Arianna Huffington : stars, gauche et provoc
tags : médias , États-Unis , Huffington Post
Photo Reuters / Brian Snyder
Elle est l’amie des stars, l’ennemie de la droite et la reine de la provocation. En une dizaine d’années, Arianna Huffington est devenue l’une des voix les plus reconnaissables du monde politico-médiatique d’outre-Atlantique, ne serait-ce que pour son fort accent grec que l’on entend à profusion sur les plateaux de télévision. Commentatrice politique de toujours, auteure prolifique de livres qui traitent de Picasso ou du féminisme, celle que ses ennemis appellent « la diva de la gauche » a surtout connu un succès fulgurant avec le Huffington Post, fondé en 2005 avec Kenneth Lerer, un ancien d’AOL. Au départ, Huffington avait eu une idée de génie : utiliser son carnet d’adresses et ses relations à Los Angeles pour faire écrire des célébrités telles qu’Alec Baldwin ou Diane Keaton sur l’actualité du moment. Puis le « HuffPost » a évolué, pour devenir une référence en matière de site politique ancré à gauche, sorte de contrepoint du très conservateur Drudge Report. Drôle de destin pour cette femme de 60 ans longtemps cataloguée comme républicaine, et qui avait épousé, en 1985, Michael Huffington, un conservateur texan devenu élu au Congrès après avoir fait fortune dans le pétrole. A l’époque, Arianna, née Stassinopoulos, vient juste de débarquer aux Etats-Unis, après avoir passé une grande partie de sa jeunesse en Grande-Bretagne. Elle se fait alors connaître pour ses commentaires et ses éditoriaux très à droite publiés dans la presse américaine. La « conversion » viendra durant les années 90. En 2003, Huffington va jusqu’à se présenter comme candidate indépendante pour être gouverneur de Californie, contre un certain Arnold Schwarzenegger… C’est après cet échec cinglant qu’elle s’attelle à mettre sur pied le Huffington Post et se radicalise de plus en plus. Huffington embauche de nombreuses plumes, dont des journalistes vedettes du New York Times et de Newsweek. Le site incite les lecteurs à rédiger des commentaires et favorise le journalisme citoyen, en publiant des textes d’inconnus. Arianna, elle, se spécialise dans des éditoriaux polémiques, souvent démagogues, et n’hésite pas à mener campagne contre les personnalités qu’elle juge néfastes. Elle s’en prend à Glenn Beck, le héraut de la droite et commentateur de Fox News, dont elle a récemment estimé que ses propos « incitaient à la violence ». En décembre 2009, en pleine crise économique, elle lance un appel pour que les Américains boycottent les banques et retirent leur argent, en signe de protestation contre des institutions financières. Son ambition peut la pousser un peu trop loin. A plusieurs reprises, le Huffington Post a ainsi été accusé de plagier de grands journaux américains. En 2006, Arianna Huffington avait publié ce qu’elle avait présenté comme un texte de George Clooney sur la liberté de parole. L’acteur s’était indigné, et avait expliqué qu’il n’avait jamais pris la plume. Elle avait alors dû reconnaître qu’elle s’était contentée de rassembler plusieurs interventions publiques de Clooney pour les utiliser sous la forme d’une « tribune exclusive ». Paru dans Libération du 8 février 2011
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