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vendredi 23 mars 2007 11:41

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Arkedo casse des briques

En un an et du fond d’un garage, trois copains ont élaboré un jeu d’arcade.

par Erwan Cario, Sébastien Delahaye

tag : DS

Des captures de Nervous Brickdown. DR

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« Nervous Brickdown », une Rolls pour la DS

Un superbe jeu d’arcade sur DS développé par trois personnes.

Le garage fait partie de la légende de l’industrie du jeu vidéo. Local de fortune abritant des jeunes bourrés d’envie et de talent, il est le symbole des premières années d’un secteur où tout semblait possible. Un des plus connus est sans doute celui qui vit l’ascension fulgurante, au début des années 90, d’Id Software (Doom, Quake), et de ses fondateurs, John Carmack et John Romero. Mais pour les tenants actuels de l’industrie, le garage, c’est du passé. A l’heure de la PlayStation 3, quand le moindre jeu coûte des millions en préproduction, en développement, en marketing, il s’agirait d’être un peu sérieux. Pourtant, quelques fortes têtes ne l’entendent pas de cette oreille.

Paris, rue d’Enghien, à deux pas du QG de campagne de Nicolas Sarkozy et de sa marée de CRS. Au fond d’une cour, un ancien garage d’atelier. A l’intérieur, les trois salariés d’Arkedo Games viennent de terminer leur premier jeu. Nervous Brickdown est un casse-briques original et esthétiquement bluffant qui tourne sur la console sans doute la plus tendance du moment, la DS de Nintendo, vendue à plus de 40 millions d’exemplaires dans le monde. Il sera distribué par Eidos, un des grands éditeurs mondiaux. Un pied de nez majestueux aux cadors du marché, qui a nécessité tout juste un an de travail.

Décembre 2005, Camille Guermonprez est licencié de la start-up de jeux vidéo pour portable qu’il avait fondée six ans plus tôt. Un peu déprimé, il arpente en élève les cuisines de quelques grands restaurants parisiens. Aurélien Regard, un graphiste qu’il avait recruté en 2001, lui propose alors un projet un peu fou : développer en équipe restreinte un titre pour la DS. « Il avait tout pour plaire, se souvient Camille Guermonprez. C’était un concept connu revisité de manière inédite et le travail artistique était bien avancé. Un certain budget était nécessaire mais j’avais les moyens de le produire grâce à ce que j’avais touché en me faisant virer. D’autant que je n’assumais pas vraiment cet argent un peu tombé du ciel. »

Il fonde Arkedo Games début 2006 et embauche en mars Eric Gâchons, un programmeur rencontré chez des amis. Le trio se lance à corps perdu dans la conception. Camille travaille sur les niveaux du jeu, Aurélien sur les graphismes et les animations, et Eric se charge de faire fonctionner le tout. Ils sont motivés par une ambition qui semblait à l’époque presque utopique. Camille Guermonprez en rigole aujourd’hui : « On voulait avoir un jeu dans une boîte, le voir en magasin, savoir qu’il en resterait quelque chose. Et puis on était comme des dingues à se répéter "Wouhou ! On fait un jeu d’arcade !". »

En août 2006, à Leipzig, tout le gratin du jeu vidéo se retrouve pour un salon international. Camille, une première version de Nervous Brickdown en poche, s’y rend dans l’espoir de trouver une entreprise capable d’assurer la distribution du jeu. Il explique : « On n’était personne, on proposait un jeu d’arcade et on n’avait aucune licence connue. J’y suis allé profil bas. Mais en même temps, un jeu déjà financé, s’il est bon, c’est quasi impossible à refuser. En termes de risque financier, c’est une semaine de production d’un jeu "next-gen". Tous les espoirs étaient permis. » Et pour cause. Un responsable d’Electronic Arts, plus gros éditeur de jeux vidéo au monde, applaudit même à la fin de la présentation du jeune créateur. Mais c’est la réaction de Ian Livingstone (auteur dans une autre vie des Livres dont vous êtes le héros), chez l’éditeur britannique Eidos, qui rassure les trois passionnés d’Arkedo. « Il m’a dit que c’était le bon jeu au bon moment, raconte Camille. Il a surtout ajouté : "Je veux ce jeu." » Pour un développeur français indépendant et autofinancé, c’est déjà une consécration.

Les négociations avec plusieurs éditeurs se poursuivent à l’automne. Arkedo parvient même à faire monter les enchères. Le 26 décembre, Arkedo signe finalement avec Eidos. Pour le studio parisien, le contrat est intéressant : « On a remboursé notre investissement, et, surtout, on a la visibilité suffisante pour entamer une nouvelle production. » Mais avant de penser à l’avenir, l’équipe devait terminer Nervous Brickdown, en phase de polissage depuis la fin de l’automne. Camille Guermonprez sourit : « Il y a une équipe de 17 testeurs sur notre jeu chez Eidos. Ils sont un peu tombés des nues quand ils ont appris combien on était. » Nervous Brickdown sortira avant la fin de l’été. Et si le jeu marche, il faudra sans doute songer à s’agrandir, pour des projets plus ambitieux, non ? Camille balaie cette idée d’un revers de la main : « Hors de question ! On fonctionne à trois. A quatre, ça marcherait déjà moins bien et, du coup, il faudrait un chef. Ici, j’ai désappris à être patron, et ça me va très bien. »

Des images et vidéos exclusives de Nervous Brickdown sur Ecrans.fr


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  • Ca fracasse !

    30 mars 2007 18:13, par des mecs en slip

    Bravo Cam, Aurélien et Eric (qu’on ne connaît pas encore mais qu’on embrasse quand même) !

    Signé : la bubble team en slip

  • Arkedo casse des briques

    24 mars 2007 01:29, par eMeRiKa
    Félicitation également. Revenir à faire un jeu à 3 dans un garage je trouve çà géniale. je sens que je vais sauter sur ce jeu !!
  • Quand la France bouge

    23 mars 2007 17:16

    Je voudrais les féliciter. Ce genre de choses, ça mériterait 5 min en fin de 20h plutot que de parler du dernier Hugh Grant. On arrête pas de nous dire que la France il faut qu’elle bouge mais bizarrement le secteur du jeu vidéo ne constitue pas chez nous un modèle propre à inspirer la jeune génération, alors qu’il s’agit d’un secteur primordial pour l’avenir de l’image. Bon en tout cas Libé en parle et c’est déjà ça.

    Trois français qui font seuls un casse briques aux couleurs et style apparement épatants et qui le font distribuer par Eidos sur l’une des machines les plus vendues au monde, je dis bravo !!!!!

    J’attends Nervous Brickdown de pied ferme.

    Sylvain


 

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