« Breaking Bad » : Cancer, drogue et rock ’n’ roll
par Astrid Girardeau
DR
Un père de famille qui se lance dans le trafic de drogue pour subvenir à sa famille, ça vous rappelle quelque chose ? Si le pitch évoque Weeds, Breaking Bad est pourtant radicalement différent. Le quartier californien chic est remplacé par une banlieue populaire d’Albuquerque, Nouveau-Mexique. L’herbe par les méthamphétamines. La jeune et jolie Nancy Botwin par Walter White, cinquantenaire, discret père tout-le-monde et professeur de chimie dans un lycée (magnifiquement interprété par Bryan Cranston, déjà vu dans Malcom et How I met your mother). Mais surtout, le ton est tout autre. Lancée en janvier dernier sur la chaîne américaine câblée AMC, Breaking Bad est ce qu’on appelle une tragi-comédie. Derrière cette expression, aujourd’hui galvaudée, il y a l’idée de créer une tension, de jouer sur deux genres contradictoires. Un exercice d’équilibriste sur lequel la première saison repose. Et excelle. Tout se bouscule le jour où Walter apprend qu’il est atteint d’un cancer du poumon, en phase terminale. Pour laisser un petit pécule à sa famille, il décide de mettre à profit ses talents de chimiste pour fabriquer de la drogue. Il s’associe à Jesse, un des anciens élèves, toxicomane et dealer. Totalement dépareillé, le duo est pourtant cimenté par une sorte d’alchimie des contraires. On suit donc la double-vie de Walter White. Drogue, vol, meurtre d’un côté. Petit-déjeuner et parties de poker en famille de l’autre. Et, entre les deux, les séances de chimio. Une famille très banale, mais dont certains détails — sa femme, Skyler, est enceinte, le beau-frère est flic dans une brigade anti-drogue — prennent ici une dimension particulière. Une famille également très concernée par la maladie de Walter — séance mémorable de talking-pillow (celui qui a le coussin peut parler) — alors que celui-ci apparait terriblement seul dans son rapport au cancer, et dans la poursuite de son unique objectif : gagner de l’argent. Beaucoup et rapidement. Walter White n’a rien à perdre. Sa détermination est chaque jour plus forte, plus radicale alors que la maladie progresse. C’est ultra-réaliste et (pourtant) tout a l’air possible. Surtout le pire. Avec Californication, Breaking Bad fait partie des dernières (bonnes) séries du genre « portrait réaliste contemporain ». Créée par Vince Gilligan, co-producteur de X-Files, elle est diffusée depuis le 20 janvier 2008 sur AMC (également diffuseur de Mad Men). La première saison devait comporter neuf épisodes mais, avec la grève des scénaristes, elle a été réduite à sept. Une seconde saison est envisagée, mais elle n’a pas encore été officiellement annoncée par AMC.
Retrouvez tous les articles du dossier Séries : Y’a plus d’saisons.
Il y a 8 réactions à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Sur les mêmes thèmes:
Actualit
Lib.fr
CARTE BLANCHE
| Playlist vidéo #13 par le collectif Dardex-Mort2Faim |











