jeudi 12 juillet 2007 10:17
Avec « Street Live », le hip-hop a trouvé ses quartiers
par Stéphanie Binet
Une de Street Live Mag #4 (Extrait) - DR
« Hey la famille, harangue Sinaï, jeune noir à casquette au bagou élastique, quand les autres en parlent, nous on vous le montre. » Street Live , c’est le magazine de la culture hip hop édité en format DVD depuis cinq ans, que tous les fans de rap américain et français s’arrachent tous les quatre mois. Au programme de ce quatrième volume rap français de trois heures et demie, les têtes d’affiche (IAM, Mokobé, Rhoff, Tandem, Sinik, Soprano, etc.), des moins connus et des séquences « sensations fortes », notamment avec K-SOS, un collectif de motards qui exécutent leurs cascades à 200km/h sur l’autoroute. Au départ, Sinaï ex-rappeur originaire de Chelles (Seine-et-Marne), et son associé Julien se contentaient de racheter et traduire les images filmées par d’autres aux Etats-Unis. Ainsi en 2003, avant la sortie française du premier album du poids lourd, 50 Cent, ils sortent un DVD avec les images tournées en studio. C’est le carton : 20 000 copies vendues. Du coup, les deux copains montent leur structure, BW pour Beware [« prends garde », ndlr] . Au départ, c’était Be Aware mais ce nom était déjà pris par la société de production de la Méthode Cauet sur TF1, qui leur a envoyé une lettre recommandée : « Ce n’est pas grave, assure Sinaï, BW ça fait aussi “Black and White”, ça tombe bien, je suis noir, mon associé est blanc, et notre réalisateur, Thierry est un métis franco-sénégalais. » Avant de sortir leur magazine en DVD, ils proposent une émission aux télés câblées : « M6 Black nous a répondu que nous étions trop sélectifs, que le rap représentait peu de gens. A cause de ce manque d’exposition à la télé, il y a beaucoup de frustration dans la scène rap française. Mais peut-être est-ce trop demander que d’avoir une émission 100% hip hop sur une chaîne hertzienne ? On s’est dit, puisqu’on nous ferme les portes, on va passer par les fenêtres. » Finalement, leur quatrième volume est aujourd’hui distribué par Universal. Trace TV, la chaîne des cultures urbaines leur offre quinze minutes d’antenne deux samedis par mois. Street Live comble un manque après la disparition de la presse spécialisée sur papier : après Radikal , ce sont aujourd’hui Groove et Rap Us qui mettent la clé sous la porte. L’équipe de BW a réussi son pari : montrer le rap dans toute sa vérité : « Les rappeurs ne sont pas que des gens qui mettent des mots les uns après les autres. Mais c’est vrai qu’on préfère montrer le bon côté de cette culture. Certes il y a de la violence dans ce milieu mais on s’interdit de diffuser les insultes gratuites. On se méfie de ceux qui se servent de nous pour fait passer des propos haineux. On met surtout en avant l’univers des artistes. On ne se contente pas de faire des interviews dans des hôtels. » Prochain objectif : Streetlive en direct de la rue sur leur web TV. DVD Street live mag #4,
le mag-dvd de la culture hip hop,
(BW prod Universal), 195 mn.
Deux samedis par mois à 12h45 sur Trace TV
www.streetlive.fr
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