Check-in et mate
tags : vie privée , géolocalisation
Enfiler les « check-in », gagner des badges et cumuler les mandats de « mayor » virtuel, c’est bien joli, mais encore faut-il avoir conscience des conséquences potentiellement fâcheuses liées à ces pratiques. La première vient de la nature même des réseaux sociaux fondés sur la géolocalisation, ou plutôt de leur modèle économique : marteler sa position via une application mobile, c’est s’exposer à voir ses données personnelles utilisées dans un but commercial. Comme le rappelle la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), « le marketing ciblé basé sur de la géolocalisation n’est pas interdit ». Et d’enchaîner avec cette déclaration d’intention : « Il faut cependant que les utilisateurs aient conscience de la possible réutilisation à d’autres fins et puissent s’y opposer. » Plus facile à dire qu’à faire, d’autant que la nature exacte des informations collectées, et surtout leur destinataire, n’est pas toujours établie. En juin, Apple a ainsi modifié sa politique de confidentialité, s’arrogeant le droit de récupérer les localisations exactes de ses clients (utilisateurs d’iPhone, d’iPad, etc.) pour les transmettre à ses partenaires. Apple se défend officiellement de fournir les noms de ses utilisateurs. Mais ne précise pas la nature exacte des partenariats…
Le partage à outrance peut aussi avoir des conséquences plus directes : en février était lancé le site Please Rob Me (« s’il vous plaît, cambriolez-moi »). Le principe : afficher en temps réel des informations publiées sur Twitter par des internautes s’étant enregistrés via Foursquare dans des lieux publics. Une telle liste permettait ainsi à d’hypothétiques Arsène Lupin connectés de savoir quelle demeure « visiter » en l’absence de son proprio, pour peu qu’il soit dans l’annuaire. « Notre intention n’a jamais été que les gens soient cambriolés », précise le site, qui a depuis cessé l’affichage des tweets, satisfait de l’écho médiatique de l’initiative. Si la manie du check-in peut faire le bonheur des publicitaires et des monte-en-l’air, il est une catégorie qui pourrait vite souffrir d’une adhésion massive aux Foursquare et compagnie : vos amis, lassés de vous voir pointer quotidiennement au Monoprix et d’en faire profiter tous vos contacts Facebook et Twitter, au bord de la crise de nerfs. Paru dans Libération du 25/08/2010
Logo trouvé sur une vitrine de magasin à Minneapolis - DR
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