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lundi 18 mai 2009 10:26

  • cinéma

Curé à crocs

Variation baroque de Park Chan-wook autour du thème du vampire.

par Bruno Icher

tags : fantastique , Cannes 2009 , vampire

Mon curé chez les noctambules - DR

Sélection officielle Thirst, ceci est mon sang… de Park Chan-wook avec Song Kang-ho, Kim Ok-vin, Kim Hae-sook… 2 h 13. Sortie française inconnue.

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Interview de Park Chan-wook, réalisateur de «Thirst». 

Il faut avoir un certain goût de l’aventure pour se lancer dans le film de Park Chan-wook. Il faut même adorer se paumer dans le burlesque tragique et givré de cette histoire de prêtre coréen, contaminé par une transfusion, qui devient vampire et abonné frénétique aux tentations de la chair. Pour le scénario, le cinéaste spécialiste de la rédemption (Old Boy, Lady Vengeance…), a suivi quasiment à la lettre l’intrigue de Thérèse Raquin de Zola.

Une jeune mariée qui s’ennuie à mourir dans une petite famille mesquine et rance, un homme aux illusions perdues qui fait irruption dans le paysage et le torrent passionnel et charnel qui emporte les deux amants jusqu’aux confins de la haine et de la violence. Sauf que le drame de cette petite bourgeoisie n’est plus celle de Zola. Il prend ici des allures de labyrinthe morbide et transgressif, où s’empilent avec une énergie infatigable les thèmes du remords, de l’amour vache, de la soumission ou de la foi, sujet délicat pour la bigote communauté catholique coréenne.

Avec cette férocité déconcertante qu’on lui connaissait auparavant, Park Chan-wook ne mène jamais son affaire là où on peut l’attendre, jonglant entre fantastique grandiose, drame intimiste ou gore comique. Thirst menace parfois de laisser le spectateur au bord de sa route, au détour d’une fausse piste en forme de gag, avant de le récupérer in extremis. Au fil de plans parfois ahurissants, Park Chan-wook n’aime rien autant que le fil du rasoir, et pas seulement pour trancher la gorge de ses personnages.

Paru dans Libération du 16/05/2009


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