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mardi 11 mai 2010 12:26

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Android, le robot qui voulait croquer la pomme

par Geoffroy Husson

tags : Apple , Google , iPhone , applications , Android , système d’exploitation , HTC

Montage Ecrans.fr

L’annonce du nouveau système d’exploitation de l’iPhone c’est cool, l’arrivée de l’iPad dans l’hexagone c’est sympa, la fuite sur le prochain iPhone c’est mignon, mais concernant Android, on en est où au juste ? Alors que le système d’exploitation mobile de Google était annoncé comme le futur challenger de l’iPhone — on vous épargne le terme d’iPhone killer — il y a deux ans, on en entend toujours moins parler que des produits pommés.

Le système d’exploitation de Google prend peu à peu son essor et semble aujourd’hui arriver à maturation. Il y a juste un an sortait le HTC Magic, deuxième smartphone sous Android à être commercialisé par le fabricant taïwanais HTC. À vrai dire, il s’agissait même du second mobile sous Android tout court après le HTC Dream, baptisé G1 aux États-Unis. Comme Google 1er, oui.

Un an et demi après l’arrivée du système d’exploitation sur le marché de la téléphonie mobile, Google 1er a fait place à une dynastie d’autres mobiles, et pas seulement chez HTC. C’est d’ailleurs l’un des principaux atouts d’Android, tout comme l’un des ses premiers défauts. Alors que, par définition, l’iPhone OS est exclusif à Apple et à son unique mobile, Android a été récupéré par de nombreux fabricants : LG, Samsung, HTC, Sony Ericsson ou Acer. Néanmoins, cette diversité de modèle pose un problème : Android doit être capable de s’adapter à la plupart des périphériques là où le système de l’iPhone est conçu pour être parfaitement intégré aux composants du téléphone d’Apple. Google a bien tenté de créer des modèles phares, surnommés Google Phone, en collaboration étroite avec HTC, mais ni le G1, ni le Nexus One n’ont réussi à s’imposer auprès du grand public. La faute, probablement, à un système de vente exclusivement via la boutique en ligne de Google. La plupart des consommateurs ont besoin de toucher, de visualiser le téléphone avant de l’acheter. Finalement, le fer de lance des Google phones, s’avère être le Motorola Droid, Milestone en Europe, qui représente à lui seul un mobile sous Android sur trois vendus aux États-Unis. En terme d’intuitivité, et surtout de fluidité, Android souffre encore la comparaison avec iPhone OS, même sur ses modèles hauts de gamme.

 

HTC Dream ’G1’, Samsung Galaxy Spica, Motorola Milestone, HTC Legend, Google Nexus One, Sony Ericsson Xperia X10 - DR

 

C’est le propre d’un système ouvert : Android laisse le choix, au fabricant et à l’utilisateur. On peut aussi bien dénicher des smartphones hauts de gamme avec les composants matériels les plus perfectionnés, à 500 euros, que des téléphones d’entrée de gamme vendus sans abonnement à 150 euros. L’abonné a le choix quant au téléphone, quant à son interface — HTC, LG, ou Sony Ericsson, par exemple, développent des surcouches graphiques pour améliorer l’interface utilisateur — et même le choix quant à ses applications. L’iPhone dispose certes d’un parc plus riche avec plus de 100 000 applications disponibles sur l’AppStore, mais Android est le second système plébiscité par les développeurs avec 50 000 applications sur l’Android Market. Les développeurs s’y sentent également plus libres en raison de l’absence de contrôle de la part de Google. Le revers de la médaille ? On peut y trouver des applications pour adultes alors qu’elles ont été bannies par la firme de Cupertino depuis quelques temps. Les applications y sont souvent moins esthétiques ou moins pratiques.

En fait, à cause de ce choix proposé par l’écosystème Android, certains vont jusqu’à comparer le système de Google à Windows quant à la gestion de l’interface ou des paramètres : des systèmes plus compliqués à initialiser, avec plus de configurations possibles, donc plus de choix et une personnalisation accrue. Tandis qu’avec un produit Apple, tous les utilisateurs ont un mobile plus ou moins identique, avec le même système, la même interface et les mêmes icônes, les utilisateurs de mobiles Android peuvent choisir leur matériel, mais peuvent aussi bien ajouter des widgets ou un fond d’écran. Chose toujours impossible sur iPhone jusqu’à la sortie de la version 4.0 du système d’Apple, prévue pour l’été 2010.

Le futur s’annonce radieux pour le système d’exploitation mobile de Mountain View. La régie publicitaire AdMob, propriété de Google mais présente sur la plupart des plateformes mobiles, a en effet annoncé fin avril (PDF) avoir recensé plus de pages vues via un téléphone Android que via iPhone OS aux États-Unis en mars 2010, à hauteur de 46% sur Android et 39% sur iPhone OS. Un nombre qui semble se confirmer puisqu’au premier trimestre 2010, 28% des mobiles commercialisés outre-atlantique étaient équipés du système de Google tandis que 21% tournaient sous iPhone OS. Certes, l’iPhone est le seul téléphone à tourner sous le système d’Apple tandis qu’Android équipe une bonne dizaine de téléphones, mais cette progression marque un cap dans la croissance du challenger Android. Google pourrait bien mettre cet avantage à profit pour diffuser Android vers d’autres types d’appareils. Ainsi, le français Archos a lancé l’Archos 7 cette semaine, une tablette tactile concurrente de l’iPad, pour un prix de 149 euros, contre 449 a minima pour la tablette d’Apple, et équipée de l’OS de Google.

À l’avenir, il faudra donc compter sur Android, à moins que ... À moins que le développement de la plateforme, arrivé à maturité, ne soit freiné par les équipes de Google, sur le point de lancer leur système Chrome OS. Ce nouveau système, originellement conçu pour les netbooks pourrait entrer en concurrence frontale avec Android, notamment sur le marché des tablettes.

 

Sur le même sujet :

- « Ceux qui veulent du porno peuvent acheter un téléphone Android » (20/4/2010)
- Téléphone : Google perd sa marque (18/3/2010)
- Nexus One, le challenger signé Google (7/1/2010)
- Google : Nexus One, décollage imminent (30/12/2009)
- Symbian : L’offensive anti-Google de Nokia (24/6/2008)
- Android : Google ouvre les téléphones mobiles (5/11/2007)


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