lundi 14 mai 2007 17:29
Cyber-offensive contre l’Estonie
L’Estonie accuse la Russie de pirater ses sites gouvernementaux.
Depuis deux semaines règne entre l’Estonie et sa grande voisine, la Russie, un climat de franche agressivité. Fin avril, l’Etat estonien déplace hors du centre de sa capitale un monument à l’Armée Rouge. Pour les Russes d’Estonie, c’est un scandale. Des émeutes éclatent, un jeune Russe décède d’un coup de couteau (lire Libé du 30 avril). A Moscou, des partisans de Poutine bloquent l’accès à l’ambassade d’Estonie durant une semaine (Libération du 4 mai). Mais des manifestations anti-estoniennes ont également lieu sur le net, sous forme de piratage informatique. Dès le 28 avril, le site d’Urmas Paet, ministre estonien des Affaires Etrangères, est piraté. Puis c’est au tour, dans les jours suivants, de pratiquement tous les autres sites institutionnels et gouvernementaux, et même de sites d’entreprises estoniennes. Certains sites voient leur contenu modifié par des pirates ; d’autres sont ralentis à l’extrême tant ils reçoivent de connexions par seconde. Pour Urmas Paet, interrogé le 10 mai par Libération, l’attaque est signée. « Pour la première fois, la Russie s’en est prise aux sites Internet de plusieurs de nos institutions, explique le ministre. Nos experts ont confirmé que les attaques cybernétiques qui avaient été lancées la semaine dernière émanaient d’ordinateurs de l’administration russe. » Une affirmation modérée par Mikko Hyppönen, de l’entreprise de sécurité F-Secure : « Il n’y a qu’une seule adresse IP qui mène à un ordinateur gouvernemental russe, explique-t-il au journal finlandais Helsingin Sanomat. Il est bien sûr possible qu’une attaque ait été lancée de là, mais ça pourrait être le fait de n’importe qui. » Selon Hyppönen, l’attaque a été réalisée avec des botnets, des réseaux d’ordinateurs piratés à l’insu de leur propriétaire. Il estime que si le gouvernement russe avait voulu lancer une attaque d’envergure contre les sites estoniens, l’impact de l’attaque aurait été encore supérieur. A lire sur Ecrans.fr :
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