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mardi 26 octobre 2010 14:22

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DVD : les acteurs français veulent leur bonus

par Alexandre Hervaud

Cruchoooot - DR

Comme le révèle aujourd’hui l’Express.fr, de nombreux (et plus tout jeunes) comédiens français se rebellent contre des organisations de producteurs et producteurs individuels détenteurs de droits, accusés d’avoir totalement ignoré les acteurs de films réédités en vidéo ces dernières années. Michel Creton, interprète d’un personnage des Bronzés, s’était prêté au jeu de l’interview pour la réédition de la comédie de Patrice Leconte. Mais il n’a jamais vu la couleur d’un euro, malgré le carton des ventes. « Devant un tel mépris, je n’ai eu d’autre choix que de saisir la justice », explique-t-il.

Michel Creton dans un montage ridicule

L’autre héraut de la cause, c’est Michel Galabru, qui, après menace de procès, a réussi à négocier avec M6 un joli pactole (« une somme d’une centaine de milliers d’euros », d’après l’Express) suite à la sortie des Gendarmes en DVD. Ce n’est pas un scoop, mais contextualisons : quand Le Gendarme à Saint-Tropez sort sur les écrans en 1964, le marché de la vidéo est inexistant. Et quand le dernier volet de la série, le tout pourrav’ Gendarme et les Gendarmettes, débarque en 1982, la VHS commence juste à débarquer en France. Niveau rémunération annexe des acteurs sur le support vidéo, c’est donc wallou pour tout un pan du patrimoine cinématographique.

Depuis le 23 septembre dernier, des comédiens comme Michèle Morgan, Jean-Paul Belmondo, Anny Duperey, Alain Delon, entre autres, ont envoyé via l’Adami (société de gestion collective des droits des artistes), une mise en demeure aux sociétés d’éditions citées plus tôt. Les négociations ont jusqu’à la fin octobre pour aboutir, faute de quoi les éditeurs seront assignés en justice... pour contrefaçon ! Un délit qui ne concerne donc pas seulement les internautes un peu trop au taquet sur le peer-to-peer.

Côté éditeur, on s’étonne d’un tel timing pour faire valoir ce type de droits. Et d’annoncer que la renégociation individuelle de chaque contrat représenterait une masse de travail impensable et fastidieuse. D’autant que, comme le rappelle l’Express, les poursuites collectives (class action, outre-Atlantique) n’ont pas cours en France. Seul geste pour l’instant de certains éditeurs : appliquer un barème vieux de 20 ans selon lequel « l’ensemble des interprètes d’un même film touchent 2 % des revenus, une fois l’oeuvre cinématographique devenue rentable ». Autant dire que l’option ne satisfait guère côté acteurs, sachant qu’officiellement, seuls 160 films français ont été amortis depuis 1990 sur les près de 3000 réalisés !

MAJ 27/10/2010 : Jean Yves Mirski, délégué général du Syndicat de l’Edition Vidéo Numérique (Sevn) nous a contacté afin de préciser une information parue dans une précédente version de l’article, où il était écrit que les comédiens cités s’attaquaient aux éditeurs vidéo, que représente le Sevn (parmi lesquels Gaumont Vidéo, Studio Canal, SND, Pathé Distribution, etc.). M. Mirski souhaite préciser que l’Adami, représentant les acteurs, n’a pas sollicité les éditeurs vidéos mais des producteurs, chaîne de télévision et syndicats de producteurs priés de revoir les anciens contrats de plusieurs comédiens. Et qu’à ce titre, quelles que soient les décisions prises par les acteurs mobilisés (entente amiable, procès...), les éditeurs ne sont pas concernés, seuls les producteurs pourraient être amenés à devoir partager les revenus issus des ventes de vidéo, des sommes déjà versées par les éditeurs. La confusion de l’article découle du côté multi-facettes de certaines sociétés qui, comme Studio Canal, cumulent à la fois l’activité de producteur et celle d’éditeur vidéo. D’autres ont la même maison mère (le groupe M6) mais se partagent l’activité : la distribution pour SND, l’édition pour M6 vidéo, la production pour M6 films, etc...


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