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jeudi 2 juin 2011 12:37

  • cinéma

De la zique plein les yeux

par Didier Péron

tags : documentaire , musique , festival

DR

Filmer la musique
à la Gaîté lyrique, à Paris, jusqu’au 5 juin

 

Le festival Filmer la musique, 5e édition, trouve enfin le bon lieu pour exister en prenant ses quartiers à la Gaîté lyrique (jusqu’au 5 juin). Mélangeant concerts et projections, la manifestation s’illustre par sa capacité à toujours faire découvrir des documents rares ou inédits.

Outre les prestations scéniques, entre autres, des néopunks abrasifs anglais Selfish Cunt ou de l’electro américain Matthew Dear, il ne faut pas rater un certain nombre de films qui risquent fort de ne passer que là et nulle part ailleurs. Par exemple, Upside Down de Danny O’Connor, qui retrace l’épopée du label Creation, structure indépendante lancée en 1983 par Alan McGee, avec des groupes tels que Jesus and Mary Chain, House of Love, Felt, et qui se met à complètement décoller en vendant des millions d’albums d’Oasis, non sans avoir semé au passage une brume existentielle définitive sur toute une génération envapée au shoegaze.

 

Upside Down

 

Les programmateurs attirent l’attention du chaland sur Lemmy de Greg Olliver et Wes Orshoski, un film sur le leader du groupe métal Motörhead, retrouvé par un fan qui se met en tête d’organiser son come-back, alors même que la rock star croupit depuis quatre ans chez sa mère, passant ses journées à fumer du crack. Toujours pour les amateurs de drogue, Reindeerspotting du Finlandais Joonas Neuvonen suit la perdition au quotidien de jeunes Lapons défoncés au subutex.

Ceux que ce genre de musique laisse froid pourront se rabattre sur Player Hating : a Love Story, présenté dans le programme comme « une œuvre poignante à la mélancolie puissante, et une des découvertes du festival ». La réalisatrice de ce documentaire, Maggie Hadleigh-West, a suivi un jeune rappeur de Brooklyn et sa bande pendant un an, entre le début de l’enregistrement de leur premier album et la sortie du disque. Loin des clichés de toute-puissance macho, les lascars, prisonniers d’une existence sans perspective autre que le succès hypothétique d’un disque miracle, révèlent une fragilité inédite. La violence secoue cet enregistrement marqué par cinq morts en un an.

 

Player Hating : a Love Story

 

Paru dans Libération du 1 juin 2011


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