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mercredi 12 septembre 2007 11:54

  • cinéma

Controverse sur le cinéma à volonté

La sortie d’un pass commun à UGC et MK2 relance le débat sur la survie des indépendants.

par Marion Kerboeuf

tags : pratique , économie , polémique , UGC

Avant l’été, MK2 était associé à EuroPalaces (Pathé et Gaumont) avec une offre de carte d’abonnement, le Pass, permettant d’accéder au parc de salles des trois exploitants-distributeurs. Mais, en juin, MK2, pionnier sur le site, perd la gestion d’une salle à Beaugrenelle (Paris XVe) au profit de Pathé. Furieux, Marin Karmitz, patron des MK2, met un terme à son association avec EuroPalaces et décide de se lier à l’ancien concurrent direct, UGC (qui avait lancé en 2000 la première offre illimitée). Ce renversement d’alliance relance le débat sur le système des cartes illimitées, et sur la nouvelle situation de monopole du duo ainsi créée. UGC et MK2 représentent plus de la moitié du marché parisien contre à peu près un quart pour EuroPalaces.

Les deux nouveaux associés ont lancé le 5 septembre deux offres inédites de cinéma à volonté, qui concurrencent sévèrement le Pass d’EuroPalaces. La carte commune baptisée « UGC illimité et les cinémas MK2 » donne accès à 236 salles à Paris, 528 en France, et, nouveauté, s’ouvre à l’Europe, avec 216 salles accessibles notamment à Madrid, Rome et Bruxelles. Elle coûte 19,80 euros (contre 18 euros pour l’ancienne carte UGC). Autre nouveauté, pour 35 euros par mois, avec la carte « à 2 », l’abonné peut inviter à chaque séance la personne de son choix.

Comme le souligne Karmitz, joint par Libération , les cartes illimitées favorisent l’augmentation de la fréquentation des salles et accroissent le nombre et la diversité des films vus. Elles participent ainsi, selon lui, à la défense de la diversité du cinéma, et profitent aux films les plus fragiles.

Les pass ont plutôt officiellement favorisé le cinéma classé art et essai, qui attire jusqu’à 50 % des abonnés contre 15 % pour les blockbusters américains. Toujours selon Karmitz, les salles indépendantes ne sont pas menacées d’asphyxie car elles peuvent devenir « adhérents garantis », c’est-à-dire rejoindre le réseau de leur choix, sans frais ni soucis de gestion, et ainsi accepter les cartes illimitées (UGC-MK2 et Pass) et continuer d’exister, voire se développer.

Le Centre national de la cinématographie considère que l’association UGC-MK2 représente une position forte, avec 44 % des écrans parisiens, mais pas illicite. Il a donc agréé la formule illimitée pour vingt mois (jusqu’à mars 2009). Et lance sur l’année à venir une étude globale sur le marché de la diffusion en salle (avec un focus sur Paris), ainsi qu’un bilan de l’application des textes afin de réfléchir aux améliorations à effectuer. Il devrait ainsi répondre aux points de discordes soulevés entre autres par le Bloc (Bureau de liaison des organisations du cinéma). Le principe des abonnements n’est plus contesté, mais certains éléments restent pour eux à éclaircir. L’absence de transparence est le problème qui apparaît le plus préoccupant. Le Bloc demande ainsi que soient publiées des données statistiques et une étude sociologique sur l’impact des cartes dans la transformation du public des salles. Il réclame également une réévalution de la rémunération des ayants droit, qui n’a pas augmenté, contrairement au prix du billet (+ 10 %) et des cartes (+ 30 %). D’autre part le Bloc, mais surtout l’Association des réalisateurs producteurs et la Société des auteurs et compositeurs dramatiques s’inquiètent de la position dominante de la nouvelle carte UGC-MK2, qui présente un vrai risque de pratique anticoncurrentielle, en mettant les distributeurs à la merci d’un exploitant unique. A suivre.


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