Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Le piratage est un danger pour l’avenir de notre civilisation.

Muriel Marland-Militello, députée UMP

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

lundi 22 janvier 2007 17:12

  • internet
  • jeux

« C’est un peu du militantisme à la carte »

par Frédérique Roussel

tags : politique , jeux en ligne , univers persistants , communauté , second life , citoyen

© Marco Cadioli

» sur le même sujet

La présidentielle s’offre une deuxième vie

La création sur le site communautaire « Second Life » du 748e comité Désirs d’avenir de Ségolène Royal ouvre un nouveau terrain pour la campagne. Reportage.

Des partis qui traînent la souris

Le FN d’abord, puis le PS, sont les seuls à avoir investi Second Life.

Etats-Unis : des avatars aux cotés des politiques

La recherche d’une audience médiatique passe de plus en plus par Second Life.

Un Netphotographe en reportage dans les locaux du PS

Marco Cadioli est notre envoyé spécial sur Second Life.

«Second Life», à savoir

A l’origine Second Life n’était qu’une grille (...)

Chargé de recherches au Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences-Po), Thierry Vedel est spécialiste en communication politique et démocratie électronique (1).

Que vous inspire l’installation de bureaux de partis dans Second Life ?
On peut imaginer différents objectifs. D’abord, un petit coup de pub. Dans une campagne, les candidats jouent sur une multitude d’informations. Etre sur Second Life peut les faire passer pour modernes, avec l’espoir de retombées médiatiques. Sans doute plus qu’auprès de la population des internautes, dont un petit milieu seulement s’intéresse à la politique. J’ai entendu dire qu’il y a à peine 20 000 Français qui vont dans Second Life... Pour les électeurs, ça ne va pas changer grand-chose. L’autre objectif est peut-être l’expérimentation. Etre présent dans Second Life peut permettre de tester la manière dont les gens réagissent à certaines idées, à l’instar des marques qui se sont installées dans cet univers. Je doute que les partis puissent apprendre plus de choses que dans les enquêtes publiques. Mais cela peut se comparer aux focus groups, organisés régulièrement par les partis, qui réunissent des citoyens qui parlent librement sur un candidat ou sur des thèmes. Second Life pourrait alors représenter un petit laboratoire qui permet d’observer les réactions et les opinions. Mais la fréquentation est quantitativement peu importante, et ce n’est pas sûr que les gens qui se rendent sur Second Life se sentent concernés.

La virtualité a-t-elle des avantages ? _ Second Life paraît plus propice à des idées non politiquement correctes, sans les risques que cela suppose dans la vie réelle. Cela peut être amusant de voir comment vont vivre ces événements politiques sur le long terme, comme le déroulement de ces manifestations anti-FN. Comment va se réguler cet univers ? Ce peut être un lieu d’apparition de groupes plus radicaux, plus marginaux. Car on peut y énoncer des choses plus radicales que dans la réalité sans enfreindre la législation. De plus, la virtualité comporte des avantages pratiques. On peut se rendre à une manifestation même s’il pleut sans avoir à prendre le métro. C’est moins coûteux en temps et en énergie.

Est-ce une nouvelle forme de participation politique ?
Internet accompagne la mutation des formes de l’action politique. Les enquêtes démontrent que les nouvelles générations veulent faire de la politique autrement, en s’investissant de façon plus ponctuelle, plus flexible, différemment d’il y a trente ans, quand s’engager signifiait prendre une carte et assister à des réunions. Aujourd’hui, les citoyens s’impliquent moins, ou quand ils le décident. C’est un peu du militantisme à la carte. On l’a bien vu avec les adhésions que proposent les partis, en recrutant des « militants light ». Au moment des primaires, le PS proposait d’adhérer pour seulement 20 euros. Internet arrive à ce moment-là, et Second Life fait partie de cette tendance.

Internet jouera-t-il un rôle dans la présidentielle ?
Internet est largement utilisé par les appareils et joue un rôle dans la campagne, même si celle-ci se déroulera surtout à la télévision. Le Web aura une influence faible sur le vote. De nombreux signes le montrent, notamment une récente enquête de l’Ifop qui permet de relativiser l’impact de la Toile. Ainsi 15 % des internautes consultent des sites politiques (légèrement plus que lors des régionales de 2004), et seulement 10 % lisent des blogs politiques. Ces internautes ont un profil atypique, peu représentatif de la population électorale : très nettement masculin, surreprésenté par des diplômés de l’enseignement supérieur et très politisé. Les électeurs concernés par la campagne en ligne ont déjà des convictions politiques affirmées. Le vote au référendum ne s’est d’ailleurs pas seulement joué en ligne, mais aussi dans les discussions familiales, dans les débats informels... L’Internet jouera peut-être un rôle plus important dans les scrutins locaux, législatifs et municipaux.

(1) A paraître le 19 février, « Comment devient-on président(e) de la République ? » Robert Laffont.

SUR LE MÊME SUJET :
- La présidentielle s’offre une deuxième vie (20/01/2007)
- Des partis qui traînent la souris (20/01/2007)
- Etats-Unis : des avatars aux côtés des politiques (20/01/2007)
- Le FN ouvre un front sur Second Life (14/12/2006)
- Manifs anti-FN sur Second Life (11/01/2007)
- Un Netphotographe dans les locaux du PS (20/01/2007)

A LIRE EGALEMENT SUR ECRANS :
- Dossier sur Second Life


Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

politique - Le sac de nœuds du financement numérique

jeux en ligne - Arjel : un numéro d’identification pour tous les joueurs en ligne ?

univers persistants - Vol de pixels sur Habbo Hotel

communauté - Les routards du web : « Nous remplissons une mission de service public »

second life - « The cat », une vie derrière sa souris

citoyen - De citoyen à internaute, des libertés oubliées

article précédent
Ventes de DVD en baisse pour la seconde année
article suivant
Des partis qui traînent la souris


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Frédérique Roussel
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Free Mobile, un premier mois de fritage
  • « Dr House » cane au bout de huit saisons
  • Piratage en série sur l’iTunes Store
  • Chez Google, la vie privée tombe dans le panel
  • « Borgen », la petite série reine

Lib.fr

  • Free Mobile, un premier mois de fritage
  • A la barre, Gaubert a la mémoire qui flanche sur des «faits anciens»
  • La Cité radieuse, un grand ensemble classé monument historique
  • Dopage : le mari de Jeannie Longo mis en examen
  • Obama dévoile sa playlist de campagne

Jeux

PLUS D'INFOS SUR:
  • Second Life
publicité

En bref

img75
« Dr House » cane au bout de huit saisons

Bip, bip, bip… bip… biiip… Ainsi résonnera, le 21 mai, l’électrocardiogramme de la série Dr House, dont la chaîne Fox a prononcé le décès hier.


Chronophage

Color Pic-a-Pix

Cet excellent jeu ne dépaysera pas les habitués de Picross : les règles sont exactement les mêmes, avec des couleurs en plus.


De saison

img75
L’Elysée à l’abordage du Net

Dans un merveilleux dessin interactif, OWNI liste les principales figures de la conquête de l’Internet par l’Elysée, et schématise leur relations en filant la métaphore de l’île déserte.


Hum, bizarre...

img75
Les sosies sont six

Vous ne vous êtes jamais dit que votre voisin de train ou de fil d’attente ressemblait à un personnage de fiction ?


Dixit

« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »


De saison

img75
L’hommage de Google à François Truffaut

François Truffaut aurait eu 80 ans ce 6 février 2012. Google en fait donc son Doodle du jour.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008