Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

jeudi 5 août 2010 10:42

  • cinéma

« Cellule 211 », jeune et geôlier

par Gilles Renault

DR

Cellule 211 de Daniel Monzón
avec Luis Tosar, Alberto Ammann, Antonio Resines… 1 h 45.

Le réalisateur de Cellule 211 s’appelle Daniel Monzón. Il porte par conséquent le même nom de famille que l’ancien champion du monde de boxe argentin qui fit trembler tous les rings de la planète au cours des années 70. Naturellement, cette homonymie est fortuite, mais rien n’interdit d’y déceler comme un clin d’œil, tant le Monzón cinéaste, à défaut de filmer avec des gants, a cependant la main lourde quand il s’agit de dépeindre la réalité à cran du milieu carcéral.

Cellule 211 franchit les Pyrénées bardé de récompenses, à commencer par une razzia de goyas (l’équivalent espagnol des césars) obtenus en février 2010, au détriment d’Agora, le péplum verbeux d’Amenábar. Couronné huit fois (meilleurs film, réalisateur, scénario, acteur…), le film a également été plébiscité par le public, totalisant plus de 2 millions d’entrées en Espagne. C’est entendu : un demi-siècle après le Jailhouse Rock, de Richard Thorpe, la représentation de la vie au gnouf a sensiblement évolué et gagné en réalisme, donc en violence. La série télé Oz est bien sûr passée par là, suivie récemment de l’essentiel Un prophète, de Jacques Audiard, ou du singulier Bronson, de Nicolas Winding Refn, sorti l’an dernier à la même période.

Cellule 211 axe son propos sur un suspense crispant ayant pour infortuné héros un jeune maton qui, la veille de son affectation, visite la centrale et se retrouve embringué dans une violente mutinerie. Pour assurer ses arrières - ce qui en taule n’est pas un vain mot -, il s’improvise nouveau détenu afin de gagner la confiance des insurgés qui, s’ils venaient à découvrir sa véritable identité, ne feraient de lui qu’une bouchée. Nourri de quelques péripéties, ce postulat fonctionne correctement, allant crescendo dans la tension.

Daniel Monzón a en revanche plus de mal dès qu’il entreprend d’élargir le contexte et, conséquemment, d’élever le débat. De façon poussive, il glisse une touche politique en intégrant au récit trois membres d’ETA qui entretiennent les pires relations avec leurs codétenus et doivent servir de monnaie d’échange. Encore plus dommageable, la description des forces de l’ordre n’échappe pas à la caricature (cf. la scène clé, traitée avec la plus grande maladresse, où une manifestation à l’extérieur de la prison est réprimée sauvagement) ; tandis que le plus patibulaire des condamnés (Luis Tosar, loin de la performance de Tom Hardy dans Bronson) parvient, entre deux revendications (« des crevettes, de la coke et du speed » - ça se plaide) à faire preuve de jugeote.

Paru dans Libération du 4 août 2010


Il y a 0 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

article précédent
iPhone : Un nouveau ver dans la pomme
article suivant
Google Wave au bout du rouleau


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Gilles Renault
  • réactions (0)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Wikipédia au secours de la recherche ?
  • Nosdeputes.fr libère l’Assemblée sortante
  • En attendant Rossel, Hersant empire
  • Dans le secret des lieux
  • Parti pirate : « Nous avons beaucoup de propositions concrètes et qui ne coûtent rien »

Lib.fr

  • A Montréal, «la loi spéciale, on s'en câlisse»
  • A la mairie de Saint-Max, 24 heures de lutte contre les inondations
  • Un vol Paris-Charlotte dévié à cause d'une passagère française
  • Attentat contre Uribe déjoué à Buenos Aires
  • A la une de «Libé» : Égypte, le printemps perdu
publicité

Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Chronophage

Spewer

Attention, jeu dégueu.


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »


No comment

img75
Tu sais, Brad...

« J’aime venir de temps en temps ici et regarder les avions passer. »


Inutile donc inutile

img75
Carte mémoire

Mille cinq années de mouvements de frontières en Europe résumées en onze minutes. Abstrait et hypnotique.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008