Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mardi 9 septembre 2008 08:58

  • cinéma

« Café de los Maestros », à la santé du tango

Sortie demain d’un touchant docu sur les origines du genre argentin à travers le portrait de musiciens hors pairs.

par François-Xavier Gomez

tags : documentaire , musique , danse , Argentine

DR

Café de los Maestros, documentaire de Miguel Kohan. Durée 1 h 40. En salles demain. Double CD chez Universal.

Somme toute, le schéma est classique : une bande de vieux briscards rangés des voitures se réunit pour un dernier coup, le plus beau de leur carrière. Et même si leur langage sonne sicilien (rubato, legato, sostenuto), ce ne sont pas des flingues qui sortent des étuis, mais des violons, des guitares, des bandonéons.

Après l’enregistrement d’un disque, le grand coup, pour ces vétérans argentins, est un concert évènement au Teatro Colón, l’opéra de Buenos Aires, qui ne s’ouvre au tango qu’en de rares occasions.

Filmés en répétition ou en studio, les musiciens forment une épatante galerie de personnages. Tour à tour émouvants, truculents, modestes ou cabots, ils occupent l’image le temps d’une vignette avant de céder la place. Avec Virginia Luque, très grande dame, l’émotion perce sous une couche épaisse de maquillage. L’Uruguayenne Lágrima Rios, décédée peu après la fin du tournage, représentait le dernier lien du tango avec ses lointaines origines noires. Oscar Ferrari, fragile et discret avec sa voix d’enfant, vient de disparaître, à 84 ans.

Le culot de ces papys nous fait gober n’importe quoi : Juan Carlos Godoy, qui a longtemps vécu en Colombie, jure que dans ce pays, pour faire danser les chevaux, on les shoote à la cocaïne. Mais cette truculence resterait sur le terrain de l’anecdote si elle ne révélait pas de grands musiciens. Tous dotés d’une solide culture classique, ils jouent une musique née dans les bordels. Le film restitue avec passion cette identité propre au tango, une musique savante jouée dans le caniveau, par des aristocrates des bas-fonds.

Avant de devenir un long-métrage, Café de los Maestros a été imaginé par le boulimique producteur Gustavo Santaolalla. Pionnier du rock argentin dans les années 70 avec le groupe Arco Iris, il s’installe il y a un quinze ans à Los Angeles où il devient le mentor du rock latino, découvrant notamment le Colombien Juanes, dont il a produit les quatre albums. Il explore aussi le tango electro, avec Bajofondo Tango Club, la réponse argentine au Gotan Project, et s’illustre dans la musique de film : deux de ses bandes originales, Brokeback Mountain en 2006 et Babel en 2007, ont reçu l’oscar à Hollywood.

« Quand j’ai démarré le travail sur Bajofondo, explique le producteur, je me suis plongé dans le tango primitif. Et j’ai retrouvé cette musique liée à mon enfance : mon père en chantait en se rasant chaque matin. » L’étiquette de « Buena Vista social Club du tango » qui collera inévitablement au film ne dérange pas outre mesure Santaolalla. « J’aime le disque de Ry Cooder et le film de Wim Wenders. Et si la comparaison peut aider à la carrière du film, tant mieux. Mais Café de los Maestros a été fait par une équipe argentine, pas par des étrangers. Autre différence, le traitement du son : Wenders utilise beaucoup de micros d’ambiance, le son est capté à distance. Dans notre film, ça claque au visage. Le défi consistait à enregistrer trois types d’ambiance : les répétitions et les scènes du quotidien, l’enregistrement en studio, et enfin le concert final. Lors de la première, un des musiciens m’a dit : "Tu nous as rendu notre son." Aucun compliment ne pouvait faire plus plaisir. »


Il y a 0 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

documentaire - Kadhafi, dernier Occident de parcours

musique - « Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »

danse - Frères de rythme

Argentine - Piratage : l’Argentine ferme deux sites

article précédent
Le virus antipiratage
article suivant
Sous les planches, la psyché


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • réactions (0)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Wikipédia au secours de la recherche ?
  • Nosdeputes.fr libère l’Assemblée sortante
  • En attendant Rossel, Hersant empire
  • Dans le secret des lieux
  • Parti pirate : « Nous avons beaucoup de propositions concrètes et qui ne coûtent rien »

Lib.fr

  • Facebook, le réseau d’une dégringolade à Wall Street
  • Le vote a commencé en Egypte
  • Ayrault invite les syndicats le 29 mai
  • A Montréal, «la loi spéciale, on s'en câlisse»
  • A la mairie de Saint-Max, 24 heures de lutte contre les inondations
publicité

Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Chronophage

Spewer

Attention, jeu dégueu.


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »


No comment

img75
Tu sais, Brad...

« J’aime venir de temps en temps ici et regarder les avions passer. »


Inutile donc inutile

img75
Carte mémoire

Mille cinq années de mouvements de frontières en Europe résumées en onze minutes. Abstrait et hypnotique.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008