Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Le piratage est un danger pour l’avenir de notre civilisation.

Muriel Marland-Militello, députée UMP

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 27 février 2008 16:34

  • dvd
  • cinéma

« Au nom du peuple italien », sans illusion

par Edouard Waintrop

tags : cinéma d’auteur , cinéphilie , le coin du cinéphile , Italie

Extrait de l’affiche du film - DR

Au nom du peuple italien de Dino Risi (1971), avec Ugo Tognazzi et Vittorio Gassman, 103 minutes, Studio Canal, 15 euros.

En 1971, quand ce film sort, les petits juges incorruptibles et pourfendeurs des pouvoirs (politiques et économiques) sont à la mode. Dino Risi lui est un cinéaste qui ne se soumet pas aux idées dans le vent. Cela fait longtemps qu’il a perdu ses illusions sur les idéologies, longtemps que les psychorigides l’insupportent. La confrontation qu’il met en scène entre un magnat de l’industrie et de la construction, antipathique, cynique, corrupteur et un petit juge apparemment honnête, ne sera donc pas convenue.

Gassman fait un Lorenzo Santenocito au premier abord effrayant, sorte de cousin du Fanfaron ou de certains Monstres, ne respectant aucune loi, méprisant la bureaucratie, la justice, la police, la morale, pollueur, fabriquant de maisons illégales, prêt à éliminer tout ce qui le gène, même son père. Il a d’ailleurs cette phrase : « Entre la pitié et le pouvoir, il faut choisir ». Il a choisi. Une très jolie jeune fille meurt. Elle a trop de traces de coups sur le visage et sur les jambes, trop de drogue dans les viscères pour que ce soit considéré comme une mort naturelle. En plus, cette demi-mondaine de haut vol semblait connaître Santenocito. Le juge Bonifazi, qui déteste l’industriel, le soupçonne vite du meurtre.

Commence alors un jeu du chat et de la souris entre le grand bourgeois, d’abord sûr de son fait et de son pouvoir, et ce juge que l’on ne peut acheter. Mais qui est aussi et surtout un idéologue. Nous le comprenons très vite quand nous le surprenons au réveil avec, sur son lit, Il Manifesto et L’Unita, les deux journaux communistes. Sur une plage après une escapade où il a essayé tour à tour d’acheter puis de séduire le magistrat, Santenocito lui reprochera ses a priori. Cette dénonciation, « vous êtes idéologique », est un moment clé de ce film.

Risi, l’ancien psychiatre, n’a jamais été militant. S’il en a jamais eu, il a vite perdu ses illusions. Il ne croit pas à l’idéologie. Il pense même que c’est une plaie absolue. Et en effet si Santenocito est un type imbuvable, Bonifazi est dangereux, étriqué. C’est un type ennuyeux et un ancien cocu. Ce que Risi montre dans une scène étonnante. Le réalisateur a d’ailleurs le chic pour multiplier les incises. Le portrait qu’il y fait alors de l’Italie est dévastateur. Les palais de justice s’effondrent, les maisons et les routes aussi. Les plages sont recouvertes d’ordures. Les tifosi (supporters) sont cinglés. La société semble proche de l’asphyxie.

Quand Risi s’en prend aux petits juges, il ne s’agit donc pas de défendre l’ordre établi. Au contraire, Bonifazi, qu’il prend vite comme cible, est l’autre face d’un ordre injuste. Faut-il rajouter que la qualité de l’interprétation est exceptionnelle ? Avec un Vittorio Gassman extraverti et brillantissime, et un Ugo Tognazzi sobre et sombre, formidable. Ah que le cinéma italien était beau quand Risi et ces deux-là travaillaient ensemble !


Il y a 2 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

cinéma d’auteur - MegaUpload : la casse aux trésors

cinéphilie - Un montage à perdre Allen

le coin du cinéphile - DeMille dans l’Histoire

Italie - « Borgia », la sainte orgie

article précédent
Au fil des jeux : Love, de la pétanque sur Wii, et les autres...
article suivant
L’Europe se lance dans le « peer-to-peer » télévisuel


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Edouard Waintrop
  • réactions (2)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Silence, on joue ! Soul Calibur V, Final Fantasy XIII-2
  • Le sac de nœuds du financement numérique
  • L’Elysée à l’abordage du Net
  • La télé tunisienne, sans transition
  • Ecrans.fr : le podcast anonyme

Lib.fr

  • Le sac de nœuds du financement numérique
  • Syrie : sixième jour de bombardements sur Homs
  • Devine qui vient dîner au Crif?
  • Après Contador, Jan Ullrich suspendu deux ans pour dopage
  • Mode et contrefaçon : une lutte inégale
publicité

De saison

img75
L’Elysée à l’abordage du Net

Dans un merveilleux dessin interactif, OWNI liste les principales figures de la conquête de l’Internet par l’Elysée, et schématise leur relations en filant la métaphore de l’île déserte.


Chronophage

Q - Compressing the Heart

« Vous vous réveillez dans un monde différent, après qu’une créature étrange a volé votre cœur. »


Hum, bizarre...

img75
Les sosies sont six

Vous ne vous êtes jamais dit que votre voisin de train ou de fil d’attente ressemblait à un personnage de fiction ?


Dixit

« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »


De saison

img75
L’hommage de Google à François Truffaut

François Truffaut aurait eu 80 ans ce 6 février 2012. Google en fait donc son Doodle du jour.


Vendredi, à poils !

img75
Avoir un bon copain...




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008