Criminel, mais gentil
Chaque samedi, la techno-chronique de Pierre Marcelle.
par Pierre Marcelle
tags : téléchargement , piratage , droits d’auteur
Il semble donc que, pour les partisans de la loi dite Hadopi -et quoiqu’ils s’en défendent - la seule question qui vaille est moins celle de la transmission des savoirs et des œuvres que celle des droits d’auteur. Cette question, évoquée ici la semaine passée sur un ton badin, est un mur contre lequel se fracasseront bien des têtes de gondole pétitionneuses. « A propos, me demandaient mes contradicteurs, vous êtes gratuit ? » Certes, leur répondais-je, gratuites, ces chroniques le sont sur le Net. Mais voici que d’aucuns de mes facétieux lecteurs me rétorquent que les petits travaux d’écriture auxquels j’ai pu m’adonner en dehors de mes heures de travail, et que des éditeurs publièrent, ne le sont pas. Et de me suggérer de les mettre moi-même en ligne. Sans doute pensent-ils que la décision de leur diffusion sur la Toile m’appartient, ce qui n’est contractuellement pas le cas. Qu’ils sachent cependant que, pour ma part, loin de pousser de hauts cris contre le « piratage », voire le « vol » de mon « œuvre », je ne m’opposerais pas à sa diffusion numérique, fût-elle sauvage. C’est que, comme des milliers de producteurs dont la notoriété est nulle, au regard de celle de, par exemple, Pierre Arditi ou Maxime Le Forestier (gens « de gauche » s’il en est), la promotion que me ferait la Toile me serait, j’en suis bien sûr, d’un autre rapport que le montant de dérisoires droits d’auteur. Mais on radote, là… Ces questions qui brûlent sont depuis des lustres sur la table, on n’y échappera pas plus longtemps. C’est tout un modèle que la révolution numérique contraint à revoir ou à réinventer. Au risque de passer incongrûment pour un furieux « libéral », je persiste à comprendre le peu d’appétence du naunaute à payer 24 euros le DVD de Mon Oncle, de Jacques Tati (1907-1982). A fortiori pour entretenir chez ses héritiers le « droit moral » d’atteindre à l’intégrité de M. Hulot en lui confisquant sa pipe, comme sur l’affiche de l’expo que la Cinémathèque lui consacre…
Il y a 6 réactions à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article

