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mardi 16 juin 2009 14:26

  • télévision

Axel Duroux, une grosse tête à TF1

En panne d’audience et de pub, la Une recrute comme n° 2 le patron du groupe RTL.

par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos

tags : économie , TF1

Axel Duroux en novembre 2007 - Photo Léa Crespi

Nonce Paolini a-t-il enfin dégotté son Etienne Mougeotte aux œufs d’or  ? Hier soir, le patron de TF1 a annoncé qu’il avait « décidé d’appeler à ses côtés » Axel Duroux, jusqu’alors président du directoire de RTL en France. D’emblée, Duroux est bombardé directeur général, soit n° 2 de TF1 alors que, depuis son arrivée à la tête de la Une en mai 2007, Paolini ­cumulait grosso modo les fonctions de Patrick Le Lay et d’Etienne Mougeotte partis depuis, respectivement, on ne sait trop où et diriger le Figaro.

C’est un gros poisson qu’a ferré là Paolini mais il faut dire que TF1 est dans la panade. La semaine dernière, elle a touché un plancher d’audience encore jamais atteint depuis la privatisation en 1987  : 24,7 % de parts de marché, contre 27,2 % en mai 2008. Conséquence et malgré les cadeaux du gouvernement (suppression de la pub sur France Télévisions et allongement pour les chaînes privées)  : la réclame se fait la malle et les bénefs avec. Ils s’écroulent de 91 % au premier trimestre et TF1 tombe dans le rouge  : 12 millions d’euros de pertes. Mais la dégringolade avait commencé bien avant  : le 31 mars 2005 très précisément, le jour du lancement de la TNT en France dont TF1, à force de la combattre, n’a pas su prendre la mesure. Ni anticiper son succès phénoménal. Du coup, la Une se retrouve aujourd’hui à racheter au prix fort TMC et NT1, respectivement première et cinquième chaîne de la TNT.

Depuis son arrivée, Nonce Paolini semble tâtonner. Il vire PPDA pour le remplacer par une Laurence Ferrari qui réunit moins de téléspectateurs au point qu’en face, David Pujadas montre les dents, réduisant l’écart entre les deux 20 heures. Bombarde à la direction des programmes un Laurent Storch venu des acquisitions et qui n’en demandait sûrement pas tant. Recrute au Canada un directeur de la fiction, André Béraud, qui lâche l’affaire au bout d’un an.

Toujours partagé entre son profil de gestionnaire et son goût pour les programmes, Paolini n’a fait, depuis son arrivée, que regarder s’enfuir le train de l’audience. Aucune émission nouvelle, ou très peu, et des ratages en série  : le feuilleton Seconde Chance, annoncé comme l’événement de la rentrée dernière, a été brutalement arrêté en mars, Star Academy périclite au point que la télé-réalité musicale ne reviendra pas en 2009. Seule idée de Paolini  : poursuivre l’exhumation de vieux jeux télé, entamée par Mougeotte avec la Roue de la fortune, en mettant à l’antenne Une famille en or et bientôt les très naphtalinés Juste Prix et Tournez manège…

Voilà donc le boulot de titan qui attend Axel Duroux. TF1 indique par communiqué que l’impétrant « va ainsi seconder Nonce Paolini dans toutes ses missions et dans toutes ses responsabilités sociales, stratégiques et opérationnelles ». Depuis que Le Lay, Mougeotte mais aussi l’influente Claude Cohen, ancienne patronne de TF1 Publicité, ne sont plus aux manettes, Paolini cumule. « Ça fait des mois que les observateurs disent qu’un seul homme ne peut en remplacer trois », indique-t-on à TF1. Du haut de son quasi double mètre, Axel Duroux « coiffera l’ensemble » des activités de TF1. A 46 ans, il est passé par à peu près tous les boulots de l’audiovisuel, mais surtout côté radio. Journaliste au départ (l’agence Sipa et La Cinq), il bifurque vite vers le costume-cravate en même temps qu’il rejoint le groupe RTL  : il lance RTL 2, qu’il préside, ainsi que Fun Radio jusqu’en 2000 avant de changer de cap. Le voilà vice-président d’Endemol, l’ex-société de production d’Arthur et de Stéphane Courbit. C’est là qu’on lui doit notamment la Ferme célébrités. Merci monsieur. Son boulot à Endemol finira en jus de boudin  : viré du jour au lendemain, il attaque et gagne (12 millions d’euros, gloups). De retour à RTL en 2005, il redresse la station, alors en perdition et devancée par NRJ, et c’est à coup sûr ce profil-là qui a titillé Nonce Paolini. Il devra, précise TF1, « donner une nouvelle impulsion au groupe ». Mais déjà, hier soir, un concurrent ricanait  : « La seule chose que je me demande, c’est combien de temps Axel va mettre à bouffer Nonce. »

Paru dans Libération du 16 juin 2009


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