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jeudi 25 juin 2009 17:48

  • télévision

« Damages » et intérêt grandissant

Sur Canal+, deuxième saison de la série à tiroirs avec Glenn Close en avocate sadique.

par Bruno Icher

tag : série

DR

Damages Saison 2, Série créée par Glenn Kessler, Todd A. Kessleret Daniel Zelman, épisodes 1 et 2/12, Canal +, 20 h 45.

L’année dernière, au terme de ses treize premiers épisodes, Damages avait laissé ses spectateurs enchantés et groggy. Cette affaire à double et même triple tiroir d’avocate débutante, Ellen Parsons (Rose Byrne), roulée dans la farine par son employeuse Patty Hewes (la vipérine Glenn Close), ténor du barreau new-yorkais, avait fait une éblouissante démonstration que le genre thriller pouvait tenir la distance du format série, sans flingues ni effusions de sang tous les quarts d’heure. Mieux, contrairement à la majorité de ses collègues qui donnent tout lors de la première saison et vivent ensuite sur leurs lauriers, Damages s’achevait sur une remise des compteurs à zéro et une promesse de seconde saison aussi dense et haletante que la première.

Nous y voilà  : le cabinet de Patty Hewes est toujours le plus redouté de Manhattan où la jeune Ellen continue de travailler tout en nourrissant à l’égard de son mentor tortionnaire de légitimes et féroces désirs de vengeance. Ayant eu un aperçu de la perversité des créateurs, Glenn et Todd A. Kessler et Daniel Zelman, au cours de la première saison, on se doutait bien que les choses ne seraient ni simples ni très représentatives de la bonté de l’espèce humaine. On n’est pas déçu. Arrivent assez vite dans le paysage un ingénieur chimiste mouillé dans une affaire de traficotage d’analyses, un séduisant mais intrigant jeune homme qui drague la belle Ellen, des agents du FBI au comportement un peu trop insistant (dont l’un des créateurs du programme, Glenn Kessler), un meurtre louche au cours d’un cambriolage encore plus louche, des hommes de main sanguinaires, des flics corrompus jusqu’à la moelle, un industriel ­retors, et ce n’est qu’un début.

Fidèles à leur méthode, les créateurs ont déconstruit leur récit avec des allers-retours constants entre passé, présent et futur. A intervalles réguliers, par petites touches, ils esquissent pour le spectateur les contours d’un dénouement forcément tragique tout en rappelant, à bon escient, les enjeux de chaque coup tordu. Et ce n’est pas ça qui manque. Ainsi, la tension ne mollit jamais et, grâce à ces multiples rappels, il est quasiment impossible de se perdre dans le labyrinthe des affaires qui se croisent et s’entrecroisent.

Dans les premiers épisodes, ils ont, à dire vrai, un peu forcé leur talent, perdant volontiers le fil de leur narration pour instiller le poison du doute et de la paranoïa dans l’esprit du spectateur. De fait, au bout de quelques épisodes, impossible de se fier à qui que ce soit, tant les placards de chaque personnage sont peuplés de squelettes plus embarrassants les uns que les autres. Et s’il n’existe qu’une seule vérité dans Damages, c’est bien que les apparences sont toujours trompeuses.

Dans la deuxième partie de cette saison, les choses se calment un peu et les questions commencent à trouver leurs réponses. Incontestablement, c’est la meilleure partie de ce jeu vicelard de cache-cache déroutant et envoûtant. Légère déception pour le tout dernier épisode qui ne parvient pas à susciter un choc comparable à celui de la première saison, mais ce n’est pas très grave, on s’est beaucoup amusé.

Paru dans Libération du 25 juin 2009


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