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vendredi 10 septembre 2010 14:21

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Apple enterre le Flash de guerre

par Fabien Soyez

tags : Apple , flash , iPhone , Adobe

CC wvs

C’est un bien étrange retour en arrière qu’effectue Apple. En avril, lors de la présentation de l’OS Mobile 4.0, la firme de Cupertino avait annoncé avoir modifié les règles imposées aux développeurs sur les outils qu’ils pouvaient utiliser pour programmer leurs applications à destination de l’App Store. Steve Jobs, le PDG, l’avait assez répété : Apple ne voulait pas d’applis multi-plateformes, mais des applications exclusives à l’iPhone. Surprise : hier, soit quelques jours après une keynote axée sur la musique, Apple a retourné sa veste.

Jusqu’ici, les créateurs d’applications pour iPhone, iPod Touch et iPad ne pouvaient plus utiliser de SDK (kits de développement) alternatifs. Les seuls langages de programmation autorisés étaient le C, le C++ et l’Objective-C. Cette décision avait déclenché un vrai tollé sur Internet, particulièrement chez Adobe, dont le Flash CS5 était proscrit.

Désormais, la société dirigée par Steve Jobs a fait machine arrière. Elle a révisé les clauses qui encadrent le développement d’applications pour le système d’exploitation iOS, en assouplissant « toute restriction concernant les outils de développement utilisés pour créer les applications ».

Un revirement qui étonne quelque peu. Car depuis février, Apple et Adobe se menaient une petite guéguerre autour de Flash. Steve Jobs avait reproché à Flash d’être « bourré de bugs », et surtout de rendre les développeurs dépendants des technologies développées par Adobe : « les applications Flash sont entièrement contrôlées par Adobe. Flash est un système fermé. Nous ne pouvons pas être dépendants d’un tiers qui aurait un pouvoir de décision sur les améliorations disponibles pour nos développeurs ».

Et de fait, la modification des conditions d’utilisation excluait Flash et d’autres logiciels tiers de développement permettant de traduire le code pour créer des applications iOS. Adobe Systems avait critiqué une décision qui « confisque la liberté aux gens de choisir ce qu’ils veulent créer, comment le créer ou ce qu’ils voient sur le Web ». Certains développeurs, eux, dénonçaient « une politique dictatoriale privant les utilisateurs de certaines applications ».

Si Steve Jobs est subitement devenu magnanime, ce n’est sûrement pas par bonté d’âme. Son concurrent, la plate-forme Android de Google, connait un succès grandissant, et Adobe a durablement installé son Flash player 10.1 dans le système d’exploitation mobile de Google. Or, depuis 4 mois, Apple fait l’objet d’une enquête antitrust de la Federation Trade Commission (FTC). Se faire sanctionner pour abus de position dominante et se voir obligé d’accepter Flash aurait sans nul doute été une humiliation pour la firme.

Les concessions de la société californienne n’autorisent toujours pas les langages Flash et Java sur iOS. Mais elles permettent aux développeurs de travailler en Flash avant de convertir le résultat en application iPhone. Possibilité est donc donnée aux applis réalisées avec Flash CS5 de pénétrer dans l’App Store (250 000 applications). Réjoui par la décision d’Apple — du moins en partie, puisque le Flash reste donc indésirable dans les navigateurs et applications sur les produits Apple — Adobe a déclaré via communiqué de presse son intention de « reprendre le travail de développement de l’outil Flash CS5 pour de futures versions ». D’ici là, l’ouverture d’Apple devrait rebooster un peu son capital sympathie auprès des développeurs. Voire son capital tout court.


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