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lundi 13 novembre 2006 14:14

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Aide humanitaire et jeu vidéo, un mariage réussi !

par Serge Tisseron

tags : ONG , serious games

Pour la première fois sans doute dans l’histoire de l’humanité, les parents regardent leurs enfants jouer à des jeux auxquels ils ne comprennent rien. Au mieux, ils s’en désintéressent, au pire, ils s’en angoissent et rendent ces jeux responsables de tous les maux de la société, à commencer par l’impossibilité de communiquer avec leurs rejetons.

En 2005, le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) a pris le risque de s’aventurer dans cette contrée étrange. Il y a quelques années, cette simple idée aurait fait doucement sourire les visionnaires de l’industrie eux-mêmes. S’il y a un domaine où on ne s’attendait pas à voir des enfants et des adolescents se passionner, c’est bien l’aide humanitaire ! Et pourtant, ils sont de plus en plus nombreux à rêver de planète plus juste, de commerce équitable et d’écologie !

De cette rencontre improbable est né Food Force : un jeu vidéo éducatif non violent, à tout petit budget, pour parler aux enfants de la faim et de l’aide humanitaire. Le lancement du jeu au Salon du livre de Bologne, en Italie, avec en tout et pour tout un site web et un communiqué de presse, a été un pari un peu fou. L’énorme succès qui a suivi en a été d’autant plus surprenant : les médias internationaux se sont immédiatement emparés de l’histoire et, après un mois, il y avait déjà un million de joueurs.

Beaucoup d’industriels des jeux informatiques ont évidemment remarqué l’irruption de ce nouveau venu, mais ils ont fort heureusement bien réagi et ne l’ont pas dévoré. Au contraire, ils l’ont même aidé. Ainsi, lorsque le serveur de Food Force s’est bloqué pour cause d’embouteillage, juste après son lancement, Yahoo ! Games a très vite accepté d’héberger le jeu gratuitement. Des géants du jeu vidéo, Ubisoft, Konami et Shanda ont par la suite gracieusement offert leurs services pour créer respectivement les versions française, japonaise et chinoise.

Au jour d’aujourd’hui, des visiteurs de 189 pays, des Etats-Unis au Japon en passant par l’Uruguay et les Iles Salomon se sont rendus sur le site du jeu www.food-force.com. Le jeu a été téléchargé par près de 4 millions de joueurs de cette foule cosmopolite au cours des 12 derniers mois. Alors que le site web reçoit toujours en moyenne plus de 70 000 visiteurs par mois, la version française de Food Force, développée avec le soutien d’Ubisoft, a été lancée officiellement le 15 octobre 2006 en France et dans les pays francophones. Viendront ensuite les versions chinoise, hongroise, grecque, arabe, norvégienne et hindou.

Quelle que soit leur nationalité, les jeunes ont relevé avec enthousiasme le défi de terrasser le plus grand fléau de notre époque : la faim dans le monde, qui fait deux fois plus de victimes que le sida, la tuberculose et la malaria réunis. Avec Food Force, on gagne des points en menant à bien des missions d’aide d’urgence : distribuer de la nourriture dans des situations de crise, résoudre des problèmes logistiques ou encore déterminer la teneur nutritionnelle d’une ration énergétique équilibrée.

Un jeu vidéo peut parfois faire un tabac grâce à une technologie inédite ou à grand renfort de campagnes publicitaires de plusieurs millions de dollars. Et bien sûr, il y aura toujours des jeux pour flatter les tendances les plus basses. Mais la leçon de Food Force est claire : un jeu simple et loyal, porteur de solidarité et d’espoir, peut se faire entendre auprès des jeunes de toute la planète.

L’extraordinaire réussite de cette aventure est un atout inestimable pour la lutte contre la faim : le jeu a été plébiscité par les adolescents qui, compliment suprême, le trouvent « cool ». Espérons qu’une fois adultes, ils n’oublieront pas ce jeu et seront de plus en plus nombreux à s’engager contre la faim, la misère et l’injustice. Et d’ici là, si vous voyez vos enfants jouer, n’hésitez pas à vous joindre à eux : le jeu est une activité bien plus intéressante quand elle est partagée !

Serge Tisseron est pédopsychiatre, spécialiste des images et de l’impact des jeux vidéo sur les enfants. Il est notamment l’auteur du « Manuel à l’usage des parents dont les enfants regardent trop la télévision » (Editions Bayard) et de « L’enfant au risque du virtuel » (Editions Dunod).
Food Force est téléchargeable gratuitement sur www.food-force.fr
Food Force sera présent au salon de l’éducation, du 16 au 19 novembre, Hall 7 du parc des expositions Paris Expo, porte de Versailles


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  • "le royaume de la transgression !!!"

    16 juin 2007 22:36, par bill

    je ne peux pas m’empêcher d’étouffer un rire en lisant cette énormité : "le jeu vidéo est le royaume de la transgression". On arrête le délire !

    Elle est où la transgression dans Counter-Strike, s’il te plaît ? Les terroristes contres les anti-terroristes, c’est simple, quel que soit ton camp, tuez-les tous ! Dans Starcraft : Videz les ressources de la carte, tirer le maximum de vos unités et détruisez le méchant ! Dans WoW : devenez le meilleur du monde, utilisez vos alliés pour gagner des objets qui vous rendront plus fort et plus beau !

    L’essentiel des jeux vidéo expriment l’urgence du meurtre de tout ce qui est différent, la domination individuelle, la rentabilité, quand ce n’est pas purement et simplement la victoire des USA sur des rebelles d’asie centrale (dernier Command&Conquer). Je ne vois pas où est la transgression ! c’est ce que véhiculent toutes les télés du monde !

    L’immoralité de GTA n’est en rien subversive. C’est le modèle inversé de la bien pensance, mais tu as toujours ton patron qui te dit quoi faire et qui te paie si tu as été sage. GTA n’est pas moins normatif et simpliste que Robocop.

    Le jeu vidéo n’a en général rien à voir avec la transgression, simplement, en tant qu’industrie du divertissement souhaitant vendre des produits, il flatte les instincts humains les plus basiques et va dans le sens des stratégies politiques et économiques dominantes, à savoir : la domination par la violence, l’accumulation (mario), la compétition...

    attention, il y a des jeux subversifs, mais c’est une ânerie de dire que le jeu vidéo est pas essence subversif.

    Ravi de voir que le serious gaming trouve un écho chez le public, j’avoue que je ne m’y attendais pas.

  • Aide humanitaire et jeu vidéo, un mariage réussi !

    13 novembre 2006 15:58, par daodi

    J’ai 32 ans, je joue depuis que j’ai 6 ans et j’avoue que c’est interessant (je l’ai essayé). Mais très franchement c’est nettement moins fun qu’un GTA ou un Half-Life.

    Les jeux vidéo c’est aussi le royaume de la transgression c’est pourquoi les "serious game" ou "ludo-educatif" sont destinés a rester une niche du marché des jeux vidéo.


 

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