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mercredi 13 décembre 2006 15:55

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Courts d’écoles bien animés

Deux cents films d’étudiants au festival E-magiciens à Valenciennes.

par Marie Lechner

tag : animation

Once Upon a Time - DR

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Le festival des e-magiciens, à Valenciennes, a révélé des jeunes pousses de la création vidéoludique française particulièrement inspirées.

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Les salles de projections et les coursives du Phoenix, à Valenciennes, grouillaient d’étudiants venus en nombre aux E-magiciens, laboratoire de la jeune création numérique qui permet, chaque année, de découvrir les meilleurs films d’animation des écoles européennes (200 courts métrages de 34 écoles), et autres oeuvres interactives (avec notamment un panel prometteur de jeux vidéo). Comme de coutume, plus d’une cinquantaine d’entre eux n’ont pas lâché leur souris, planchant nuit et jour sur les oeuvres collaboratives réalisées durant le festival (du 5 au 8 décembre), qu’il s’agisse de la webjam sur le thème de l’ubiquité et de Big Brother proposée par le collectif H5 ou de l’animation chaînée et de sa bande-son sur un scénario de Michel Ocelot. L’auteur de Kirikou, invité d’honneur, présentait en ouverture son long-métrage enchanteur Azur et Asmar, sa première incursion dans le monde de la 3D. Une technique qu’il a fait plier à son imaginaire, la désencombrant de ses tics : mouvements frénétiques de caméra, personnages qui gigotent ou éclairage systématique.

« La 3D se prend les pieds dans le raisonnable et le réaliste, même quand elle se veut fantaisiste, constate le réalisateur qui l’utilise avec parcimonie. C’est la peinture à l’huile académique du XVIIe et du XVIIIe siècles, très bien faite mais qui ennuie. C’est du prémâché, alors qu’une animation plus fruste, bricolée avec du papier ou des bouts de ficelle demande un effort d’imagination au spectateur. »

Si la 3D permet de tout faire, elle manque souvent de style. Un défaut qu’on retrouve dans un certain nombre de travaux de fin d’études, à quelques notables exceptions près. Ainsi d’Once Upon a Time, de Corentin Laplatte, Samuel Deroubaix et Jérôme Dernoncourt, où deux personnages en 3D, un producteur charlot et un cascadeur dégingandé parasitent un vieux western pour y monter leur numéro, deux mondes qui se frottent sans se confondre, un étonnant collage entre deux corps étrangers, 3D et bouts de western mal découpés, qui s’inspire des acrobaties en noir et blanc de Buster Keaton et des cocottes en papier animées de Fast Film, de Virgil Widrich.

Dans un autre genre, en animation Flash cette fois, Telerific Voodoo, de Paul Jadoul, revisite l’histoire de l’humanité en quatre minutes effrénées, et Pauline Pinson nous fait bidonner avec sa Migration assistée (coup de coeur du public), la mésaventure d’un pigeon allergique à l’azote qui doit migrer en avion avec d’autres volailles éclopées direction Limoges au lieu des Bahamas. La Poudrière de Valence est particulièrement en verve cette année avec un autre petit film graphique et grinçant, Bob, de Jean-Pierre Poirel : sur une chaîne de montage, où les ouvriers sont des numéros, asservis à des pointeuses qui les déplacent et les reformatent, l’un d’eux bugue et grippe la machine. Autre vivier, le Royal College of Art à Londres, avec des oeuvres expérimentales et hybrides. Adjustement, d’Ian Mackinnon raconte une histoire d’amour qui finit mal par flip books interposés ou rouleau de PQ déroulé. « flip book fonctionne à cause d’un phénomène de perception appelé "persistance rétinienne". C’est pourquoi on imagine que l’on voit quelque chose alors que c’est passé », constate le narrateur qui immortalise chaque moment de sa relation image par image, gardant des traces de tout, dessinant son aimée de façon obsessionnelle. C’est dans les infimes variations entre deux images que s’installent le doute, et finalement la rupture.


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