vendredi 19 février 2010 18:28
Branagh en Wallander : c’est de la balte !
par Isabelle Hanne
Les Enquêtes de l’inspecteur Wallander
de Philip Martin
épisode 1/3, ce soir à 20 h 35 sur Arte.
La Suède, ses ports de plaisance, sa campagne verdoyante, ses champs de colza… et ses cadavres. Mutilés, scalpés ou carbonisés, au choix. Heureusement, pour traquer tueurs en série ou dangereux psychopathes, il y a Kurt Wallander. Babine blasée, valises sous les yeux et chemise en accordéon : l’inspecteur est dans la place, ce soir et pour trois vendredis consécutifs sur Arte, dans des adaptations des polars (et best-sellers) du Scandinave Henning Mankell. Dans cette fiction coproduite par la BBC, c’est sous les traits d’un Kenneth Branagh à fleur de peau (Beaucoup de bruit pour rien, plus récemment Good Morning England) qu’apparaît Kurt Wallander. Exactement comme on l’imaginait dans les bouquins. Même embonpoint, même lassitude, mêmes problèmes de famille et même incompréhension devant l’inflation de la violence dans son petit district d’Ystad, dans le sud de la Suède. Dans l’épisode diffusé ce soir, le Guerrier solitaire, le policier est le témoin, impuissant, de l’immolation par le feu d’une adolescente. Qui est-elle ? Comment a-t-elle pu commettre un tel acte ? Wallander n’a même pas le temps de réfléchir : on vient de retrouver le cadavre d’un ex-ministre de la Justice, tué à coups de hache. Pourrait-il y avoir un lien entre ces deux affaires ? Une enquête qu’il va devoir résoudre, coincé entre un père malade d’Alzheimer, une fille trop prévenante et un divorce en cours. A coup de plans serrés, l’excellent Wallander-Branagh est omniprésent à l’écran. Ce qui, d’un côté, rend impossibles les escapades narratives dans la tête du tueur, contrairement aux livres. Mais laisse toute sa place à la tension de l’intrigue. Une tension soutenue par l’élégant décalage entre l’horreur des crimes et les paysages, magnifiés par un gros travail sur l’image, la lumière et les couleurs. Avec ses faux airs de Jack Bauer (de la série 24 Heures Chrono), la bedaine en plus, la technologie en moins, ce Wallander-là nous fascine. Et c’est sur son personnage que repose l’essentiel du succès de ces adaptations. Paru dans Libération du 19 février 2010
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