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mardi 16 septembre 2008 07:51

  • télévision

Betancourt : retour sur une prise d’otage

France 5 diffuse un documentaire à contre-pied des certitudes habituellement énoncées sur la guérilla colombienne.

par Gérard Thomas

tags : documentaire , politique

Colombie : les otages du président, un film de Mylène Sauloy. France 5, 20h35.

« La seule solution, c’est d’aller par la route. C’est une solution très compliquée… » Ce samedi 23 février 2002, Ingrid Betancourt, candidate du parti Oxygène à la présidentielle en Colombie, croise le président Pastrana, à l’aéroport de Florencia, alors qu’ils se rendent tous deux à San Vicente del Caguán, au milieu d’une zone contrôlée par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Le président refuse d’embarquer la Franco-Colombienne dans les hélicoptères de sa suite. Quelques heures plus tard, les Farc mettent la main sur le seul de leurs otages qui mobilisera la scène internationale.

Alors que depuis plus de quarante ans, guérilla des Farc et régimes plus ou moins autoritaires s’affrontent sur le terrain, le film de Mylène Sauloy a non seulement le mérite de remettre dans son contexte l’enlèvement de Betancourt, mais également de donner les clés d’une inextricable situation politico-militaire. Un documentaire à contre-pied des certitudes généralement énoncées contre la guérilla.

Réalisé à partir de témoignages des familles des otages, d’otages eux-mêmes ainsi que de politiques locaux, de séquences tournées par les Farc et par les groupes paramilitaires, le film donne une lecture plus réaliste du nœud gordien colombien : assassinats de militants de gauche, groupes paramilitaires liés à l’Etat, narcotrafiquants, inexorable montée de l’actuel président Alvaro Uribe, tenant d’une ligne dure, impossible accord humanitaire sur les otages… L’ensemble aurait encore gagné en pertinence sans une représentation un peu angélique de guérilleros qui rêvent « d’une société plus juste »,et si Uribe - par ailleurs démocratiquement élu - n’apparaissait pas simplement comme un dangereux suppôt de l’extrême droite locale.

Paru dans Libération du 16 septembre 2008


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