Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 15 février 2012 10:20

  • internet

Anonymous (nous sommes tous, etc.)

par Pierre Marcelle

tags : politique , Anonymous

Photo Ben Fredericson, CC BY

Sous le masque au sourire moustachu et désormais familier de Guy Fawkes, sous l’intitulé générique d’« Anonymous », qui, quoi, où, quand, combien, comment ? Sans le pédagogique exposé de Libération (en son édition du 6 février), on continuerait de n’en rien savoir, ou plutôt, d’en tout confondre : les partisans de WikiLeaks ou les clients de MegaUpload, les défenseurs de Julian Assange ou les complices de Kim Schmitz, et leur statut, à l’un ou à l’autre, de voyou ou de chevalier blanc, selon qu’on se situe d’un côté ou de l’autre de l’écran. Jusqu’à découvrir que, désirée ou non, entretenue ou pas, cette confusion même donnait tout son sens à l’entreprise ayant pris pour slogan « Nous sommes légion », légion qui sonne comme une « multitude » de Toni Negri. Comme si, à travers Anonymous ou cent autres collectifs, l’anonymat, sur la Toile, dissimulait bien moins qu’il démultiplie.

C’est bien sûr que le concept est intimement lié à celui de l’Internet même, dont l’acteur, qu’il soit comme l’auteur de ces lignes naunaute de base et contraint, geek consumériste ou aguerri hacker, est d’abord militant de sa propre cause, de son propre intérêt, qu’elle soit collective ou qu’il soit individuel. De sorte que, par mille relais plus ou moins technologiques, tandis que des anonymes fédèrent les révolutions arabes, organisent une dérisoire flash mob, explosent le site officiel de telle ou telle composante d’un appareil d’Etat, réveillent les sites censurés de Copwatch, manifestent comme ce week-end encore contre l’accord international Acta sur la contrefaçon ou infiltrent à l’ancienne, telle la vieille taupe activiste, le terrain de l’ennemi idéologique, tout un chacun est désormais fondé à voir Anonymous à la manœuvre, plus ou moins empirique et plus ou moins organisée, l’empirisme étant ici constitutif de l’organisation.

Moralement, civiquement, politiquement parlant, est-ce que c’est « mal » ou est-ce que c’est « bien » ? Pour se faire une opinion, tout un chacun, plus ou moins pollué par son addiction à l’outil webmatique ou par ses préjugés à l’encontre de celui-ci, constatera en préambule que « Anonymous » constitue la réponse la plus naturellement libérale à l’Etat-nation libéral. Et, à considérer ses cibles et les justifications qu’il avance (quand il en avance) de ses combats ou de ses croisades, de ses règlements de comptes ou de ses taquineries, que Anonymous est incontestablement de gauche.

 

Paru dans Libération du 14 février 2012


Il y a 13 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

politique - Nosdeputes.fr libère l’Assemblée sortante

Anonymous - Anonymous attaque la muraille de la censure chinoise

article précédent
Le très haut débit très mal parti ?
article suivant
OVH, L’Internet giga familial


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Pierre Marcelle
  • réactions (13)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Wikipédia au secours de la recherche ?
  • En attendant Rossel, Hersant empire
  • Dans le secret des lieux
  • Parti pirate : « Nous avons beaucoup de propositions concrètes et qui ne coûtent rien »
  • Numérique : la concertation ouvrira « avant l’été »

Lib.fr

  • A la mairie de Saint-Max, 24 heures de lutte contre les inondations
  • Un vol Paris-Charlotte dévié à cause d'une passagère française
  • Attentat contre Uribe déjoué à Buenos Aires
  • A la une de «Libé» : Égypte, le printemps perdu
  • Identification difficile au procès des pirates du Ponant
publicité

Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Chronophage

Spewer

Attention, jeu dégueu.


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »


No comment

img75
Tu sais, Brad...

« J’aime venir de temps en temps ici et regarder les avions passer. »


Inutile donc inutile

img75
Carte mémoire

Mille cinq années de mouvements de frontières en Europe résumées en onze minutes. Abstrait et hypnotique.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008