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lundi 11 mai 2009 14:06

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Canal+ se lance dans la série « noichisée »

« La fille au fond du verre à saké » inaugure la cuvée 2009 de la Nouvelle Trilogie de Canal+. Cette création originale s’avère hélas plutôt décevante.

par Alexandre Hervaud

tags : série , Canal+

Xin Wang est « La fille au fond du verre à saké » - DR

La chaîne cryptée diffusera ce soir la première mini-série du cru 2009 de sa collection Nouvelle Trilogie, pilotée par l’équipe de la Fabrique avec à sa tête un certain Bruno Gaccio. Pour cette quatrième fournée, la Fabrique proposera trois créations originales : Sweet Dream, sorte de Skins à la française dont on reparlera lors de sa diffusion en juin, une web-série d’action intitulée Kali à retrouver bientôt sur le site de Canal, et La fille au fond du verre à saké, qui ouvre le bal dès ce soir. Mini-série est un terme qui pourrait aisément prêter à débat : constituée, comme Sweet Dream, de trois épisodes de 26 minutes, cette « comédie sino-romantique » a plus des allures d’un téléfilm scindé en trois parties que d’une véritable production pensée en terme de série.

La Fille en question, c’est Lu Ming, charmante française d’origine chinoise dont Etienne tombe amoureux. Quelques pirouettes au lit et des fiançailles plus tard, Etienne fête son enterrement de vie de garçon dans un restaurant asiatique où, stupeur, il découvre dans son verre de saké une photo de sa promise dénudée en train de se faire culbuter en levrette. Quelque peu désappointé, l’amoureux cherche à comprendre, mais Lu Ming met les voiles sans s’expliquer...

Quand on présentait, quelques lignes plus haut, cette mini-série comme un téléfilm lambda scindé en trois parties, il ne fallait pas lire la comparaison comme un reproche infamant. Après tout, si on cherche bien, la France produit tout de même quelques téléfilms de qualité, et Canal+ est plutôt bien placé en la matière. Hélas, La Fille au fond du verre à Saké se situerait plutôt dans la droite lignée des téléfilms diffusé par TF1 le lundi soir (le quota asiatique en plus, impensable en prime time sur la chaîne anti-Hadopi sauf quand elle rediffuse Taxi 2).

DR

Les bonnes intentions d’Emmanuel Sapolsky, auteur et réalisateur du projet, sont pourtant visibles mais le pétard chinois se mouille assez rapidement, la faute à un scénario faiblard aux enjeux quasi-inexistant. Difficile par exemple de s’attacher à la Fille en question, si ce n’est pour des raisons purement anatomiques (sublime actrice Xin Wang à qui l’on aimerait bien pouvoir offrir plus d’un verre de saké). Quant à l’interprétation, elle est plutôt inégale (même si Anthony Kavanagh, dans le rôle du confident québécois gay d’Etienne, arrive à amuser malgré son jeu caricatural), la faute à des répliques peu convaincantes. Ainsi, le beau-frère chinois conseille notre héros franchouillard de la façon suivante : « Tu raisonnes comme un Gaulois, c’est pour ça que tu merdes ! Il faut entamer ta noichisation ».

La série s’achève sur une maxime qu’il est tentant de reproduire ici : « La Chine, c’est comme un verre à saké, de loin, c’est flou, mais avec de l’alcool, on y voit plus clair ». De là à soupçonner Emmanuel Sapolsky d’avoir écrit son scénario « à la dimension autobiographique » bourré comme un coing, il n’y a qu’un pas que nous n’oserons franchir. Mais le doute est permis.


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