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mardi 8 avril 2008 14:15

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Coquilles et conséquences

Mip-Mip, voilà les coyotes : en direct du MIP, à Cannes, en compagnie de nos deux reporters dans le monde merveilleux de la télévision.

par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos

Saint-Daniel Schneidermann, pardonnez-nous car nous avons dîné avec la ministre. C’était hier et, tels de petits Laurent Bazin de i-télé dont vous fustigeâtes qu’il soit censuré pour avoir raconté sur son blog une invitation à déjeuner de journalistes par Nicolas Sarkozy (vous fustigeâtes aussi l’invitation, ou le fait d’y participer, on ne sait plus bien avec le temps), nous mangeâmes des coquilles Saint-Jacques. Oui, des coquilles Saint-Jacques, comme Bazin et sa clique. Oui, des coquilles Saint-Jacques avec la ministre de la Culture et de la communication Christine Albanel. Enfin, avec, c’est vite dit. Une dizaine de tables compose le dîner donné par la ministre en présence de beaucoup de producteurs, de quelques personnalités de la télé et d’une quinzaine de journalistes. Il s’agit là pour la ministre de faire un discours sur la réforme en cours de l’audiovisuel et pour les journalistes de glaner quelques infos.

Renseignement pris, ce n’est pas un dîner placé, hormis la table d’Albanel, précisent ses services. Et là, déception immense, nos noms ne figurent sur aucun des cartons de ses convives. Il faut, la mort dans l’âme, se rabattre sur une des autres tables. Instant de gloire ou de solitude –au choix– quand, avec la collègue du Nouvel Obs, nous nous asseyons, une flopée de producteurs qui s’apprêtait à faire de même, file à l’autre bout de la salle. Enfin bon, nous voilà ne dînant pas avec la ministre mais avec un ancien producteur des Victoires de la musique, un autre qui vient de commettre Kilimandjaro : au-delà des limites pour TF1, la représentante des International Emmy Awards, un type du ministère et quelques collègues.

Avec eux, nous jetons des regards de journaliste battu vers la table ministérielle. Là, autour de Christine Albanel, Patrice Duhamel, directeur des antennes de France Télévisions, Laurent Storch nouveau directeur des programmes de TF1, Pascal Breton le mec de Sous le soleil (pas le chirurgien, le producteur), Emmanuel Hoog, PDG de l’INA, Rodolphe Belmer de Canal+ et deux personnes qu’on sait pas qui c’est dont une blonde. Nous, loin, si loin de ce soleil, on est la petite fille aux allumettes derrière sa vitrine. Il faut les voir s’esclaffant, Duhamel tombant la veste pour raconter une histoire où il est nécessaire de fendre l’air avec son bras.

C’est pas que nos compagnons de table sont suants, non. On apprend ainsi que le type du ministère a passé son enfance à Belleville, que la fille du journaliste de Stratégies suit les cours d’une prestigieuse école de danse à New-York et que la représentante des International Emmy Awards est française et non américaine comme son accent le laissait entendre (d’ailleurs, faut pas exclure qu’on ait commis ce qu’on appelle en anglais un « social faux pas » en la félicitant pour la qualité de son français).

Et puis, telle une mariée, avant 11 heures, Albanel s’est éclipsée entraînant à sa suite la plupart des huiles, ne laissant derrière elle que tasses à café à moitiés vides et journalistes même pas pleins (deux verres de rosé, on veut bien qu’il faille réduire le train de vie de l’Etat, mais tout de même.) Enfin –que Saint-Daniel Schneidermann nous tripote–, les coquilles Saint Jacques étaient très bonnes.

Demain : Cannes commence à nous courir sérieux sur le haricot.

A lire également sur Ecrans.fr :
- Grand-mère, les saucisses et la ministre


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