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lundi 20 avril 2009 15:45

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Ballard, crash final

Figure de la science-fiction, marqué par son enfance chinoise, l’écrivain anglais, auteur de « Crash » et « l’Empire du soleil » est mort hier. Il avait 78 ans.

par Gérard Lefort

tags : science-fiction , livre

Détail de l’affiche de l’Empire du Soleil - DR

Lorsqu’en en janvier 2005, Libération rencontra James Graham Ballard, la question d’une influence de sa vie sur ses écrits amena une réponse sans détour  : « Mon expérience de la guerre à Shanghai et les années que j’ai passées dans les camps japonais ont été déterminantes. Ce que j’y ai vu a été comme une sorte de révélation de la manière dont l’être humain peut se comporter. » De cette expérience originelle, Ballard fit la trame d’un de ses romans les plus célèbres, L’Empire du soleil (1984) rendu encore plus fameux par le film que Steven Spielberg en tira en 1987. Ballard mort hier à Londres à 78 ans des suites d’un cancer de la prostate, était né en effet à Shanghai en novembre 1930, fils d’un industriel anglais du textile et à ce titre, enfant qui grandit dans le cocon du quartier des concessions internationales. Après Pearl Harbour, en 1941, il est interné par les occupants japonais dans un camp de prisonniers.

De retour en Grande Bretagne, en 1946, il découvre un pays dévasté par la guerre et, disait-il, « sinistre ». Il étudie la médecine à Cambridge dans le but de devenir psychiatre mais renonce au bout de deux ans pour être journaliste dans une revue scientifique. En 1956, il publie sa première nouvelle. Intitulée Prima Belladona, elle est située à Vermillon Sands, lieu imaginaire en bord de mer. Ballard y décrit une communauté d’artistes à la mode, de vedettes de l’écran, de riches oisifs délinquants et d’excentriques. Ce premier essai porte déjà les futures obsessions littéraires de Ballard pour les environnements fermés, ultracodés et sans états d’âme. Et surtout son goût indéfectible pour le surréalisme. Dans le bureau de sa maison de Shepperton (banlieue banale de Londres) trônait un tableau d’André Delvaux.

Pendant plus de dix ans Ballard va collaborer à la revue littéraire d’avant-garde New Worlds qui va devenir le laboratoire d’un renouveau de la science-fiction anglo-saxonne. Les titres de ses premiers romans disent tout de cet engouement  : le Monde englouti et Le Vent de nulle part (1962). Ballard est désormais un grand nom de la SF, notamment dans le registre du roman-catastrophe, avec Sécheresse (1965) et la Forêt de cristal (1966).

Mais en 1969, il surprend ses fans avec une première variation romanesque sur les psychoses contemporaines provoquées par les nouvelles technologies. Ce sera le bien nommé la Foire aux atrocités (1969) suivi de Crash qui mêle sexualité et goût des accidents automobiles volontaires. Le « scandale » de ce roman sera redoublé par son adaptation au cinéma par David Cronenberg en 1996. Il poursuivra son auscultation des psychopathologies contemporaines avec La Course au paradis, qui stigmatise le fanatisme quasi-religieux des groupes de pression écologiques.

Ballard avait annoncé que son autobiographie, parue début 2008 (Miracles of life), devait être son dernier livre. Mais en octobre 2008, il mettait en chantier un nouveau projet, un livre intitulé Conversations avec mon médecin, celui qui l’aidait à lutter contre son cancer.

Article paru dans Libération le 20 Avril 2009


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