Bouygue Telecom se lance (enfin) dans l’Internet presque illimité
tags : 3G , « illimité »
Bouygues Telecom tourne la page de l’i-mode. Et débride à son tour l’accès à Internet. La nouvelle gamme des forfaits qui vient d’être dévoilée sent fort le total revirement. Après avoir joué la différence et promu le modèle développé par le japonais DoCoMo, soit un accès à l’internet bridé, sur des mobiles dédiés et des sites payants dessinés pour l’i-mode, Bouygues Telecom lui tourne le dos. « Le modèle d’accès gratuit, qui est la norme sur internet, s’est imposé sur le mobile », constate Frédéric Ruciak, directeur général adjoint marketing et communication chez l’opérateur, pour expliquer ce virage. Pour ne pas déboussoler les addicts, —deux millions de clients i-mode sur 6,6 millions de clients Forfait,— Bouygues conserve encore dans sa gamme quelques terminaux parlant l’i-mode. Mais il reconnaît que ce langage, trop formaté, « ne permet pas d’adresser l’intégralité des clients », et que ces derniers « ont développé des expériences », dont l’opérateur est bien forcé de tenir compte. Martin Bouygues, le patron de la boutique, et le plus ardent supporter de la japonisation, n’a pas pour autant pas jeté son bébé i-mode avec l’eau du bain... « Nous avons “imodisé” notre portail mobile », dit-on chez l’opérateur. De fait la navigation sur internet, depuis un mobile abonné à Bouygues, s’inspire de l’expérience japonaise. Le rubricage clair (infos, sports, météo,...) renvoie sur des sites leaders, —Sncf, Ebay, Mappy, l’Equipe..., c’est-à-dire les grandes marques françaises du web—, et ils ont été optimisés pour être consultables facilement sur le petit écran. Tous les sites ne sont pas gratuits, mais la tendance s’est renversée avec 100 sites payants seulement sur 380 environ mis en avant. A l’inverse d’un Orange, ou d’un SFR vantant son portail Vodafone Live, Bouygues n’entend pas développer des contenus, ni des outils « maison ». C’est, en tous cas, le discours qu’il tient aujourd’hui. Il vient d’ailleurs de conclure avec Yahoo, un nouveau partenariat pour installer la suite du géant américain en bonne place sur ses mobiles. Preuve de son ouverture sur le monde de l’Internet, le Web pourra être consommé (presque) sans entrave, à l’instar de SFR et de ses forfaits Illimythics. Bouygues promet la réception en direct des mails, quelque soit son opérateur mail. Et le paramétrage, prétend-il, a été simplifié. Mais l’Internet fera l’objet d’une option : « nos clients restés à la voix, veulent payer pour ce qu’ils consomment » Pour 9,90 euros par mois, l’abonné Bouygues va donc pouvoir accéder à la toile, en quasi-illimité, c’est-à-dire, plafonné à 500 mégaoctets. Un illimité à la mode du mobile : « on ne va pas tout de même pas scier la branche sur laquelle on est assis ! », avoue de manière assez franche, Martin Peronnet, directeur marketing des services. Et donc, le peer to peer, l’usage de type modem et la Voix sur IP, sont « strictement interdits ». Est-ce une coïncidence ? Le même jour, Orange dévoilait ses offres. Et même cap vers l’internet, décliné sous tous les formats. Avec une option « max », copie de celle de Bouygues, à 9 euros par mois. Ten, l’opérateur mobile virtuel, racheté par Orange, va plus loin encore : l’illimité, grande tendance du mobile pour 2008, est intégré à tous ses forfaits, pour la navigation sur Internet. Ten se risque même sur la voix : illimitée elle aussi, mais au-delà de la troisième minute de chaque appel. On ne rase pas encore gratis.
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