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mercredi 1er octobre 2008 11:14

  • cinéma

« Cliente » : mauvaise passe

Tapin. Ratage frustrant de Balasko.

par Bruno Icher

tag : sexe

DR

Cliente, de Josiane Balasko, avec Nathalie Baye, Eric Caravaca, Isabelle Carré… 1h45.

La petite histoire du film veut que Josiane Balasko, pas exactement une débutante, ait rencontré tant de difficultés à trouver un producteur qui accepte de tourner un film sur la prostitution masculine qu’elle a transformé son scénario en roman. Manifestement, elle a fini par en trouver un et voilà donc Cliente en salles, ratage frustrant sur un sujet formidable. Deux sœurs productrices d’une émission débile de téléachat qui leur assure prospérité traversent leur cinquantaine solitaire en se consolant autour de lugubres parties de back­gammon. L’une attend le désormais improbable grand amour (Josiane Balasko) tandis que l’autre (Nathalie Baye) s’offre les services de gigolos, notamment ceux d’un ouvrier en bâtiment (Eric Caravaca) qui tapine pour offrir le bonheur à sa bécasse de femme (Isabelle Carré). On voit débouler le malentendu à dix kilomètres, et, sans surprise hélas, cliente et tapin finissent par prendre goût à meubler leurs désespoirs respectifs.

Balasko produit une comédie paresseuse vaguement amère. Une poignée de répliques censément rigolotes (« Tu ne vas pas foutre ta vie en l’air parce que tu découvres à 50 ans que tu es ­vaginale »), le numéro de gouailleuse de la Josiane, une pincée de sensiblerie et bonsoir tout le monde. Afin de respecter la volonté du film d’égratigner les idées reçues sur ce thème de l’homme-pute, la réalisatrice aurait pu commencer par endosser elle-même le rôle principal. Celui d’une quinquagénaire aigrie taraudée à la fois par une misanthropie féroce et une libido désespérément vivace, pour lequel Nathalie Baye est trop belle. Cela aurait eu une autre allure, plus casse-gueule mais bien plus intrigant. A se demander si, comme le prétend Balasko, c’est le cinéma français qui est un peu coincé sur les bords ou si son projet n’était pas à la hauteur de ses ambitions.

Paru dans Libération du 1er octobre 2008.


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