut vraiment autant d’argent, commente Evan Cornog, le directeur de l’école de journalisme de Hofstra University à New York. Ce qui est sûr, c’est qu’AOL se donne une vraie personnalité, une voix à la fois plus forte et plus marquée politiquement. » C’est peut-être l’élément le plus surprenant de l’annonce. Dans les sites d’informations américains, le Huffington Post est classé très à gauche, alors qu’AOL offrait jusque-là des contenus très neutres, sans aucune connotation politique. « Après tout, la politisation est également une tendance accrue dans les nouveaux médias, alors pourquoi pas AOL ? » poursuit Evan Cornog. Le nouveau géant estime en tout cas qu’il peut toucher une audience combinée de quelque 100 millions de personnes. « Un potentiel énorme » selon Tim Amstrong, le PDG d’AOL. Paru dans Libération du 8 février 2011
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