mercredi 14 mai 2008 10:15
Cannes : la sélection des sélections
Pour l’ouverture du Festival de Cannes, Libération vous présente sa sélection de films présentés cette année sur la Croisette.
par Didier Péron
tags : cinéma d’auteur , festival , Festival de Cannes , sélection
Gomorra. DR
Gomorra (compétition) de Matteo Garrone.
Serbis (compétition) de Brillante Mendoza.
Tôkyô ! (Un certain regard) de Bong Joon-ho, Leos Carax et Michel Gondry.
Soi Cowboy (Un certain regard) de Thomas Clay.
Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal (hors compétition) de Steven Spielberg.
Two Lovers (compétition) de James Gray.
Le Chant des oiseaux (Quinzaine des réalisateurs) d’Albert Serra.
Dernier Maquis (Quinzaine des réalisateurs) de Rabah Ameur-Zaimeche.
L’adaptation du livre enquête du journaliste Roberto Savianio sur la mafia est présentée par le service de presse comme « une fresque brutale [qui décrit] avec une incroyable précision les cercles infernaux de la Camorra napolitaine. » Savianio est désormais condamné à mort par des clans de la pègre et vit sous escorte policière. Garrone, le cinéaste, s’est illustré avec un film, Primo Amore (2004), histoire d’un type qui se met en tête de modifier l’aspect physique de sa fiancée obèse.
Le cinéma philippin n’avait pas eu de film en compétition officielle depuis 1984 avec Bayan ko, de Lino Brocka, à l’époque d’un ciné fer de lance de la fronde contre la dictature de Ferdinand Marcos. Broka était reparti bredouille, la palme atterrissant dans les mains de Wim Wenders pour Paris, Texas. Brillante Mendoza interrompt donc une longue séquence de silence radio. Ex-star de la pub reconverti dans le cinéma-vérité, le cinéaste, 48 ans, a été doublement remarqué ces derniers mois avec Tirador (présenté au festival de Berlin) et la sortie française de John John (Forster Child). Avec Now Showing, de Rayan Martin, montré à la Quinzaine, Cannes prend le pouls d’une cinématographie renaissante qui creuse avec les moyens du bord (économies ric-rac, caméras DV…) aussi bien le passé mouvementé du pays et un présent criblé de problèmes. A signaler que le prochain festival Paris Cinéma (du 1er au 12 juillet) sera en partie consacré à ce réveil philippin via une trentaine de films.
Après New York Stories et Paris, je t’aime, voici un nouveau film à sketchs consacré à la célébration d’une ville. La production a jugé plus judicieux de ne pas demander à un cinéaste japonais de donner son point de vue sur Tokyo, privilégiant trois auteurs étrangers plutôt chics, un Coréen (Bon Joon-ho) et deux Français (Gondry et Carax). Tous les yeux se tourneront évidemment vers la section Carax, absent des écrans depuis Pola X (1999). Intitulé Merde, le sketch du cinéaste maudit hexagonal raconte la découverte par les autorités nippones d’un clochard surgi des égouts au cœur d’une des capitales les plus clean au monde. La rumeur dit que Carax a rendu fou les Japonais pendant le tournage, en refusant notamment d’enlever ses chaussures pour entrer dans les appartements et les restaurants.
Après le choc de la découverte à la Semaine de la critique du premier long métrage de ce jeune Anglais (né à Brighton en 1979), The Great Ecstasy of Robert Carmichael, l’excitation monte encore d’un cran avec ce nouveau film entièrement tourné en Thaïlande avec une équipe technique locale (dont Sayombhu Makdeeprom, le chef opérateur d’Apichatpong Werasethakul sur Blissfully Yours).
Clay est marié avec une Thaïlandaise et le film serait semi-autobiographique. C’est la rencontre entre un Blanc (un farang), physiquement disgracieux, et une jeune prostituée croisée dans le secteur chaud de Soi Cowboy, une rue de Bangkok connue des touristes et des expatriés pour sa quarantaine de bars d’escorts.
