Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mardi 23 août 2011 15:49

  • télévision

Dans le sens du « spoil »

par Julien Pépinot

tags : série , Star Wars , étude

Photo DR

En matière de spoiler, il existe deux écoles : Ceux se refusant de connaître tout élément de l’intrigue pour conserver la surprise et le plaisir de la découverte qui va avec. Disons-le, ils sont une majorité. Au contraire, certains se complaisent à connaître à l’avance ce qu’il va advenir de leurs personnages préférés. Facilement reconnaissables par leur comportement, ils attaquent directement les livres par leur dernier chapitre avant de les commencer, ou dévoilent compulsivement les balises « anti-spoilers » des forums. Moins nombreux, ils sont regardés par les premiers comme une secte d’hérétiques. Le spoiler - dont la seule définition le condamne, puisque littéralement il « gâche » (« to spoil ») en anglais - est d’ailleurs bien souvent fuit comme la peste. La querelle entre ces deux parties semble durer depuis toujours, et prend parfois, à l’occasion de telle ou telle œuvre, un caractère de guerre sainte. Récemment, la diffusion du très bon Games of Throne (le Trône de fer), la nouvelle série à succès d’HBO, a ravivé la flamme. Adaptée de l’épopée de fantasy médiévale de George R. R. Martin, l’intrigue est connue de ceux ayant lu les romans. Nombreux sont donc les spoilers à courir en liberté dans la nature, au grand dam des spectateurs souhaitant rester « vierge » face à ce flot de cliffhangers en folie.

Pourtant, entre ces deux conceptions du monde opposées ( n’ayons pas peur des mots), quelle est la meilleure approche ?

Une récente étude donne l’avantage aux seconds. Les lecteurs connaissant la fin d’un roman prendraient ainsi plus de plaisir. À l’origine de cette surprenante révélation, deux chercheurs du département de psychologie de l’université de San Diego, Nicholas Christenfeld et Jonathan Leavitt, dont le travail a été publié dans le prestigieux journal Psychological Science. Leur méthode d’étude : Douze courtes histoires, d’auteurs maniant avec dextérité l’art du rebondissement (Agatha Christie, Roald Dahl, John Updike...), qu’ils ont fait lire dans leur version classique ou avec spoilers à un échantillon d’une trentaine de personnes. Le résultat est sans appel : Ceux qui connaissaient en avance des éléments de l’intrigue ont plus apprécié leur lecture.

Comment l’expliquer ? « Les histoires sont juste des prétextes aux belles plumes. L’intrigue n’a aucun rapport. Le plaisir est dans l’écriture, avance le professeur Nicholas Christenfeld. Il est aussi possible qu’il soit plus "aisé" de lire une histoire spoilée. D’autres études psychologiques ont démontré que les gens ont une préférence esthétique pour les sujets qui sont plus faciles à percevoir. » Un raisonnement qui s’applique par extension à la littérature tout aussi bien qu’aux séries, aux films, aux jeux vidéo, ou aux comics.

Les chercheurs concluent : « Les histoires sont un élément universel de la culture humaine, la colonne-vertébrale des milliards de dollars de l’industrie du divertissement, et le moyen à travers lequel la religion et les valeurs de la société sont transmises. » En clair, les récits sont importants, mais leur succès ne repose pas sur le simple suspens.

Voilà sûrement pourquoi nous prenons toujours autant de plaisir à relire, revoir, rejouer (rayer la mention inutile) nos œuvres favorites. Après tout, apprécie-t-on moins - attention le spoiler arrive - l’Empire contre Attaque en sachant pertinemment que Darth Vader est le père de Luke Skywalker ? Manquerait plus que ça.


Il y a 19 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

série - Derniers numéros de séries

Star Wars - De l’usage du sabre laser

étude - Hadopi : de bien grosses ficelles pour prouver « l’effet MegaUpload »

article précédent
Cadavre épique
article suivant
Guide de prononciation


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Julien Pépinot
  • réactions (19)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Google-Motorola : les brevets qui valaient 12 milliards
  • Ecrans.fr, le podcast citoyen
  • Un médiateur entre Google et les plaignants antiracistes
  • Voici Filippetti, et Valois le travail
  • Portrait de Facebook en réseau boursier

Lib.fr

  • Ecrans.fr, le podcast citoyen
  • Réformes de l'Education : Peillon rendra sa copie fin juillet
  • Drapeau vert sur la majorité des lieux de baignade européens
  • Cinq cas de tuberculose dans un lycée du Val-de-Marne
  • Montebourg condamné pour injure envers les patrons de SeaFrance
publicité

Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Chronophage

Spewer

Attention, jeu dégueu.


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »


No comment

img75
Tu sais, Brad...

« J’aime venir de temps en temps ici et regarder les avions passer. »


Inutile donc inutile

img75
Carte mémoire

Mille cinq années de mouvements de frontières en Europe résumées en onze minutes. Abstrait et hypnotique.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008