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lundi 21 septembre 2009 11:31

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Cocktail XXL en l’honneur d’Axel

Mercredi soir, TF1 présentait son nouveau dirigeant lors d’une réception VIP. Nous y étions.

par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos

tag : TF1

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TF1 : un « expert » pour enrayer la série noire

Venu de RTL, Axel Duroux a pour mission de relancer la Une qui voit chuter recettes publicitaires et audience. Quitte à supplanter le numéro 1, Nonce Paolini.

Pour sauver TF1, tapez 1 bis

Le CV du nouvel homme fort de la Une.

Toum-toum. Toum-toum, toum, toum. La fameuse ligne de basse ronfle dans l’Atrium. « It was the 16th of September / That day I’ll always remember… » (1). Ça, oui on s’en souviendra  : les gars, une fête TF1 ! Historique, la Une sur le terrain de la party pipeule à la Canal +. « Cocktail de rentrée », indique le mensonger carton glacé d’invitation. Pas du tout, il s’agit, ce mercredi soir, de fêter l’arrivée d’Axel Duroux, nouvel Etienne Mougeotte de TF1 aux côtés de Nonce Paolini. Voire plus, glisse mystérieusement une huile de la Une  : « Ils sont tous les deux numéro 1, et un peu numéro 2 aussi. » Ah d’accord.

750 personnes l’attendent, des publicitaires en grande majorité, conviés à l’intronisation de Duroux. Ce sont eux, les annonceurs, qui décideront s’il sera couronné roi du PAF. L’homme du jour n’est pas encore là, alors on mate. Belle bâtisse, sise à Boulogne-Billancourt à un jet de cerveau disponible de la célèbre tour de verre de la Une. L’Atrium abrite TF1 Publicité et les nouveaux médias du groupe dans une cathédrale aux allures de centre commercial américain  : des arbres, des ascenseurs intérieurs, des loggias. Mais l’ambiance au rez-de-jardin, c’est plutôt Carrefour un samedi à 18 heures  : foule agglutinée et raffut des conversations. On nous remet un flyer en forme de mode d’emploi  : il y a, c’est écrit en gras, des « espaces dédiés aux programmes où les responsables d’unités vous présenteront les nouveautés de la rentrée. » Et à chaque rayon sa couleur éclairée au néon.

Première vedet… Ah mais attends, pars pas tout de suite  : Jean-Pierre Pernaut qui file, certainement un sujet sur la vidéo de Brice Hortefeux à préparer pour son 13 heures, qui n’a toujours pas abordé la question. Tant pis. On se console avec, mais oui, c’est elle, Marie-Ange Nardi en train de tailler une bavette avec Sophie Favier. Wow. Mais très vite, on a les yeux qui piquent car ils sont tous là nos héros de TF1, sagement rangés par couleur, et offerts en guise de verroterie aux publicitaires. Laurence (Ferrari), Flavie (Flament), Benjamin (Castaldi), Cauet (tout court), Denis (au-bout-de-l’aventure-il-n’en-restera-qu’un-Brogniard), Nikos (quoi-qu’il-advienne-et-jusqu’au-bout-Aliagas) sont en tête de gondole pour faire la danse du ventre aux annonceurs.

Là, sous le néon rouge de la fiction, un type qu’on a déjà vu quelque part. Mais oui, il joue le flic dans Paris  : section criminelle de recherche, spécial RIS, le juge est une femme de loi. Dans un coin, un inconnu, dûment flanqué d’un cameraman, interviewe une inconnue. Mais non, nous souffle-t-on dans l’oreillette, ce n’est pas une nouvelle technique de motivation pondue par la DRH mais un reportage pour 50 mn inside. Et si, ces deux personnes sont connues.TF1 alimente sa propre émission pipeule avec ses propres pipeules. Normal.

Soudain, dépassant de trente bons centimètres le niveau des invités, un grand requin blanc fend la foule. On a monté le volume de la musique, l’antédiluvien générique du film du dimanche soir sur TF1 trompette. Il est 20 h 45, l’heure du prime-time sur la Une. Voilà Axel Duroux, 2 mètres et énormément de dents très blanches. Mougeotte, PPDA, Pernaut et désormais Duroux  : allez savoir pourquoi, le pouvoir à TF1 se mesure sous la toise. Nonce Paolini, qui taille normal, improvise quelques mots  : « Je crois qu’on va faire des choses formidables. » Les deux se tutoient ostensiblement. Duroux est « très honoré », dit que « c’est une grande maison », parle d’« émotion » mais aussi d’une « pointe d’angoisse ». Et ouvre à tous son bureau du 14e étage où il crèche avec Paolini  : « Quand on est tous les deux là-haut, on s’ennuie un peu. » A l’aplomb de l’écran géant qui diffuse l’intronisation, une insolente commente  : « Et blablabla et blablabla. » Paolini reprend la main et le micro à celui qui doit remonter des audiences plus que flagada en attendant, glissent les mauvaises langues, de lui piquer son fauteuil de PDG. Foin de discours, place à « un moment d’amitié, d’échange et de convivialité. » « Oui-oui-oui », fait l’insolente.

Et tout de suite, les prédateurs se mettent en formation autour de Duroux, avant, un à un, de fondre sur lui  : les producteurs. Duroux, c’est désormais l’homme qui valait un milliard, le montant annuel de la grille de TF1. Il faut serrer la main du pactole. Rôdant en cercles concentriques, ils sont tous là  : Pascale Breugnot, Catherine Barma, Thierry Bizot. Yves Bigot d’Endemol n’est pas loin et des hommes de Stéphane Courbit, qui refait peu à peu son empire télévisuel, sont en maraude. Sylvie Tellier, DG de la société Miss France et lauréate 2002, se poste à 1,50 mètre, distance de sécurité polie, et attend son heure. Les places sont chères et le temps compté. A 21 h 04, Nonce Paolini et Axel Duroux s’éclipsent, équipés du cadeau remis aux invités — une couverture marron, étrange message.

Au rez-de-jardin, le vacarme des conversations enfle encore, au rythme des bouteilles de champagne sans cesse renouvelées. C’est la razzia sur les petits fours  : pain d’épices et foie gras, gambas au bout d’une pique, plats chauds à la demande, petites salades en verrine — malheur. Dans le fond de l’Atrium, une salle à l’écart. Murs de néon bleu, clim poussée au max, pénombre à peine troublée par l’écran géant qui diffuse en boucle les programmes de la saison. Le visage du héros serial-killer Dexter apparaît. Il a ces mots  : « Vous allez bientôt vous retrouver empaqueté dans plusieurs sacs-poubelle bien étanches. Je suis un monstre. »

(1) Oui bon d’accord, en vrai c’est le « 3rd of september ».

Paru dans Libération du 18 septembre 2009


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