jeudi 25 octobre 2007 18:40
Blue Dragon, le beau rôle
Quatre des héros de « Blue Dragon ». Image Gamersyde. DR
Pas fastoche d’entrer dans le monde de Blue Dragon. Il faut d’abord subir une épreuve redoutable : l’introduction narrative. Soit des créatures métalliques gigantesques qui détruisent régulièrement les pittoresques villages des malheureux paysans. Et trois gamins, Shû, Jiro et Kluke (on apprendra avec stupéfaction qu’il s’agit en fait d’ados, malgré leur apparence juvénile) qui décident de sauver leur village. Et, tant qu’à faire, le monde. En chemin, ils rencontrent un super méchant (alias Néné, volant vieillard violet aux oreilles de Spock) dans sa super forteresse, qui les moque et leur confie à chacun une ombre magique. Cette ombre bleue (en forme de dragon pour le personnage principal) offre aux héros des pouvoirs fabuleux et, surtout, une jolie puissance pour les multiples combats qu’ils doivent mener. Mouais. A lire ce synopsis, on a peu l’impression d’y avoir déjà joué. On aurait tort. Car malgré ces prémices douteux, Blue Dragon se savoure avec un plaisir rare. Tout d’abord, il y a les combats, ultra addictifs, comme dans tout bon jeu de rôle japonais. On ordonne sa petite équipe, on latte les méchants, on gagne de l’expérience (et donc de nouveaux pouvoirs) et ainsi de suite durant des dizaines d’heures. Rien que du déjà vu partout ailleurs depuis des années, et facile en plus, mais agréable à jouer et finalement très scotchant. Mais si on se prend au jeu, c’est avant tout grâce à la direction artistique de Blue Dragon. Car pour essayer de mettre un pied dans la porte du marché japonais, Microsoft s’est donné les moyens. Pour séduire les gamers (japonais et autres), plutôt habitués à voir ce genre de jeux sur les machines de Nintendo ou Sony, le constructeur de la Xbox 360 a recruté un casting de rêve chez le développeur Mistwalker : Hironobu Sakaguchi (producteur du culte Final Fantasy VII), Akira Toriyama (créateur des personnages de Dragon Ball, qui ne s’est ici pas trop foulé quand même) et Nobuo Uematsu (compositeur des musiques de la série Final Fantasy). Ils ont imaginé un univers original et riche, dont la visite est un enchantement. On pourrait avoir l’impression d’avoir déjà aperçu chaque lieu (du village aux grottes mystérieuses, en passant par l’hôpital abandonné ou le marais infesté de bestioles) dans mille autres jeux, mais l’interprétation qu’en fait Mistwalker est unique, avec des décors arrondis et une image au grain tout doux. Sans oublier une richesse architecturale et culturelle surprenante. Les longues heures à parcourir Blue Dragon deviennent du coup un périple visuel et on s’arrête souvent dans certains lieux pour en admirer les moindres détails. Pour un peu, ça donnerait presque envie de savoir si Néné perd à la fin. Blue Dragon. Par Mistwalker et Microsoft. Pour Xbox 360. 65 euros.
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