mardi 10 avril 2007 11:33
Blog-notes : Apple et EMI font sauter les verrous
Petit tour de la blogosphère après l’accord entre Apple et EMI.
tags : musique , blog , p2p , téléchargement , mp3 , DRM
« Vu le contexte, toute petite victoire mérite le champagne. Alors champagne ! » La maison de disques Emi (Snoopdog, Diam’s, Radiohead, Coldplay ou Aznavour...) a annoncé la mise à disposition de tout son catalogue numérique sans système de cryptage anticopie (DRM, Digital Rights Management) sur le site iTunes d’Apple. La blogosphère a pétillé toute la semaine dernière et pétille encore. Comme Ama-L, beaucoup de blogueurs sont contre « ces verrous numériques, qui t’empêchent d’utiliser la musique que tu achètes aux fins qui te conviennent (comme préparer des compils pour aller dans des soirées, écouter tes morceaux sur l’appareil de ton choix, etc.), sous prétexte que tu es un délinquant en puissance qu’il s’agit d’empêcher de nuire ». Un bémol tout de même : il faudra débourser plus qu’avant. Protégé, le morceau revenait à 99 centimes d’euros, sans DRM il est majoré à 1,29 euro. Qu’est-ce qui justifie la hausse ? « Toi aussi trouve une raison pour l’augmentation de la musique sans DRM..., ironise La Lène. Ah oui mais vous comprenez, les mp3s c’est écologique, c’est bio, donc ça coûte plus cher (surtout sans DRM, c’est 100% naturel). » Faudrait savoir, contents ou pas ? L’espoir est de voir à leur tour les Sony, Warner et autre Universal enterrer les DRM. Car avec ce coup de maître, Apple qui s’arroge 70% des ventes de musique légale, met la pression. « Ce n’est qu’une question de temps avant que les autres majors du disque emboîtent le pas », pronostique fplanque. Se placer vite avant la ruée, c’est sans doute la raison du saut d’EMI, qui licencie par ailleurs soixante personnes en France. « L’industrie du disque n’avait sûrement pas le choix : les ventes de CD ont chuté de 20% dans le premier trimestre 2007 par rapport à un an plus tôt », souligne Didier Durand. Dans l’espace numérique parallèle, 5 milliards de morceaux ont étés téléchargés en P2P en 2006 aux Etats-Unis, contre un peu plus de 500 millions sur les sites légaux (selon l’institut américain NPD Group). Mais l’illégal ralentit sa course, grâce à l’effet iTunes. « Où les vieux croûtons cherchaient désespérément un moyen de faire perdurer leur modèle d’affaires dans un contexte radicalement changé, Steve leur a montré le nouveau modèle, conclut Icarus. [...] Il s’agit possiblement de la fin d’une ère et le début d’un réel marché pour la musique en ligne. » Les yeux se braquent alors sur Microsoft, bien marri avec son baladeur Zune. Quelques jours après la poignée de main officielle entre Emi et Apple, le numéro 1 mondial des logiciels s’est rappelé vivement au bon souvenir des internautes mélomanes en faisant savoir que lui aussi, na !, il proposera bientôt des musiques sans DRM pour son Zune (encore invisible en Europe). Et trois jours à peine après la fanfare sonnée par Steve Jobs, un décret paraissait au Journal officiel, en France. Que les DRM se retrouvent mis sur le billot par les industriels « n’aura rien changé dans la mise en place d’une autorité de régulation des mesures techniques voulue par le gouvernement Français », une autorité chargée de réguler les DRM. Voir le JO du 5 avril, numéro 2007-510.
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