Dimanche, la présentation des nouvelles aventures de l’archéologue baroudeur interprété par Harrison Ford, dix-neuf ans après le dernier épisode, devrait faire l’objet d’une montée des marches particulièrement rutilante. Coécrit par Georges Lucas, le script entraîne Jones à la fin des fifties sur les traces d’un crâne de cristal attestant de la présence d’extraterrestre à Roswell en 1947 ! Les ET sont invités à la fête après, ou quoi ?
Déjà présent à Cannes l’an passé avec We Own the Night, Gray revient avec ce nouveau film, produit et tourné exceptionnellement vite pour un cinéaste qui n’avait signé que trois films en quinze ans. Il retrouve le fidèle Joaquin Phoenix dans le rôle d’un type tiraillé entre deux femmes, l’une réglo, amie de la famille, l’autre volage, excentrique et très belle. Changement de registre donc pour Gray, spécialiste du polar à la sauce Euripide, qui s’essaie ici à la comédie romantique.
Révélé en 2006 à la Quinzaine des réalisateurs avec sa version antibaroque de Don Quichotte, Honor de Cavalleria, le cinéaste catalan poursuit avec El Cant dels ocells son travail sur les grandes figures culturelles puisqu’il met en scène, cette fois, les quatre Rois mages en route à travers un pays enneigé.
Après Wesh wesh, qu’est-ce qui se passe ? (2002) et Bled Number One (2006),
le franc-tireur Rabah Ameur-Zaimeche (né en 1966 en Algérie et ayant grandi en Seine-Saint-Denis) s’attaque au sujet polémique des relations entre laïcité républicaine et religion musulmane. Dans une zone industrielle en plein déclin, un patron musulman, Mao, qui dirige une entreprise de poids lourds, décide d’ouvrir une mosquée et de désigner un imam. Comme Ameur-Zaimeche n’est pas du genre à filmer des clichés, on attend son film avec une grande curiosité.
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En compétition officielle :
L’Aveuglement, de Fernando Mereilles (ouverture) avec Gael Garcia Bernal, Alice Braga, Danny Glover...
Les Trois Singes, de Nuri Bilge Ceylan avec Hatice Aslan, Yavuz Bingöl...
Le Silence de Lorna, de Jean-Pierre et Luc Dardenne avec Arta DOBROSHI, Olivier Gourmet...
Un conte de Noël, d’Arnaud Desplechin avec Mathieu Amalric, Laurent Capelluto...
The Changeling, de Clint Eastwood avec Jason Butler Harner, Jeffrey Donovan, Colm Feore, Angelina Jolie...
Adoration, d’Atom Egoyan avec Rachel Blanchard, Devon Bostick, Noam Jenkins...
Waltz With Bashir, de Ari Folman
La Frontière de l’aube, de Philippe Garrel avec Louis Garrel, Clémentine Poidatz, Laura Smet...
Gomorra, de Matteo Garrone avec Salvatore Cantalupo, Gianfelice Imparato,
Maria Nazionale...
Synecdoche, New York, de Charlie Kaufman avec Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener...
My Magic, de Eric Khoo avec Francis Bosco, Jathisweran, Grace Kalaiselvi...
La Femme sans tête, de Lucrecia Martel avec Guillermo Arengo, Cesar Bordon, Claudia Cantero...
Serbis, de Brillante Mendoza avec Dan Alvaro, Mercedes Cabral, Julio Diaz...
Delta, de Kornel Mundruczo avec Sándor Gáspár, Félix Lajkó, Lili Monori...
Linha de Passe, de Walter Salles et Daniela Thomas avec João Baldasserini, Sandra Corveloni, Kaique De Jesus Santos...
Il Divo, de Paolo Sorrentino avec Anna Bonaiuto, Flavio Bucci...
Che, de Steven Soderbergh avec Benicio Del Toro...
Leonera, de Pablo Trapero avec Martina Gusman, Elli Medeiros...
Palermo Shooting, de Wim Wenders avec Inga Busch, Campino, Dennis Hopper...
24 City, de Jia Zhangke avec Joan Chen, Lu Liping...
Entre les murs, de Laurent Cantet avec François Bégaudeau...
Two Lovers, de James Gray avec Gwyneth Paltrow, Joaquin Phoenix , Isabella Rossellini...


