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mercredi 11 avril 2007 10:05

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De «Prison Break» à Fassbinder

A Pékin, tour des étalages de jeux vidéo, films, séries... disponibles.

par Pascale Nivelle

tags : politique , piratage , Chine

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C’est une minuscule boutique de disques et de DVD à droite du Yashow, le grand magasin pour touristes de l’avenue Dongsi à Pékin. Une boutique comme il en existe dans toutes les villes de Chine. Sur les rayons, de nombreux films: Babel, Casino Royale, les Affranchis, le dernier Woody Allen ou l’Ivresse du pouvoir de Chabrol. Tous piratés, tous au même prix, 15 yuans (1,50 euro) le disque. Il est tentant de remplir son faux cabas Chanel acheté au Yashow. Mais, à peine entré, une hôtesse vous entraîne vers la porte du fond, vous guide dans un couloir et frappe à une porte. A l’intérieur, c’est plus sérieux. Des jeux vidéo, des films chinois censurés comme Still Life de Jia Zhangke, la dernière saison de Desperate Housewifes ou des Sopranos, le coffret luxe de Star Wars... Sur des mètres de linéaires, le choix vaut presque celui de la Fnac, avec les mêmes coffrets luxueux, les mêmes boîtes et les mêmes jaquettes. Exemple: 180 yuans (18 euros) le coffret des sept saisons de Sex and The City, 21 DVD en tout. En anglais, en chinois, avec ou sans sous-titres. La série Prison Break, énorme succès en Chine, est en rupture de stock.

Si vous n’avez pas l’intention de repasser la frontière avant quelques années, c’est aussi l’occasion de monter une vidéothèque de cinéphile : tous les Truffaut, les Resnais, les Fassbinder sont là. En VO sous-titrée ou pas. On règle en liquide ou en carte. Le vendeur assure que ce ne sont pas des copies. En cas de doute, il vaut mieux, de toute façon, acheter dans une maison sérieuse, comme cette boutique, ou encore dans les magasins de l’Amitié, ces supermarchés d’Etat à l’ambiance délicieusement soviétique. Eux aussi ont leurs rayons DVD à 20 yuans.

Rien à voir avec les disques qui sont proposés à tous les coins de rue dans Sanlitun, le quartier des ambassades, sous le nez des militaires qui montent la garde. Là, on prend plus de risques : pour 10 yuans, et malgré une pochette rutilante, on peut tomber sur un Robert De Niro «parlant» en coréen, avec des sous-titres en anglais qui n’ont aucun rapport avec le film. Allons au cinéma Xindong’an, avenue Wang Fujing. Voir quoi ? Un film de 2006, il n’y a rien d’autre à l’affiche. Au choix, beaucoup de dragons et de kung-fu, et Chaos, Déjà Vu ou Babel côté films étrangers. A 45 yuans l’entrée, il n’y a pas foule. Mieux vaut investir dans un lecteur de DVD à Carrefour (39 euros) et déguster des Dim Sun devant sa télé. Ou lire un bon livre chinois piraté. A partir de 5 000 exemplaires vendus, des copies impeccables se retrouvent sur le marché parallèle. Il ne faut pas oublier que les auteurs chinois aussi sont victimes du piratage. Il n’y a pas que les Américains.


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