mardi 2 septembre 2008 11:23
Avec Chrome, Google s’attaque aux navigateurs web
par Astrid Girardeau
tags : moteurs de recherche , licence libre , navigateurs , Google
Page par défaut de Chrome, vue par Scott McCloud - DR
MAJ : Chrome est désormais en téléchargement (pour Windows seulement). Une aide détaillée, en français, est également disponible ici. La rumeur revenait assez régulièrement. Elle a été confirmée hier. Google travaille sur un navigateur web. Son nom de code : Google Chrome. Annoncé comme plus stable et plus rapide (que ses concurrents), Chrome sera lancé aujourd’hui en version bêta, uniquement sous Windows. L’annonce a été faite par l’envoi à certains blogueurs d’une bande dessinée de trente huit pages — par Scott McCloud, connu par les amateurs de bande dessinée pour son ouvrage Understanding Comics — expliquant en détail le fonctionnement et les spécificités de Google Chrome (en anglais uniquement). Elle a ensuite été confirmée dans la journée par un article sur le blog de Google. « Nous avons réalisé qu’on avait besoin de repenser entièrement le navigateur. (...) Sous le capot, nous avons réalisé les fondations d’un moteur capable de bien mieux gérer la complexité des applications web d’aujourd’hui » expliquent Sundar Pichai et Linus Upson. On y apprend également que « comme la page d’accueil classique de Google, Google Chrome est propre et rapide ».
Avant de découvrir et de décrire plus en détails l’engin, petit tour de présentation. Google Chrome est un projet open source basé sur Webkit, — le moteur derrière l’iPhone et Safari, et déjà utilisé sur Google Android, le prochain système d’exploitation pour téléphone — et devrait intégrer par défaut Google Gears, qui permet d’exécuter certaines applications hors-ligne. Ce nouveau projet est annoncé comme plus rapide et plus performant grâce à l’utilisation d’une machine virtuelle JavaSript, intitulée V8, développée spécifiquement. Multi-tâches, elle génère le code dynamiquement et devrait permettre d’accélérer les performances Javascript. Il mise également sur une meilleure gestion de la mémoire grâce à un « design multi-processus » qui permet d’isoler chaque onglet et donc chaque processus les uns des autres. En fermant un onglet, on libère toutes les ressources utilisées par le processus. Une boîte de gestion des tâches permet de surveiller et de gérer les pages et applications particulièrement gourmandes en mémoire. Le fait de partitionner ainsi les tâches devrait également limiter le plantage du navigateur : si une application plante, il suffira de fermer son onglet. Pour la sécurité, Google annonce qu’il téléchargera régulièrement la liste des sites malveillants (phishing et malware) et que la gestion séparée des processus ainsi que le contrôle de l’exécution des plug-ins permettra d’éviter (ou tout de moins de limiter) la diffusion des malwares dans toute la machine. Chrome propose également un mode privé, proche du InPrivate proposé par Internet Explorer (aussi appelé « porn mode », allez savoir pourquoi), qui permet de naviguer sans laisser de trace sur son ordinateur.
De son côté, l’interface utilisateur rappelle Opera. Le navigateur utilise une barre d’adresse intelligente, appelée « omnibox », basée sur l’historique de navigation et la popularité des pages, qui proposera une liste d’url mais aussi de recherches à lancer sur Google. Il propose également un système d’onglets qui seront ici placés au-dessus de la barre d’adresse (et non au-dessous comme sur Firefox). Proche de la Speed Dial d’Opera, la page par défaut affichera, sous forme de mosaïque, des captures d’écrans des pages les plus visitées, ainsi qu’une sélection des dernières pages visitées et des dernières pages enregistrées dans les favoris. Les pages et applications pourront également être affichées sans menus ni barres, comme avec Prism de Firefox. Chrome va-t-il bousculer la façon de concevoir les navigateurs ? Mais surtout le marché des navigateurs (actuellement dominé par Internet Explorer) ? Difficile de se prononcer avant de l’avoir testé. On se rappelle la récente déception du dernier gros projet de Google, Knol, annoncé un peu vite comme étant un wikipédia-killer. On y revient donc très prochainement.
Page par défaut - DR
L’omnibox - DR
Il y a 22 réactions à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article

