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mercredi 24 septembre 2008 08:40

  • cinéma

« Coup de foudre… », « la Vie devant ses yeux »

par Bayon

DR

Coup de foudre à Rhode Island est une comédie US bon ton (donc) blanche (donc) chrétienne (donc) un peu gênante : bons sentiments, sexe sain, inceste consubstantiel au puritanisme… On retrouve là réunies deux figures disjointes de la semaine écoulée. Soit Emily Blunt, « cochonne » du jour (le script le chante : « piggy » et « groin-groin »), qui « décrasse la tuyauterie » du héros (le tact puritain, vous dit-on) ; dans Irrésistible, Emilie la cochonou australe enfonçait Susan Sarandon, et dans le vaudeville insulo-rhodanien du jour, elle efface net Juliette « des esprits (saints) » Binoche.

Le nœud de l’affaire de famille est notre colistier de la dernière sélection, Steve Carrel alias Max. Drôle de corps, indiscernablement gros et mince, cet hybride bovien de Pierre Etaix et Sergi López relève un petit Little Miss Sunshine grouillant d’enfants du bon Dieu (ils en eurent beaucoup…).

Après une heure de discussion au restau, la Vie devant ses yeux ne paraît plus si mal. Comme il y a des films « de prison », il y en a de « lumière blanche » ou de « pli spatio-temporel », dont 6e Sens, The Jacket, l’Effet Papillon seraient des fleurons, et cette Vie devant ses yeux un avatar. A priori acquis au genre, on cale sur cette variation larry-clarkienne, ne rappelant que trop le campus film cinglant 2 h 37. La Vie devant ses yeux n’en fait pas tant (1h30), mais nous dure, en kaléidoscopies de tubéreuses, montage de démontages, doubles vies à double vue.

Le drame tourne autour d’une tuerie universitaire ordinaire en terres de génocide indien pionnier (un teenager white thrash a une idée : tirer dans le tas de yuppies à la Kala) ; carnage qui, loin de nous traumatiser comme requis, nous rassérénerait plutôt (à la bonne heure…). Dans le feu de l’action se noue un genre de choix de Sophie de chiottes (aux WC, entre deux minettes : une salope [« slut »] et une croyante) et tout s’embrouille, dans l’intrigue, ou le livre à la clef.

Du soap résultant, aux relents vaseux d’Amérique rosâtre profonde (antiavortement, sexe hors-mariage, Jésus… la routine), surnage Evan Rachel Wood. Les initiés du western déviant Down in the Valley avec Edward Norton se rappellent cette fée du Werther pompiste vacher, et retrouvent volontiers sa pâleur d’Ophélie de swimming pool, « blanche comme un grand lys ».

Sur quoi on oublie lâchement tout cela avec le gentil vaudeville doux-amer de province Parlez-moi de la pluie, entremêlant une poignée de touchants destins indécis tels les nôtres avec une sensible « sollicitude ».


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