samedi 8 juillet 2006 16:33
Comment copier un film à partir d’un dvd ?
Pour le moment, il n’est pas illégal de reproduire un DVD. C’est de toute façon inévitable quand on veut regarder un long métrage sur un baladeur vidéo ou sauvegarder un grand classique sur le disque dur de son ordinateur. Seule difficulté : dépasser les obstacles qu’impose la technique.
par Raoul Goupit
tags : pratique , copie privée
Quel est l’intérêt de sortir un film de son support physique ?
Est-il légal de copier un DVD ?
Quelles sont les différentes étapes ?
Comment procéder ?
Contrairement à une idée répandue, un DVD n’a pas une durée de vie illimitée. Selon les conditions dans lesquelles il est stocké, il s’abîme plus ou moins vite. Les rayures sont sans conteste son pire ennemi, avec, pour conséquence, une image qui se fige à l’écran ou se met à saccader. Le média est aussi sensible à l’action des ultraviolets ou à la chaleur. Ainsi, un DVD oublié sur la plage arrière d’une voiture est voué à une mort certaine. Cette raison justifie à elle seule la copie du film sur un disque dur à des fins de sauvegarde. Mais l’émergence d’appareils tels que les baladeurs vidéo ou les disques durs multimédias constitue une autre bonne raison. En effet, il est plus confortable de transporter avec soi un disque dur comportant une centaine de films, plutôt que de trimballer le même nombre de coffrets de DVD (et le lecteur de DVD) sur le lieu de ses vacances.
Extraire un film du DVD qui le porte est assimilé à de la copie. En effet, rien n’empêche de graver de nouveau le fichier ainsi extrait sur un autre DVD. Pour le moment, l’opération n’a rien d’illégal. La loi indique que « la reproduction des oeuvres littéraires et artistiques protégées par le droit d’auteur peut être autorisée, pourvu qu’elle ne porte pas atteinte à l’exploitation normale de l’oeuvre ni ne cause un préjudice injustifié aux intérêts légitimes de l’auteur ». De plus, il est spécifié que« l’auteur ne peut interdire les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective ». Rien n’interdit donc d’extraire toute une DVDthèque sur un disque dur, à partir du moment où l’on s’est légalement procuré un original. Rien n’interdit aussi de copier un DVD loué dans un vidéoclub, tant que cette copie se destine à un usage privé et ne fait l’objet d’aucun commerce.
Mais voilà, le projet de loi DADVSI (sur le droit d’auteur et le droit voisin dans la société de l’information) prévoit de punir de 3 750 euros d’amende, « le fait d’altérer la protection d’une oeuvre par un décodage, un décryptage ou toute autre intervention personnelle destinée à contourner, neutraliser ou supprimer un mécanisme de protection ou de contrôle. » En d’autres termes, la future loi tolérera la copie privée, mais rendra impossible sa mise en oeuvre par le contournement des protections qui visent justement à l’empêcher. « Cette loi, rédigée n’importe comment, place le consommateur dans une insécurité juridique permanente. Le consommateur ne saura plus ce qui est légal et ce qui ne l’est pas », fulmine Christophe Espern, cofondateur de l’association Eucd.info, qui s’est donné pour mission d’informer le public sur le droit d’auteur et de faire évoluer les projets de loi. « En ce qui concerne la copie de DVD, son sort pourrait être scellé bientôt par une autorité indépendante qui fixera les modalités de son exercice. Elle pourrait être tout simplement interdite », déplore Christophe Espern. La loi prévoit aussi de sanctionner ceux qui oseraient inciter ou expliquer comment contourner ces protections. Cet article pourrait donc devenir illégal dans les mois qui viennent... En attendant, voici la marche à suivre.
Sortir le film de son DVD-rom ne se fait pas d’un simple copier-coller. En effet, la plupart des DVD commerciaux sont affublés de nombreuses protections contre la copie. Par exemple, le système Macrovision brouille le signal vidéo émis vers un magnétoscope. Le CSS (Content Scrambling System) empêche, lui, la copie du DVD sur un ordinateur.
La première étape consiste donc à « ripper » le DVD : les pistes audio et vidéo sont alors enregistrées sur le disque dur tandis que les protections sont éliminées. Il existe de nombreux logiciels gratuits qui s’acquittent très bien de cette tâche. Citons DVD Shrink pour PC ou Mactheripper pour Mac. Mais l’opération ne s’arrête pas lorsque l’extraction s’achève. Après cette étape, on obtient un dossier vidéo comportant trois types de fichiers, des BUP, des IFO et des VOB. Les deux premiers gèrent les sous-titres et l’arborescence du DVD (menus, bonus, etc.). A chaque fichier VOB correspond un chapitre du film. Ils sont lisibles individuellement sur le disque dur, à l’aide d’un logiciel de lecture de DVD (tel que DVD Player 5.0 XP, gratuit), car Windows Media Player ne suffit pas. Mais ces fichiers présentent deux défauts. Le film est morcelé, ce qui oblige à lancer un nouveau fichier toutes les vingt minutes pour le voir en entier. De plus, les différents morceaux occupent beaucoup de place sur le disque dur. C’est peu probable qu’il puisse stocker plus d’une vingtaine de films. Il est donc impératif de rabouter ces fichiers puis, de les compresser. Là encore, des logiciels spécialisés convertissent la vidéo en un format DivX ou XviD, et le son en MP3 ou en Ogg Vorbis. A l’issue de cette opération ne demeure sur le disque dur qu’un unique fichier d’une taille d’environ 750 Mo (soit 11 fois moins que l’original).
Des développeurs ingénieux ont eu l’idée de regrouper des logiciels spécialisés dans l’extraction, l’encodage et le traitement des vidéos. Cet ensemble de logiciels porte le nom de Rip-it After Me. Il se télécharge gratuitement à l’adresse www.ripp-it.com
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