jeudi 11 juin 2009 18:09
Banalité du Sim
Un nouveau Sims qui sort, c’est banal ou évènementiel ?
par Olivier Séguret
tag : pc
Oh. My. Goooood. - DR
Tiens, il paraît que les Sims 3 est sorti… Ce n’est pas par malveillance à l’égard d’un titre que l’on n’a pas encore joué que l’on emprunte ce ton détaché. C’est pour signifier à la fois la portée de l’événement et sa banalité, et le fait que cette même banalité forme elle aussi un événement. La sortie de cette troisième itération de la franchise Sims est un phénomène comparable au lancement d’un très gros blockbuster. Pour le géant américain Electronic Arts, qui l’a produit et le distribue mondialement, c’est la franchise la plus stratégique de son fonds. Sous sa forme classique pour PC et Mac, les Sims 3 s’est déjà écoulé à 1,4 million d’exemplaires en une semaine, en faisant le lancement le mieux réussi de l’histoire du studio. A ces chiffres s’ajoutent ceux obtenus via le désormais incontournable iPhone : là aussi, l’application Sims 3 (adaptation du jeu dans une version spécifique aux mobiles) est en tête des chargements, malgré son prix élevé (7,99 euros) par rapport aux tarifs en vigueur sur l’App Store. Les Sims 3 se décline donc dès sa sortie en plusieurs objets visant différentes cibles (même si celles-ci peuvent être complémentaires), ce qui distingue d’emblée le blockbuster de cinéma de celui du jeu vidéo. Mais si le succès des ventes ponctuelles est crucial, c’est aussi sous forme de rente à long terme que la franchise reste au cœur du business de EA : jeu-kit par excellence, les Sims 3 est comme les précédents promis à de juteuses déclinaisons, même si celles-ci seront de plus en plus souvent disponible à la vente en ligne, ainsi que le sont déjà toutes les customisations accompagnant la sortie de cet opus.
Ce blockbuster bénéficie de surcroît des faveurs de la critique : son score est de 87 sur 100 auprès de Metacritics.com (qui fonctionne selon le principe contestable d’une agrégation de notes). Mais le plus remarquable, pourtant, dans cette sortie à laquelle les règles du commerce voudraient tant donner une dimension événementielle, c’est sa routine, la façon dont elle s’intègre sans surprise dans le train-train d’une société moderne. Cette indifférence qui est finalement une forme de respect acquis, quand on songe aux points d’exclamation et ahurissements d’il y a à peine quelques années. Les Sims sont une donnée courante du monde, ils vivent tellement parmi nous qu’on ne les remarque plus. Et d’ailleurs, le jour où les Sims prendront notre place, est-ce qu’on s’en apercevra ? Paru dans Libération du 11 juin 2009
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