Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mardi 8 février 2011 15:19

  • internet
  • téléphone

Aux États-Unis, la peur pédophile

par Fabrice Rousselot

tags : politique , sms , éducation , twitter , Myspace , facebook , États-Unis

» sur le même sujet

Professeur, veux-tu être mon ami ?

De plus en plus d’enseignants s’interrogent sur l’opportunité d’avoir, ou pas, des échanges avec leurs élèves par le biais des réseaux sociaux.

Les communications trop fréquentes par SMS ou réseau social entre enseignants et élèves sont-elles un facteur de promiscuité sexuelle ? En Virginie, on semble penser que oui. Dans un rapport présenté début janvier et destiné à établir des procédures pour prévenir les cas d’abus sexuels, le Virginia Board of Education, l’autorité qui supervise les 132 structures scolaires publiques de l’Etat, recommande ainsi que «les professeurs et les autres employés [des écoles, NDLR] n’aient pas recours aux outils de communications sans fil pour envoyer des SMS aux étudiants et soient interdits d’interaction personnelle avec les élèves à travers les réseaux sociaux».

Si le texte ne les mentionne pas, Facebook, MySpace et Twitter sont directement visés. Le document doit être soumis à un vote le 17 février. Il fait suite à une enquête nationale menée par l’agence Associated Press en 2008 qui avait établi que 2 750 enseignants et éducateurs avaient perdu entre 2001 et 2005, leur droit d’exercer outre-Atlantique suite à des accusations d’abus sexuels. Dix Etats, dont la Virginie, avaient alors annoncé leur intention de durcir la législation. «En Virginie, depuis dix ans, plus de 120 professeurs ont été licenciés suite à des fautes graves liées à des relations inappropriées avec des élèves, assure Charles B. Pyle qui a supervisé la rédaction du rapport du Board of Education. Et à de maintes reprises, nous nous sommes rendu compte que les communications par SMS ou par Internet avaient joué un rôle déterminant.» Pyle évoque notamment le cas de Kevin Ricks, professeur d’anglais dans un lycée de la petite ville de Manassas, condamné en octobre à un an de prison pour des violences sexuelles à l’encontre de l’un de ses élèves de 16 ans. Un autre élève avait intercepté un message de Ricks à sa victime sur sa page Facebook.

Les directives qui sont proposées par le Board of Education apparaissent cependant des plus rigides. Le document laisse entendre clairement qu’un professeur ne doit pas prendre pour «ami» l’un de ses étudiants sur Facebook. Et stipule que si le professeur entre en communication «personnelle» avec un élève, il doit rapporter «la date, l’heure et la nature» de l’échange à son superviseur, dans les vingt-quatre heures. Autant de contraintes qui provoquent la colère d’enseignants qui s’expriment sur de nombreux forums. «Nous avons tous un code de conduite professionnel quand nous parlons à un étudiant par email ou avec les divers outils que nous offre l’Internet, écrit l’un d’entre eux. Nous devrions faire plus confiance à nos enseignants […].» «Pourquoi ne pas interdire les conversations téléphoniques tant qu’on y est ?», s’indigne un autre.

Le débat suscite une telle agitation que les autorités ont décidé de permettre à tous les résidents de l’Etat de livrer leurs commentaires sur le site du Congrès de Virginie. «Ce sont des choses que nous prendrons en compte et le document qui sera soumis au vote peut encore évoluer», précise Charles B. Pyle. Il souligne qu’il s’agit là de «recommandations». Toutefois, dans la réalité, il est rare que les établissements ne suivent pas les mesures préconisées par l’Etat.

Paru dans Libération du 7 février 2011


Il y a 2 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

politique - Nosdeputes.fr libère l’Assemblée sortante

sms - CNIL : le guide du « respect des droits sur toute la ligne »

éducation - Présidentielle : les candidats parlent (enfin) de numérique

twitter - Censure : Twitter n’est pas prophète au Pakistan

Myspace - Ecrans.fr, le podcast vidéo : virés dans le mur, « Om nom nom nom »

facebook - Facebook : L’action sous son prix d’introduction

États-Unis - Le Watergate fait toujours des vagues

article précédent
« Mais c’est quoi, déjà, Internet ? »
article suivant
Professeur, veux-tu être mon ami ?


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • réactions (2)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Wikipédia au secours de la recherche ?
  • En attendant Rossel, Hersant empire
  • Dans le secret des lieux
  • Parti pirate : « Nous avons beaucoup de propositions concrètes et qui ne coûtent rien »
  • Numérique : la concertation ouvrira « avant l’été »

Lib.fr

  • A Montréal, «la loi spéciale, on s'en câlisse»
  • A la mairie de Saint-Max, 24 heures de lutte contre les inondations
  • Un vol Paris-Charlotte dévié à cause d'une passagère française
  • Attentat contre Uribe déjoué à Buenos Aires
  • A la une de «Libé» : Égypte, le printemps perdu
publicité

Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Chronophage

Spewer

Attention, jeu dégueu.


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »


No comment

img75
Tu sais, Brad...

« J’aime venir de temps en temps ici et regarder les avions passer. »


Inutile donc inutile

img75
Carte mémoire

Mille cinq années de mouvements de frontières en Europe résumées en onze minutes. Abstrait et hypnotique.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008