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samedi 1er juillet 2006 16:05

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Aztèques saignants

Les vampires vus par le cinéma mexicain des années 50.

par Alexis Bernier

tags : cinéphilie , vampire

« Les Proies du vampire », « Le Retour du vampire », « Le Monde des vampires », Bach Films, 12 euros chaque.

Avec l’astuce qui la caractérise, Bach Films se lance dans l’exploitation d’un nouveau catalogue de films oubliés dont les droits ne valent plus un kopeck et dont l’étrangeté réjouira les cinéphiles les plus blasés. Après les films de Corman, des chefs-d’oeuvre russes (le Cuirassé Potemkine...) tombés dans le domaine public et pas mal de nanars improbables (le Masque infernal contre la panthère du kung-fu...), Bach s’intéresse au fantastique mexicain en noir et blanc des années 50. Peu avant que ne déferle la vague des films de catcheurs assaisonnés à toutes les sauces (Santo et ses amis masqués en lutte contre toutes sortes de fantômes), le cinéma d’horreur mexicain connut un bref âge d’or en revisitant les antiques productions Universal (les Boris Karloff et Bela Lugosi) avec une fraîcheur associant mythologie aztèque et gothisme européen.

Bach inaugure ce cycle, qui devrait comprendre une douzaine de DVD, avec trois films de vampires, à commencer par le merveilleux les Proies du vampire (El Vampiro), dont le succès, en 1957, lança le genre. Dans ce film aux images magnétiques toujours superbes, le prince des ténèbres a les tempes grisonnantes d’un vieil aristocrate hidalgo, un nom à consonance bizarrement française et le regard de braise d’un chanteur de charme. Quand il hypnotise sa victime, on ne sait jamais si c’est pour lui sucer le sang ou lui roucouler un air d’opérette. Avec sa suite, le Retour du vampire (1958), on entre de plain-pied dans le cinoche de quartier où les éléments d’horreur, de comédie et de cinéma romantique se combinent. Les trucages naïfs sont inchangés depuis Méliès et la machine à fumée semble déréglée. Dans le Monde des vampires (1960), encore plus croquignolet, Dracula ressemble à François Bayrou, il joue d’un orgue en tibia et en fémur et il est suivi d’une armée de démons portant des potirons en guise de visages.


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