jeudi 24 décembre 2009 11:33
Ciné : les cinq recettes des recettes 2009
par Bruno Icher, Olivier Wicker
tags : animation , économie , vampire
La fréquentation des salles françaises ne s’était pas aussi bien portée depuis 1982. Et les États-Unis aussi affichent une belle santé. Quelques ficelles pour un succès.
Les enfants ont la raie sur le côté, portent cravate et croquenots en cuir. La nostalgie de l’ORTF et de la France d’avant 68 fait un carton puisque le Petit Nicolas (photo) est le 3e film le plus vu de l’année, devant 2012 et son déluge annoncé. Les Beaux Gosses ressuscite les sous-pulls en acrylique, les mobylettes Peugeot et les premières pelles avec appareil dentaire. L’Américain idéal des Français, Clint Eastwood, raconte dans Gran Torino la rédemption d’un vétéran, perclus de haine, qui commence par tirer à vue sur les bandes de jeunes trop bruyants. Le premier blockbuster adapté à la démographie hexagonale, où les plus de 65 ans représentent désormais une personne sur six.
Les jeunes vampires de Twilight (photo) sont cool : bien fringués, plutôt bien gaulés et avec cette touche d’humour qui vous rend populaire dans la cour du lycée. Pour la deuxième partie de la saga, les apparitions de Robert Pattisson ont déclenché l’hystérie attendue. Mais attention à l’ancêtre Harry Potter qui, depuis cinq ans, ramasse la mise, et vieillit avec son jeune public. A Poudlard, désormais, on drague dans les couloirs et on se pelote gentiment sous l’uniforme. L’épisode ultime de la série, Harry Potter et les Reliques
de la mort, est annoncé pour l’année prochaine. En deux volets, pour mieux gérer
la montée d’hormones.
Le casting du Prophète de Jacques Audiard était loin d’être bankable, mais beaucoup de cinéastes français adoreraient aujourd’hui tourner avec Tahar Rahim (le héros) ou Reda Kateb (le gitan). Personne n’aurait misé un jeton sur Very Bad Trip (photo) et ses trois pieds nickelés en virée à Las Vegas : un bellâtre vite ridicule, un quasi attardé en surcharge pondérale et un dentiste à la dent cassée. Pour District 9, l’inconnu sud-africain Sharlto Kopley incarne un agent chargé d’expulser des extraterrestres du territoire national. Trois films très différents, de qualité indiscutable, et qui remettent en cause la règle de ces distributions hors de prix qui grèvent la production avant la première prise.
Conformément à la règle selon laquelle il faut miser fort pour gagner énormément, les gros budgets américains ont raflé la mise. Premier prix : Transformers 2 (200 millions dépensés, 400 millions de recettes en Amérique du Nord). Plus pointu, Inglourious Basterds de Quentin Tarantino (70 de budget, 120 de recette). Plus spectaculaire, des budgets modestes ont eux aussi percé comme Very Bad Trip (35 de budget, 280 de recette), la palme revenant à Paranormal Activity (photo) : 11 000 dollars de budget, plus de 100 millions de recette . En France, le Petit Poucet de l’année est la Première Etoile, de Lucien Jean-Baptiste, qui glane 1,6 million de spectateurs avec un budget de 4,6 millions d’euros.
L’Age de glace 3 (photo), film le plus vu en France en 2009 avec 7,8 millions d’entrées, n’est pas qu’un running gag autour d’un rongeur obsédé par un gland (ci-dessus). Il est aussi une démonstration en 3D de la fonte des glaciers, donc du réchauffement de la planète. Les films « catégorie enfants » sont construits autour de scénarios capables de séduire en plus les ados, les jeunes couples et, évidemment, les parents. La recette, initiée par les studios Pixar, est souvent la même : du second degré, un peu d’ironie et, en sous-main, un sujet sérieux. Dans Là-Haut (photo là-haut), on s’interroge sur les valeurs d’une société vieillissante, la violence économique et le lien enfant-grand parent. Volt raconte un chien célèbre à Hollywood, persuadé que ses super-pouvoirs sont réels. Un message à nos amis people ? Paru dans Libération du 23 décembre 2009 Sur le même sujet :1. Jouer à fond la fibre nostalgique
2. Injecter du sang neuf dans le film d’ados
3. Miser sur les nouveaux visages
4. Dépenser moins pour gagner (beaucoup) plus
5. Plaire à la fois aux petits et aux grands
Le cinéma contre-attaque
La fréquentation des salles françaises ne s’était pas aussi bien portée depuis 1982. Et les Etats-Unis aussi affichent une belle santé.
Second souffle
Même s’il est un peu tôt pour proclamer l’avènement d’un nouvel âge d’or, les chiffres de fréquentation des salles démontrent que l’industrie du cinéma a de sacrées ressources.
« On va moins en vacances, et plus au cinéma »
Pour Véronique Cayla, présidente du Centre national du cinéma, la crise favorise la fréquentation en salles.
Il y a 0 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Sur les mêmes thèmes:
animation - « Le talent des animateurs est magique »

