Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

vendredi 2 mai 2008 10:20

  • internet

Bootlegs : Des forums au dancefloor

par Alexandre Hervaud

tag : bootleg

Etendard de la soirée Bootie Paris - DR

En musique, les « vraies » collaborations ne sont pas forcément les plus réussies. Justin Timberlake, par exemple, n’est pas désolant dans le dernier single de Madonna, mais l’entendre miauler Sexyback sur les riffs d’AC/DC, c’est tout de même plus classe. Ces mélanges contre-nature qui font s’entrechoquer les styles (et parfois s’étouffer les puristes), ce sont les mash-ups, ou bootlegs.

Popularisé par les 2 Many DJ’s et autre DJ Zebra, le mouvement bootleg doit en grande partie son activité au web. Pour Adrian, DJ américain co-fondateur des soirées Bootie à San Francisco, « la scène mash-up n’existerait pas sans Internet. On met les morceaux en ligne, les gens les téléchargent, c’est une culture très ouverte. C’est presque anti-dj, car souvent lorsqu’ils mixent, les djs utilisent des white labels (vinyles sans étiquette), on ne peut pas connaître le nom des morceaux. Nous, c’est l’inverse. Si quelqu’un aime bien ce qu’on joue, on lui conseille d’aller le télécharger sur tel ou tel site ». Sa comparse de scène, Mysterious D, acquiesce en résumant : « tout est une question de partage ».

En France, le site Bootlegsfr est une des références en matière de mash-up. C’est sur cet ancien forum que les premiers bootlegs de DJ Moule ont été hébergés. Responsable de petites bombes comme LA Woman dans Ta Benz (The Doors vs NTM), DJ Moule n’envisageait pas vraiment de diffuser ses morceaux à la base : « j’avais une connection bas débit, à l’époque, je me rendais même pas compte qu’on pouvait télécharger un mp3 en moins de deux heures... ». Les temps ont changé, Moule a découvert l’ADSL, possède maintenant son propre site, et c’est son travail qui en inspire d’autre. « En fouinant sur le web, j’ai découvert des vidéos montées sur mes pistes. Pour celle avec les Killers vs Prodigy, je suis crédité mais personne ne m’avait prévenu. C’est pas grave, c’est plutôt bien fait ».


Somebody Smack My Bitch

Depuis quelques années, le mouvement bootleg ne se cantonne plus aux sites spécialisés ou à de rares passages radio. En 2003, Adrian & Mysterious D créaient la première soirée 100% mash-up, la Bootie, à San Francisco. « Au début, on avait une cinquantaine de personnes, c’était vraiment confidentiel », rappelle Adrian. Cinq ans plus tard, la Bootie San Francisco attire en moyenne un millier d’amateurs, et des sister parties ont fait leur apparition, à Los Angeles, New York, Munich, Paris et bientôt Copenhague.

Informaticien le jour et DJ la nuit, ComaR est un des organisateurs de la Bootie Paris. Tous les premiers samedi du mois, à la Mécanique Ondulatoire, il accueille avec ses collègues résidents (Reno, PhatBastard) la crème de la scène mash-up. En mai, pour fêter la première année de ce rendez-vous, les fondateurs originels sont conviés derrière les platines. Egalement créateur du site Bootlegsfr, ComaR assume le côté « pirate » du mouvement. « En France, il y a une certaine tolérance. Dans le pire des cas, une maison de disque envoie un mail pour qu’on retire un morceau, mais ça ne m’est jamais arrivé ». Pourvu que ça dure.


Il y a 1 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

bootleg - Rock&Folk&mp3

article précédent
La deuxième mort des Sims en ligne
article suivant
Un « jour sans » pas très fin


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Alexandre Hervaud
  • réactions (1)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Ecrans.fr, le podcast citoyen
  • Un médiateur entre Google et les plaignants antiracistes
  • Derniers numéros de séries
  • Voici Filippetti, et Valois le travail
  • Portrait de Facebook en réseau boursier

Lib.fr

  • Ecrans.fr, le podcast citoyen
  • Réformes de l'Education : Peillon rendra sa copie fin juillet
  • Drapeau vert sur la majorité des lieux de baignade européens
  • Cinq cas de tuberculose dans un lycée du Val-de-Marne
  • Montebourg condamné pour injure envers les patrons de SeaFrance
publicité

Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Chronophage

Spewer

Attention, jeu dégueu.


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »


No comment

img75
Tu sais, Brad...

« J’aime venir de temps en temps ici et regarder les avions passer. »


Inutile donc inutile

img75
Carte mémoire

Mille cinq années de mouvements de frontières en Europe résumées en onze minutes. Abstrait et hypnotique.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008